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Le manque de personnel à l?Icac inquiète les députés

12 juillet 2003, 20:00

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Le comité parlementaire de l?Independent Commission against Corruption (Icac) a du pain sur la planche. Un agenda fort chargé l?attend demain pour sa reprise d?activités après avoir esquivé sa dernière réunion mensuelle en raison des débats budgétaires. Au centre de ses préoccupations, des amendements à apporter à la loi pour enlever au plus vite toute ambiguïté sur les pouvoirs d?arrestation.

Le comité entend également se pencher sur les recommandations des deux institutions de Bretton Woods - la Banque mondiale et le Fonds monétaire international ? sur les mesures à prendre pour renforcer le contrôle sur le secteur financier.

Le comité sera de plus invité à se pencher sur les difficultés rencontrées à ce jour par l?Icac pour recruter le personnel nécessaire, avec en priorité son département légal.

« Il faudra peut-être faire mention des salaires dans les avis de recrutement, mais l?idée ne fait malheureusement pas l?unanimité », explique un député, membre du comité parlementaire.

Son intérêt pour le personnel du département légal n?est pas sans raison. L?Icac n?arrive pas à attirer les juristes qu?elle souhaite. Le seul conseiller légal dont elle disposait jusqu?ici, Me Gaytree Manna, est retournée au State Law Office en avril après quelques quelques mois. Elle n?est pas parvenue à s?entendre sur la durée de contrat que lui proposait l?Icac .

Le Prevention of Corruption Act prévoit l'institution d'un département légal. Il est placé sous la responsabilité d'un Chief Legal Advisor. Outre le Chief Legal Advisor, l'Icac se propose de recruter un Assistant Chief Legal Adviser, un Principal Legal Adviser, un Senior Legal Advisor.

<B>Trois appels de candidature</B>

Le départ de Gaytree Manna est arrivé à un bien mauvais moment pour deux raisons. La première est que, depuis février, l?Icac enquête sur un des dossiers les plus importants depuis sa mise en opération, à savoir le détournement allégué des placements faits par le Fonds national de pension à la Mauritius Commercial Bank (MCB). Cette affaire a nécessité le recours à de nombreuses procédures légales contre les suspects.

La seconde raison est que ce départ intervient alors que l?Icac n?a pas encore trouvé tous les membres du personnel de son département légal.

Et pourtant, ce ne sont pas les efforts qui ont fait défaut à l?administration de l?Icac. Depuis décembre 2002, la commission a eu recours à trois appels de candidature sans parvenir à obtenir les compétences recherchées. Par ailleurs, les cas où l'intervention de l'Icac a été nécessaire se sont multipliés depuis sa première enquête qui concernait une allégation de pots-de-vin au conseil des districts du Nord.

Les candidats n?ont cependant pas manqué. Plusieurs demandes n?ont même pas obtenu d?accusé de réception. « Les conditions exigées par l?Icac sont trop contraignantes. Elle cherche trop de renseignements sur les proches. On a voulu que je donne des informations sur mes cousins », explique un candidat. Un autre se dit prêt à abandonner une activité qui lui tient à coeur pour prendre de l?emploi à l?Icac, mais attend toujours.

Il est pratiquement impossible d?avoir le point de vue de la commission sur ce dossier. « Jusqu'ici » a indiqué Paul Bérenger, vice-Premier et ministre des Finances à l?Assemblée, « l'Icac a recruté une soixantaine d'employés dont 34 policiers .»

Lorsque l?Icac aura recruté ses conseillers, il est peu probable que ses soucis de recrutement seront terminés. Elle se propose de recruter 200 personnes durant les trois prochaines années.

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