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Les jeunes passent à l?acte plus tôt
3 jeunes sur 10 a déjà eu un rapport sexuel
Parmi eux, 74 % ont moins de vingt ans. C?est ce que révèle un sondage réalisé pour l?express dimanche.
Le sondage réalisé par Synthèses sur la sexualité des jeunes est plein d?enseignements. Première constatation : elle existe, mais n?est pas aussi répandue qu?on aurait pu le penser même si l?âge du premier rapport baisse.
En effet, un peu plus de trois jeunes de 13 à 25 ans sur dix ont eu une relation sexuelle, soit 31,9 %. Sur ce pourcentage, une majorité est passée à l?acte avant 20 ans.
Selon le sociologue Ibrahim Koodoruth, le fait que les plus âgés des sondés sont plus nombreux à avoir eu leur première relation sexuelle plus tard que ceux qui ont moins de 20 ans est une indication claire que les m?urs évo-luent. « Cela voudrait dire que les valeurs commencent à changer dans la mesure où les plus jeunes ont un rapport sexuel de plus en plus tôt ». Et d?ajouter : « Si on considère l?âge moyen auquel on
se marie, qui est environ de 26 ans,
cela indique que de nos jours, on n?attend plus cette union pour avoir des relations sexuelles ».
Dans leur grande majorité, les jeunes estiment que la tranche d?âge appropriée pour avoir la première relation sexuelle se situe entre 16 et 20 ans. « On pense aujourd?hui que l?on peut vivre sa sexualité bien avant le mariage ». Mais ils se disent fidèles dans près de neuf cas sur dix.
En revanche, l?homosexualité reste une pratique marginale. Environ un jeune sur quarante ayant déjà eu une expérience sexuelle, a eu une relation homosexuelle.
Deuxième constatation : les jeunes n?utilisent pas de moyen de contraception ni de préservatif. « On peut se demander pourquoi, malgré toutes ces campagnes, les jeunes ne sont pas sensibles aux risques. Ils n?utilisent pas de préservatifs, ce qui est très alarmant. D?ailleurs, 50 % de ceux qui n?ont pas fait l?expérience d?une relation sexuelle pensent en faire usage. Encore une fois, on peut dire que c?est un manque de sensibilisation qui les prédispose à ne pas utiliser de préservatif », assure le sociologue Ibrahim Koodoruth.
Les jeunes ne prennent aucune précaution, mais en même temps, ils placent les risques de grossesse et de maladies sexuellement transmissibles (MST) en tête de liste des facteurs qui découragent le passage à l?acte. Avant la pression familiale, sociale et religieuse, même si celle-ci est encore très forte. « On voit que les influences sont différentes selon le sexe. La pression sociale est plus forte chez les filles tandis que chez le garçon, sa priorité, c?est sa santé », constate le sociologue.
On a l?impression que les comportements sont irréfléchis dans la mesure où la majorité de ceux qui sont sexuellement actifs négligent la contraception comme s?ils ne prévoyaient pas de passer à l?acte.
Ceux qui n?ont jamais eu de relations sexuelles, expliquent leur abstinence parce qu?ils se sentent trop jeunes et pas encore prêts.
Sept jeunes sur dix ont déclaré avoir eu leur premier rapport sexuel au domicile de l?un ou de l?autre partenaire. Cela peut s?expliquer par le fait que les parents travaillent. « Mais on ne peut pas en conclure que cela se passe avec le consentement des occupants de la maison », souligne le psychologue.
Parmi ceux qui ont déjà eu une relation sexuelle, trois sur quatre ont renouvelé l?expérience, surtout ceux qui travaillent (83,7 %). L?une des raisons : le fait de travailler permet d?être en contact avec des personnes du sexe opposé et d?acquérir davantage d?indépendance. « Plus on grandit, et plus on est en mesure d?avoir une certaine autonomie. Cela permet aussi à chacun de gérer sa vie sexuelle. »
Enfin, qui dit sexualité dit aussi sujet tabou. Le sondage révèle que 88,2 % des jeunes abordent plus facilement le sujet avec leurs amis qu?avec leurs parents (40,2 %). « On est plus à l?aise vis-à-vis des amis que des parents. Entre parents et enfants, on voit que le sujet est toujours tabou », conclut Ibrahim Koodoruth.
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