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Baden Cooke est un phénomène

7 juillet 2003, 20:00

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Hier à Sedan, l?Australien a remporté sa première victoire dans le Tour de France au terme d?un sprint limpide. Une victoire qu?il envisageait depuis douze mois, depuis une deuxième place sur les Champs-Elysées.

Concernant Baden Cooke, une histoire vieille de quinze mois explique combien, dans le peloton, il est déjà tenu en haute estime. Elle est racontée par un directeur sportif belge, Jos Braeckveldt qui, lui, en a vu passer beaucoup de champions. ?Cooke a gagné à travers les Flandres en sortant sous la flamme rouge d?un groupe comprenant Van Petegem, Museeuw et Bodrogi. Ils ne l?ont pas revu. Le soir, les organisateurs faisaient la gueule, mais je leur ai dit qu?un jour ils seraient très fiers d?avoir Cooke à leur palmarès. C?est un grand !?

Le sprinter originaire de Benalla (Australie) ne l?est pas encore, mais il en prend le chemin. Rien ne l?effraie. Rien ne l?arrête. Il est venu en Europe pour gagner de l?argent. Donc des courses, et il ne pense qu?à ça.

Depuis sa venue dans le peloton, il traîne la réputation d?un sale gosse, capable de coups bas dans les sprints, au point d?ailleurs d?avoir été accusé à tort d?une chute terrible dans la première étape du dernier Critérium du Dauphiné-Libéré à Vaison-la-Romaine. Cette histoire l?a affecté, mais en même temps il était heureux de s?être fait respecter.

?Des gars étaient venus pour prendre ma place derrière McGee, mais mon job, c?est d?y rester. Ils n?ont pas été corrects, mais ils savent que jamais je ne me laisserai faire?, prévient-il.

<B>Un énorme capital bonheur</B>

Ne jamais laisser tomber, c?est peut-être bien le signe particulier de ce coureur à qui il est arrivé beaucoup de problèmes cette saison. Il a d?abord essuyé une rupture douloureuse avec son amie, repartie en Australie une semaine après en être venue.

Puis il s?est fait mal au genou, deux fois. Puis il a souffert d?une induration à la selle qu?il a préféré ne pas opérer. Puis il y eut cette chute à Vaison-la-Romaine qui l?a laissé sans forces. Pourtant il a continué de travailler, gagnant une étape du Tour de Suisse à Aarau il y a deux semaines et donc, hier, le plus beau succès de sa carrière.

?C?est impossible de dire ce que je ressens, sinon que je suis très fier que le Tour de France soit retransmis en Australie. J?ai été élevé à la dure école de la piste australienne, où nous apprenons à beaucoup frotter, et cela me sert?, dit-il.

?Je sais aussi ce que je dois à Bradley McGee, mon voisin toute l?année à Nice. je sais ce que je dois à Marc Madiot et à tous mes équipiers. Maintenant, j?espère que Jimmy Casper va se remettre afin que je l?aide à gagner une étape lui aussi !?

Son équipe totalise déjà seize victoires cette année, surtout un énorme capital bonheur, une réussite que Bradley McGee explique aisément.

?Dans cette équipe, on s?aime tous, il y a une super ambiance. Dans le Tour de France, c?est impossible d?avoir un résultat quand il n?y a pas d?ambiance. Nous avons tous un super feeling depuis le Tour d?Italie et la treizième place de Sandy Casar. Depuis, nous avons remporté trois étapes du Tour de Suisse, deux sur trois du Tour de France.?

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