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Ciment : l?absence d?appel d?offres déplorée

7 juillet 2003, 20:00

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L?appel d?offres pour l?importation de ciment est une fois de plus au centre d?une controverse. La protection des consommateurs, la sécurité de la fourniture, ont été les facteurs déterminants de cette affaire, assure le gouvernement. L?opposition crie à la ?mascarade? et déplore l?absence de transparence de l?exercice. C?était lors de la PNQ du leader de l?opposition.

Le 3 juin 2003, La State Trading Corporation (STC) invite neuf soumissionnaires à faire des offres. Ils sont appelés à fournir 160 000 tonnes de ciment, soit 40 000 tonnes par cargaison. La date limite est fixée au 20 juin. Or le 18 juin, le gouvernement annule l?exercice. A cette date, aucune soumission n?a été enregistrée.

Navin Ramgoolam a voulu savoir qui a décidé de cette annulation. Prem Koonjoo, ministre du Commerce, explique que c?est le gouvernement qui l?a faite sur recommandation de la STC. Entre-temps, argue Prem Koonjoo, la STC obtient un prix plus compétitif de Lafarge Mauritius (ex-Mauritius Portland Cement): US$ 36,95 par tonne contre US$ 37,10 précédemment. Une réponse qui ne satisfait pas Navin Ramgoolam : ?Comment avez-vous su que vous aviez une meilleure offre alors que vous n?attendez pas le dernier jour ? ? Le motif principal de cette annulation était ?le souci des consommateurs, insiste le ministre à plusieurs reprises. Le ciment étant une commodité importante, nous avons tout fait pour maintenir la pochette à Rs 95.?

Il a expliqué le dilemme dans lequel s?est trouvée la STC après l?exercice du 3 juin. COIL, l?un des opérateurs qui assurent le déchargement du ciment de la STC, avait réclamé une augmentation des frais d?utilisation de ses équipements. COIL, qui est aussi un importateur, exigeait des indemnités de US$ 1,8 million (soit Rs 50 millions) de la STC si son calendrier d?importation était bousculé. La STC s?est retrouvée avec deux options : soit accepter la proposition de COIL sur le paiement des Rs 50 millions et maintenir l?appel d?offres, soit demander aux soumissionnaires de faire des propositions pour des cargaisons de 25 000 tonnes contre 40 000 tonnes. La raison : les installations de l?autre opérateur, en l?occurrence Lafarge-Mauritius ne peuvent accueillir que Rs 27 000 tonnes.

Si cette option avait été choisie, ajoute le ministre, le prix du ciment aurait subi une hausse. La STC voulant assurer la sécurité de l?approvisionnement a donc exploré d?autres possibilités. COIL ayant obtenu le contrat de déchargement du ciment de la STC au premier semestre, c?était au tour de Lafarge d?assurer ce débarquement au second semestre. Cette compagnie a aussi obtenu le contrat d?importation des 160 000 tonnes, à condition toutefois qu?elle ne réclame pas une hausse de prix durant la période. Navin Ramgoolam conteste ce ?one to one negociation? et insiste que l?appel d?offres aurait dû être maintenu.

Le ton est monté quand Navin Ramgoolam lance que le remous autour de cet appel d?offres ?stinks of money corruption? Sur un point of order, Paul Bérenger, conteste ces remarques du leader de l?opposition. Le Speaker, Dev Ramnah, réagit en demandant à Navin Ramgoolam de ne pas faire de telles allégations. Prem Koonjoo, irrité, lancera : ?May be the leader of the opposition has a long nose?. Remarque qui fait s?esclaffer Paul Bérenger.

Un autre volet de la question de Navin Ramgoolam a porté sur des ?unsolicited offers? proposées à la STC dont celle de l?Emirates Trading Agency au mois de mai 2003. Prem Koonjoo a indiqué à la Chambre que la STC avait décidé de ne pas engager de discussions avec cette compagnie.

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