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La courageuse capture d?un dangereux criminel

10 juillet 2003, 20:00

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Des coups de feu, des aboiements de chiens, le bruit de bottes et des policiers armés entourant une maison. Ce n?est certes pas le scénario d?un film hollywoodien, mais bien la réalité qu?a vécue hier une cinquantaine d?habitants de Cité La Butte, à Pailles. Des coups de feu les ont réveillés en sursaut vers 2 heures du matin.

Cette opération musclée a été montée pour capturer Thamoodaren Savirigadoo, en cavale depuis samedi dernier. Deux policiers de l?Anti-Drug & Smuggling Unit (ADSU), Jean-Claude Lily et Stellino Assonne, ont été blessés par balles. Jean David Anthony, qui hébergeait le fugitif, au numéro 43, avenue des Roses, a également été blessé par une balle perdue. La police a saisi un revolver chargé de deux balles, quatre cartouches vides, un étui de couleur noire, un téléphone cellulaire et un agenda.

Thamoodaren Savirigadoo, 38 ans, habitant Canal-Dayot, Grande-Rivière-Nord-Ouest, purgeait une peine de huit ans à la prison de Beau-Bassin pour un délit de vol avec violence. Il allait être libéré le 8 mars 2010. Il s?est enfui de l?hôpital de Poudre-d?Or où il avait été admis le 19 avril dernier. Vers 7 heures, alors qu?il se rendait aux toilettes, il a trompé la vigilance d?un garde-chiourme.

<B>?Ayo pas touyé, pas batté? </B>

Des sinistrés de Cité La Butte, sont encore sous l?effet du choc. ?Ayo pas touyé, pas batté.? Ce sont les cris qu?a entendus Ginette Lecordier, une sexagénaire, aux petites heures du matin. L?opération a commencé plus tôt. Il est minuit aux Casernes centrales. Sur la base d?une information d?un inspecteur de police selon laquelle le fugitif s?est refugié à Pailles, l?assistant commissaire Ramparsad Soorooj-bally, responsable de la Western Division, organise une battue. Il est assisté des surintendants Pregassen Vudamalay, de la Special Supporting Unit (SSU) et Vinod Appadoo, de l?ADSU. Deux chiens renifleurs y participent aussi.

Vers 2 heures, un premier convoi quitte les Casernes centrales. Des policiers de la Training Wing de la SSU et trois équipes de l?ADSU se dirigent également vers Cité La Butte. Dix minutes plus tard, les policiers sont sur place. Ils entourent la maison. Une première sommation est lancée, puis une deuxième : la police demande aux occupants de la maison de sortir mais sans résultat. Cependant deux coups de feu sont tirés de l?intérieur. C?est le branle-bas. La police décide de passer à l?assaut.

Les constables Lily et Assonne pénètrent dans la maison. Le fugitif Savirigadoo sort et tire sur les policiers. Les constables Lily et Assonne sont touchés. Une grenade lacrymogène attachée à la ceinture de ce dernier explose.

Savirigadoo et Anthony s?opposent à leur arrestation. Ils sont maîtrisés et arrêtés. Tous deux sont légèrement blessés. David Anthony informe les policiers qu?il a été touché à la jambe gauche par une balle tirée par le fugitif à l?intérieur de la maison.

Le policier Lily a, lui, la jambe droite transpercée par une balle alors que le constable Assonne, blessé à l?abdomen, devra subir une intervention chirurgicale. Tous deux sont admis en Salle 13. Le fugitif et le suspect Anthony se trouvent, eux, en Salle 8. Depuis hier, les parents et amis des policiers défilent à l?hôpital Jeetoo pour s?enquérir de leurs nouvelles. Pour Christina, l?épouse du constable Assonne, la nuit a été longue. La mauvaise nouvelle est tombée vers 3 heures. Une voiture de la police s?arrête devant sa porte et demande à la famille de prendre des vêtements propres pour la victime. ?J?ai eu un choc quand ils m?ont dit que mon mari était blessé. Je n?ai jamais pensé qu?une telle chose lui arriverait un jour.?

Il est presque 4 heures quand les proches du constable Assonne arrivent à l?hôpital. Il se trouve alors en salle d?opération. Un palier plus bas, des policiers armés surveillent le fugitif et David Anthony.

Les habitants de l?avenue des Roses ne pouvaient se douter qu?un prisonnier était hébergé non loin de chez eux. Les Anthony sont, pour eux, une famille sans histoire. Ils ne comprennent pas encore ce qui s?est passé.

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