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Bérenger très ?satisfait?de la BoM comme régulateur

8 juillet 2003, 20:00

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Le scandale financier Mauritius Commercial Bank-Fonds national de pension (MCB-NPF) provoque toujours des remous. Le sujet est en effet revenu hier sur le tapis avec la Private Notice Question (PNQ).

Celle-ci portait essentiellement sur le rôle joué par la Banque de Maurice (BoM) dans cette affaire, tant sur le rating de Moody?s sur la MCB que sur sa réaction face aux récentes décisions du board de cette banque. Paul Bérenger a par ailleurs annoncé que la BoM et la MCB sont en discussions pour rétablir la notation de la banque auprès de Moody?s.

A la suite des accusations provisoires portées contre la direction de la MCB, Navin Ramgoolam a souhaité savoir si le ministre des Finances est satisfait du rôle qu?a joué la Banque centrale en tant que régulatrice dans cette affaire. Et c?est d?un ton sans équivoque que Paul Bérenger dit afficher une ?grande satisfaction? quant au travail accompli par celle-ci : ?La Banque centrale fait un très bon travail, surtout en sachant dans quel cadre légal elle évolue. Il y a des lacunes dans la législation et, à tête reposée, nous viendrons avec des amendements. La Banque centrale et la FMI se sont déjà penchés sur la question. Je demande au leader de l?opposition de demander à ses conseillers légaux ce que prévoit exactement la loi sur la marge de man?uvre de la Banque centrale.?

Navin Ramgoolam a insisté pour savoir ce qu?ont été les ?specific steps? initiés par la MCB, comme l?a suggéré le 24 juin la BoM dans un communiqué. A la suite de quoi Paul Bérenger a rétorqué ne pas pouvoir dévoiler la teneur des discussions ?qui ont eu lieu et qui ont lieu en ce moment? entre la MCB et la Banque centrale. ?Je suis tenu par la confidentialité?, ajoute-t-il.

Le leader de l?opposition, Navin Ramgoolam, s?est ensuite demandé si la BoM ne s?est pas rendue ?ridicule? en demandant à la banque de réagir alors que celle-ci ?ne fait rien par la suite?. Mais Paul Bérenger n?est pas du même avis : ?Le leader de l?opposition et moi ne partageons pas la même définition de nothing. Des mesures ont été prises et d?autres sont en voie d?être initiées.?

Cette réponse n?a pas donné satisfaction à Navin Ramgoolam, qui est ensuite revenu à plusieurs reprises sur le sujet. Celui-ci dit ainsi être moins intéressé par les mesures prises par la MCB mais que celles de la Banque centrale, en tant que superviseur, sont primordiales.Le député de l?opposition Xavier-Luc Duval a aussi voulu connaître le rôle joué par la Banque centrale après les arrestations du General Manager de la MCB et de son adjoint. ?Il risque d?y avoir un problème de perception?, dit-il. Ce à quoi Paul Bérenger réplique que la question fait actuellement l?objet de discussions entre la Banque centrale et la MCB.

Navin Ramgoolam a alors tenu à se voir confirmer deux commentaires de Rameswurlall Basant Roi, le gouverneur de la Banque. Le premier porte sur la?solidarité? de celui-ci avec les banquiers et l?autre, qualifié de ?dangereux?par le leader de l?opposition, sur la difficulté de détecter les cas de blanchiment d?argent. Si le premier point a été confirmé par Paul Bérenger, ce dernier avoue cependant n?avoir aucun souvenir de propos qu?aurait tenus le gouverneur de la banque sur la question du blanchiment d?argent.

Rappelons que dans l?express du 27 juin, Rameswurlall Basant Roi avait soutenu être ?solidaire des banquiers, non seulement de la MCB mais de tous les banquiers du pays, qui traversent un moment difficile?. Plus loin, il avait trouvé ?extrêmement difficile? de détecter une transaction douteuse, même pour les spécialistes de blanchiment d?argent.

Le ministre des Finances a ensuite tenu à donner l?assurance que les lois ainsi que le personnel sont suffisamment adaptés pour le contrôle du blanchiment d?argent. Et de demander au leader de l?opposition de confirmer avec l?intéressé lesdits commentaires.

<B>Discussions avec Moody?s</B>

Navin Ramgoolam a ensuite poursuivi avec le ?silence? de la Banque centrale depuis la notation de l?agence internationale Mood?y?s. Cette dernière a en effet révisé à la baisse, la semaine dernière, la notation concernant la solidité financière (Financial Strength Rating ? FSR) de la MCB, laquelle passe de D+ à D.

Le leader de l?opposition dit ainsi ne pas comprendre comment les sanctions sont venues de Moody?s et non de la Banque de Maurice. Cette dernière, dit-il, a eu une réaction ?passive?. Un argument que conteste vivement Paul Bérenger. Le ministre des Finances a alors évoqué les discussions de lundi dernier entre la MCB et la Banque de Maurice. Celles-ci visent, selon lui, ?à rétablir la notation de la MCB par Moody?s?. Le grand argentier se dit ?très concerné? par ce dernier rating : ?It does not help to set the right signal. That?s why we must be very very careful. Measures have to be taken to get back to the rating.? Et Paul Bérenger de préciser avoir des contacts quotidiens avec Moody?s pour revoir la situation.

Le ministre des Finances émet cependant des réserves : ?Nous ne devons pas suivre Moody?s. Une enquête devant l?Independent Commission against Corruption suit son cours. Rien n?est établi. Moody?s is jumping the jun et il nous faut attendre la fin de l?enquête. On ne sait même pas s?il y a eu des problèmes sur 11 ans ou sur une plus courte période.? La note de Moody?s, rappelle Paul Bérenger, n?a eu ni d?incidence sur le prix des actions de la MCB ni sur ses dépôts. Au 1er juillet 2003, l?action qui était à Rs 27,60 a chuté à Rs 25. Toutefois, au 7 juillet 2003, la valeur de l?action a connu une hausse et se chiffre à Rs 27,40. Les dépôts, qui avaient dépassé la barre des Rs 50 milliards en décembre 2002 s?élèvent aujourd?hui à plus de Rs 50 millions.

Dans sa réponse initiale, Paul Bérenger a énuméré les différentes mesures prises par la MCB après l?éclatement de l?affaire. Celles-ci visent à renforcer son système de contrôle interne, à mettre en place un mécanisme pour la gestion des risques et à consolider ses structures de bonne gouvernance.

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