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Une Pakistanaise conteste sa déportation

9 juillet 2003, 20:00

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Rabia Abubasher d?origine pakistanaise vit à Maurice depuis 1991. Elle se considère mauricienne à part entière et dit s?être adaptée au mode de vie ici. Mais le Bureau des passeports et de l?immigration veut la déporter.

Orpheline, la Pakistanaise a été élevée dans un couvent à Karachi. Elle n?a pas de parents dans son pays. Sa vie, elle l?a d?ailleurs faite à Maurice. Elle a épousé un Mauricien, Azad Ally Mungroo en 1991 et est la mère d?une petite fille, Bibi Lubnah Firdosh, âgée de neuf ans.

Cependant, les choses se compliquent après six années de mariage. Dans une déposition consignée au poste de police de Vallée-Pitot, elle affirme que son mari la frappe et menace de la tuer. Elle rejoint le Police Shelter de Line Barracks et veut récupérer sa petite fille mais son mari refuse.

Deux mois après, le tribunal de Port-Louis lui accorde un Protection Order qui est valide jusqu?au 23 février 2003. Elle obtient ainsi la garde provisoire de Lubnah et le père obtient un droit de visite de huit heures chaque dimanche. Cependant, elle se réconcilie avec son mari en 1998 et regagne le toit conjugal accompagnée de sa fille. Ce compromis lui sera fatal car à peine un mois après, ses beaux-parents la congédient et son mari garde sa petite fille.

Le divorce provisoire est prononcé deux ans plus tard aux torts partagés. Quant à Lubnah, Azad Ally Mungroo en obtient la garde et la mère, un droit d?hébergement de vendredi à dimanche et aussi un droit de visite. Le 21 septembre 2001, le divorce est prononcé. Rabia Abubasher n?insiste pas pour avoir la garde de sa fille. Elle soutient qu?elle n?avait alors ni domicile ni travail.

Mais en l?an 2000, la compagnie Emmambux l?emploie contre un salaire de Rs 4000. C?est ainsi qu?après une année d?attente, elle peut réclamer la garde de sa fille. Elle argue que son ex-mari ne jouit pas d?une bonne santé et suit des traitements médicaux. De ce fait, elle s?inquiète pour la sécurité de sa petite fille qui, selon elle, est très perturbée par le comportement de son père.

C?est à ce moment que ses déboires pour rester à Maurice commencent. A deux reprises, elle demande la citoyenneté mauricienne. Mais, elle s?entend dire qu?elle n?a pas résidé à Maurice pour une période de cinq ans. Par conséquent, ses demandes sont rejetées. Ce n?est pas exact, s?insurge-t-elle. Elle souligne qu?elle est à Maurice depuis son mariage soit en 1991.

En novembre 2002, elle décide alors de demander un permis de résidence. Elle reçoit une lettre du Bureau des passeports et de l?immigration lui demandant de produire des documents ayant trait à ses moyens financiers et sa fiche de paie.

Dans une lettre datée du 5 mai 2003, les autorités lui notifient que sa demande de citoyenneté mauricienne n?a pas été approuvée. Rabia Abubasher précise qu?elle n?a pas demandé la citoyenneté mauricienne mais un permis de résidence.

Mais le Bureau de l?immigration est catégorique : elle doit quitter le pays. La Pakistanaise ne peut concevoir ce départ. Sa fille sera privée de l?affection et de l?amour maternels, dit-elle. Pour elle, la décision est arbitraire.

Rabia Abubasher a ainsi réclamé un ordre d?injonction du juge afin d?interdire au Bureau des passeports et de l?immigration de la déporter. Le Senior Puisne Jugde Bernard Sik Yuen n?a pas agréé à sa requête hier. Il attend les arguments des parties concernées avant de trancher. L?affaire passe en Cour le 22 juillet. La Pakistanaise a retenu les services de Me Raj Ramsaha et Me Sobhadevi Toolsee-Jaunky, avouée.

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