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Les Gustave perdent un quatrième parent
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Les Gustave perdent un quatrième parent
Marie Sylvina, 71 ans, se retrouve seule. Après son mari, son frère et son fils aîné, la mer lui prend le dernier membre de sa famille. Son deuxième et dernier fils, Stellio, 51 ans, disparaît dimanche au large de Grand-Baie.
Entre les Gustave et la mer, c?est une longue histoire parsemée de tragédies. Et les souvenirs affluent. ?Mon mari Samson a disparu en premier en haute mer, raconte Marie Sylvina, tout émue et tremblante. Puis cela a été le tour de mon frère qui pêchait sur les bancs aux environs de Saint-Brandon. Il y a 15 ans, jour pour jour, Jacques, mon fils aîné, était emporté par la mer.?
Il ne lui restait que Stellio. Dans la maison de Marie Sylvina, les témoignages de sympathie se succèdent. L?atmosphère est lourde, l?émotion palpable. Les gens pleurent. La vieille dame se tourne péniblement vers un voisin pêcheur : ?Mo dire toi arrêté are sa zaffaire la pêche là !?
Dimanche après-midi, Grand-Baie, beau temps. Stellio Gustave et Laval Bellepeau, 42 ans, se préparent pour une longue nuit de pêche. Le premier demande à sa mère de lui préparer un repas. Le second explique à son épouse qu?il ne revient que ?lundi matin vers 10 heures?.
A 14 h 30, tout est fin prêt. Le tandem se retrouve sur la plage. Chitbahal Noorally, le propriétaire du canot, est présent. Par mesure de sécurité, il leur remet un bidon de diesel additionnel, afin de pallier une éventuelle pénurie. Le temps se gâte au cours de la soirée.
Lundi matin. De son lieu de travail, Chitbahal Noorally téléphone à sa fille pour savoir si les deux pêcheurs sont rentrés. La réponse est non. Deux heures après même question, même réponse. ?A 12 h 30, j?ai demandé à ma fille de faire une déposition auprès de la National Coast Guard (NCG) de la localité.? Les Gustave et les Bellepeau sont alertés.
Si Stellio et Laval habitent dans la même cour, ce n?est que depuis un mois qu?ils pêchent ensemble. Parfois aux petites heures du matin parfois pendant toute la nuit, avant de vendre leur prise au propriétaire du bateau?
Les recherches depuis lundi, avec l?aide de la section héliportée de la police et des patrouilles de la NCG sont vaines. Chez les proches des disparus, l?inquiétude a cédé à l?angoisse. Et c?est l?attente. Impuissante !
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