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Les contradictions américaines en Afrique
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Les contradictions américaines en Afrique
Le président George W. Bush a quitté, jeudi, le Botswana au terme d?une visite éclair qui constituait la troisième étape de sa première tournée en Afrique, où il a particulièrement évoqué la lutte contre le sida.
George W. Bush et le président du Botswana, M. Mogae, se sont rendus dans un grand hôtel de la périphérie de Gaborone pour des entretiens en tête-à-tête.
Au Botswana, un pays ravagé par le sida, avec plus de 38 % des adultes touchés, le président Bush a souligné la volonté des Etats-Unis d?aider l?Afrique à lutter contre la pandémie.
Le Botswana est l?un des pays les plus prospères d?Afrique australe grâce à sa production de diamants industriels, mais cette richesse est inégalement répartie. La majorité de ses 1,5 million d?habitants vit avec moins d?un dollar par jour et ne peut accéder aux coûteux traitements anti-rétroviraux.
Le commerce avec l?Afrique, dont le Botswana est considéré comme un modèle de stabilité politique et de prospérité économique, était aussi à l?ordre du jour de la visite de quelques heures.
<B>une nation puissante, une nation qui compatit</B>
Au cours de sa tournée, George Bush a fait part de la «compassion» des Etats-Unis pour les victimes. Les familles américaines «pleurent pour les orphelins et les mères seules», victimes du sida en Afrique, a déclaré George W. Bush dans la capitale botswanaise. «Je veux que les dirigeants d?Afrique sachent que le peuple américain a profondément à c?ur la pandémie qui balaie ce continent, la pandémie du VIH-sida», a déclaré Bush après ses entretiens avec le président Mogae, en promettant que les Etats-Unis feraient tout leur possible pour aider l?Afrique face à ce fléau.
«Nous ne sommes pas seulement une nation puissante, nous sommes une nation qui compatit», a poursuivi Bush en évoquant le plan d?aide américaine de 15 milliards de dollars sur 5 ans pour lutter contre le sida en Afrique et aux Caraïbes, un plan qui doit encore recevoir l?approbation du Congrès.
Lors d?une conférence de presse à Kampala, la Coalition ougandaise pour l?accès aux médicaments essentiels a déploré que les 15 milliards de dollars du plan d?aide américain soient acheminés via des agences américaines, plutôt que par des organisations sur le terrain. «Cela pourrait prendre un ou deux ans avant de recevoir l?argent. Pendant ce temps, des gens mourront», a déclaré la coordinatrice de la coalition, Rosette Mutabi, affirmant que l?Ouganda compte «plus d?orphelins du sida que n?importe quel autre pays dans le monde (...). Est-ce que l?industrie pharmaceutique fait fonctionner votre programme contre le sida ? Et veut-elle aussi faire fonctionner le nôtre ?», se demande encore la coalition dans une lettre ouverte adressée au président Bush.
Arthur Mpeire, avocat de la coalition, a estimé que, compte tenu des conditions pour débloquer les 15 milliards de dollars, «c?était un autre moyen pour les Etats-Unis d?exercer une pression sur les pays en développement».
© Le Monde 2003 distribué par The New York Times Syndicate
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