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Roger Federer, l?héritier de Pete Sampras

7 juillet 2003, 20:00

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La victoire de Roger Federer, dimanche, en finale du Tournoi de Wimbledon est venue couronner le renouveau des attaquants sur le gazon londonien en même temps que l?avènement d?un très grand champion. À 21 ans, en effet, le Suisse est promis à un très grand avenir.

En 2001, Roger Federer, un jeune Suisse de dix-neuf ans, mettait fin au long règne de Pete Sampras (31 victoires consécutives) à Wimbledon. Peut-être fallait-il y voir déjà comme un symbole. Deux ans plus tard, en effet, ce même Federer devenait le 46e vainqueur des Internationaux de Grande-Bretagne, en venant facilement à bout de l?Australien Mark Philippoussis en finale (7-6, 6-2, 7-6). À la fin du match, le Suisse ne s?y trompait pas.

Sa victoire contre Sampras en 2001 avait autant tenu du déclic que de l?acte fondateur. ?C?est le match le plus important de ma vie, après la demi-finale, qui avait également été très importante. Le fait que je n?aie pas perdu un set au cours de ces deux matches et que le niveau de mon jeu soit resté aussi haut, c?est un rêve ! J?en ai pleuré, comme j?ai déjà pleuré en d?autres occasions. Ce tournoi a beaucoup de signification pour moi : victoire chez les juniors en 1998, sur Sampras en 2001 et maintenant cette finale.?

<B>Retour à la normale sur le gazon londonien</B>

À l?entendre, l?itinéraire paraissait déjà tout tracé. Il pourrait aisément, tant les qualités tennistiques du Suisse sautent à l??il nu, ne pas se limiter à cette seule victoire? et l?on se prend déjà à rêver à une nouvelle dynastie.

En l?absence, pour des raisons diverses, des candidats habituels à la victoire (Sampras, bien sûr, mais aussi Krajicek, Rafter et Ivanisevic), on attendait, lors de cette 117e édition de Wimbledon, qu?une nouvelle génération prenne le pouvoir.

Comme c?était prévisible, en effet, les grands relanceurs, qui avaient eu leur heure de gloire l?an passé (finale Nalbandian-Hewitt), n?ont pas résisté aux modifications qu?ont apportées les Britanniques à leur cher gazon londonien.

Dès le premier jour, Lleyton Hewitt, pourtant tenant du titre et tête de série numéro un, tombait face à un géant croate (2m08) au service de plomb (1-6, 7-6, 6-3, 6-4). C?était ensuite au tour d?Andre Agassi de se faire éliminer ?à l?ancienne? (46 aces) par le colosse australien Mark Philippoussis en huitièmes de finale (6-3, 2-6, 6-7, 6-3, 6-4). Alors que l?Argentin David Nalbandian, finaliste l?an passé, subissait exactement le même sort contre Tim Henman (6-2, 6-7, 7-5, 6-3), on comprenait enfin que les choses étaient revenues à la normale, que le Tournoi de Wimbledon était redevenu une affaire de grands serveurs, voire de grands volleyeurs.

Au stade des demi-finales, seul Sébastien Grosjean pouvait encore se targuer de ne pas dépasser régulièrement les 200 km/h sur son engagement. Mais il fut bien vite balayé par la puissance de Philippoussis (7-6, 6-3, 6-3). Peu après, dans l?autre demi, Federer réalisait une véritable démonstration de tennis contre l?Américain Andy Roddick et sortait du Central Court sous les vivats du public londonien (7-6, 6-3, 6-3).

<B>Parti pour durer ?</B>

Mais Federer est loin d?être seulement un puissant attaquant. C?est un joueur très complet, redoutable sur toutes les surfaces. À titre d?exemple, il a déjà remporté cette année, outre Wimbledon, les tournois de Marseille (indoor), Halle (gazon), Munich (terre battue), Dubai (dur) et aurait même mérité de s?imposer à Rome (terre battue) s?il n?était pas tombé sur un immense Felix Mantilla en finale. Tout au long du tournoi, son jeu très varié a fait merveille.

Assez puissant pour répondre du tac au tac aux grands serveurs, assez habile pour les faire déjouer et pour affronter des joueurs plus complets, il semble avoir toutes les qualités pour continuer à s?imposer à Wimbledon.

Son éclosion, il est vrai, est loin de constituer une surprise mais on le pensait trop friable mentalement pour s?imposer si tôt dans un Grand Chelem (deux quarts de finale seulement jusqu?à présent). En remportant Wimbledon ? son tournoi préféré ? avec une telle autorité, alors que tout le monde se demandait quel joueur prendrait la succession de Sampras, il a envoyé un signe fort à tous ses adversaires.

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