Publicité
Des recherches redonnent vie au secteur de la pêche
Par
Partager cet article
Des recherches redonnent vie au secteur de la pêche
Longtemps perçu comme étant en déphasage avec les réalités du secteur de la pêche, le Centre de recherches d?Albion (CRA) fait aujourd?hui l?objet d?une attention particulière. Cette installation est en effet considérée comme un outil majeur dans le développement de la pêche à Maurice.
Les scientifiques qui y travaillent ont pour mission d?aider, de par leurs recherches, le développement de ce secteur, de protéger et de conserver l?environnement marin.
Le CRA a été entièrement construit et équipé par le gouvernement japonais, au coût d?un peu plus de Rs 225 millions. Ce projet s?est déroulé en trois phases entre 1981 et 1995. Il occupe une superficie de 3 410 m2. Des élevages de poissons et de crustacés sont répartis sur 12 000 m2.
Au total, environ 160 personnes travaillent dans les divers départements dédiés à la recherche. ?Contrairement à ce que pensent beaucoup de gens, nous ne nous occupons pas seulement de la production de poissons ou de crustacés.Nous menons également des études sur l?écologie marine afin de mesurer l?impact du développement intensif de nos côtes sur la faune et la flore marines?, explique Dhaneswar Goorah, scientifique au centre.
Toutefois, seule une soixantaine de scientifiques et de techniciens sont affectés au CRA. Il s?agit, entre autres, de microbiologistes, de chimistes et de plongeurs professionnels. Ils s?occupent du développement de l?aquaculture, de la gestion des parcs marins et de la qualité de l?eau de mer autour de l?île. D?autres stations de recherches ont été construites dans des endroits stratégiques, facilitant ainsi les études menées sur le terrain.
Décentralisation des services
Les autres membres du personnel sont basés au siège du ministère de la Pêche à Port- Louis. Les services telle la délivrance des permis de pêche y sont dispensés. Le CRA dispose de plusieurs laboratoires où sont analysées les données recueillies par les scientifiques. Equipé de microscopes ultrasophistiqués et de salles de stérilisation étanches, entre autres, le laboratoire de bactériologie rassemble plusieurs types de bactéries qui évoluent dans nos lagons.
?Nous devons sans cesse examiner la qualité de l?eau, les lagons étant très fréquentés par les baigneurs?, explique le responsable de ce service. A ce jour, 14 sites ont déjà été identifiés par rapport aux activités polluantes dans les lagons.
?Nous devons nous assurer qu?il n?y ait aucun déversement de produits polluants à proximité des plages.? Les recherches, souvent complexes, s?étendent aussi à la toxicité des poissons. Le laboratoire de toxicologie est le deuxième plus grand du centre, de par le matériel disponible et le nombre d?employés qui y sont affectés.
Ces derniers étudient sans cesse les différentes espèces de poissons qui peuplent les eaux mauriciennes, et identifient ceux qui représentent un danger potentiel pour la santé. ?Notre travail consiste à capturer ces poissons, à en extraire le poison et à l?analyser?, explique Dhaneswar Goorah. Les scientifiques attachés à ce service ont de ce fait identifié 21 espèces de poissons toxiques qu?il est strictement interdit de mettre en vente. ?Nous effectuons des suivis réguliers pour voir évoluer la situation.?
Le CRA dispose, pour l?année 2003-2004, de Rs 3 millions pour mener ses recherches et entretenir son matériel. ?Certains des équipements utilisés coûtent un peu plus d?un million de roupies. Il est donc très important d?en prendre soin?, souligne Dhaneswar Goorah.
De plus, le centre bénéficie d?un budget de Rs 20 millions pour mener des études ou autres projets. En effet, les scientifiques s?occupent également de l?identification et de l?installation de zones de baignade à travers l?île et du développement de l?aquaculture.
Le centre se veut également outil pédagogique pour les jeunes. A cet effet, un aquarium géant a été construit dans le bâtiment abritant la documentation. L?objectif de cette installation est d?initier les jeunes à la protection de la faune. ?C?est l?occasion pour de nombreux étudiants de découvrir les différentes espèces de poissons et de crustacés qui peuplent les eaux mauriciennes?, explique un scientifique.
Publicité
Publicité
Les plus récents