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?J?ai économisé des millions en France?

9 juillet 2003, 20:00

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Déféré aux Assises pour trafic de drogue, Rajen Velvindron explique l?origine de ses richesses. Il dit avoir passé huit ans en France, au cours desquelles son épouse et lui ont économisé FF 4 millions (soitRs 15 millions). Il a plaidé non coupable.

Accusé de trafic d?héroïne, pour une valeur de Rs 25 millions, il a été arrêté par la brigade anti-drogue (ADSU) à sa descente d?avion le 5 août 2001. Les policiers agissaient sur la base des aveux d?un dénommé Joseph Bottesoie. Depuis, il est en détention préventive.

L? ADSU découvre en juillet 2001, 2,5 kg d?héroïne dans l?appartement de Joseph Bottesoie à Quatre-Bornes. Ce dernier indique que la drogue lui a été fournie par un certain Rajen, habitant Terre-Rouge le matin du 7 juillet 2001.

Joseph Bottesoie, qui a plaidé coupable de possession d?héroïne, a écopé en juin de huit ans de prison. La poursuite en fait son témoin-vedette. Le procès, présidé par le juge Ashraf Caunhye, a entamé hier sa deuxième journée. La poursuite est représentée par Me Rashid Ahmine, Senior State Counsel, assisté de Me Clive Auffray, State Counsel. Rajen Velvindron est défendu par Me Dev Hurnam.

L?accusé relate son cheminement. Il s?envole pour la France en mai 1989. Son épouse et sa fille le rejoignent un an après. Le père est technicien dans une usine textile. Outre cet emploi, Rajen se lance dans la commercialisation de poulets, achetés auprès de particuliers. Il vend aussi des t-shirts. Son épouse, elle, est femme de ménage.

En moyenne, les salaires mensuels de Rajen Velvindron tournent autour de FF 16 000 à FF 20 000 (soit Rs 64 000 à Rs 80 000). Sa femme, elle, touche quelque FF 10 000.

L?année précédant son retour, Rajen change d?usine, son employeur ayant mis la clé sous la porte. Les horaires y sont moins durs. Aux enquêteurs, il explique qu?il prend son quart à 17 heures pour finir à 6 heures le lendemain.

Début 1997, la famille Velvindron décide de regagner Maurice. Quatre mois plus tard, ils s?installent temporairement chez le père de Rajen, à Terre-Rouge. Dans leurs valises, des économies se chiffrant à FF 4 millions.

Dans quelles circonstances rencontre-t-il Joseph Bottesoie, dit Harry ? Rajen Velvindron maintient dans ses dépositions que cette rencontre a lieu à proximité de la Mauritius Commercial Bank. Harry, allègue-t-il, le sollicite pour échanger des devises. Tout au long de son interrogatoire, il maintiendra cette version. Même lorsque l?ADSU le confronte à un relevé des appels entrants et sortants sur son téléphone cellulaire vers celui de Joseph Bottesoie. D?ailleurs, hier un représentant de Cellplus a énuméré les appels faits entre les deux accusés.

Rajen Velvindron affirme qu?il dispose d?un alibi. Joseph Bottesoie affirme qu?il a déposé les colis de drogue chez lui à Quatre-Bornes. Rajen maintient qu?à cet instant précis, il supervisait des travaux à sa résidence.

La majeure partie de la séance d?hier a été consacrée à l?audition du sergent Dev Rishi Prabhoodeal, qui a pris les dépositions de l?accusé. Le policier était contre-interrogé par Me Dev Hurnam sur les autorisations données par son client pour que la police vérifie ses comptes bancaires. L?avocat l?a ensuite questionné sur les circonstances menant à l?arrestation de Rajen Velvindron. Au sergent de répondre que l?ADSU s?est effectivement fondée sur les ?allégations? de Joseph Bottesoie.

Le procès reprend demain matin.

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