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Mahen Motah, psychologue qui a perdu un fils en bas âge

5 juillet 2003, 20:00

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Quand un enfant meurt, on a l?impression qu?on ne s?en remettra jamais.

Il serait faux de dire qu?on se remet, surtout lorsqu?il s?agit de son enfant. On se dit sans cesse : « Pourquoi mon enfant ? c?était un innocent ! »

À chaque anniversaire,

à chaque fête, on souffre le martyre. Mais il faut continuer à vivre avec ce vide, même si au fond on n?oublie jamais.

Est-ce qu?un décès provoqué par une maladie est plus facile à vivre qu?une morte subite ?

C?est vrai que quand une mort est anticipée, on peut s?y préparer et envisager la perte de l?enfant. On a le temps de prendre un peu plus soin de lui, on le gâte si on peut. Mais aussi longtemps que l?enfant est là, on continue à vivre,

à espérer, on a l?espoir de pouvoir empêcher l?inévitable. Quand il s?agit d?une mort subite, c?est l?effondrement total. Savoir qu?il était là, en bonne santé, et que quelques heures plus tard, il n?est plus de ce monde, c?est terrible.

Quels sont les différents sentiments qu?éprouvent les parents ?

Il y a un mélange de sentiments. On se remémore les événements, on revoit le jour où l?enfant vous a demandé quelque chose et que vous le lui avez refusé. On s?en veut de n?avoir pas pu empêcher cette mort. À d?autres moments, on se console, on se dit que c?est le destin qui l?a voulu et que l?enfant est mieux maintenant là où il est. Je connais des mères qui ont gardé la chambre de leur enfant telle qu?elle était de son vivant.

Le sentiment de culpabilité et de colère est-il légitime quand des enfants se suici-dent ?

Les parents se sentent coupables parce que le suicide crée en eux un sentiment d?échec. Ils sentent qu?ils ont failli dans leur tâche, qu?ils auraient dû faire ceci ou cela, être plus attentifs.

Les mères souffrent-elles plus que les pères ?

La femme est souvent plus sensible. C?est le fait d?être source d?affection et de vie.

Les pères souffrent autant, mais le montrent moins.

Que conseillez-vous aux parents pour bien faire leur deuil ? Comment peuvent-ils surmonter la mort ?

Je leur conseille de ne pas avoir peur de parler de l?enfant, de chercher de l?aide auprès des gens en qui ils ont confiance ou de consulter un psychologue quand ils n?arrivent pas à s?en sortir.

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