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Revoilà le spectre de la peine de mort
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Revoilà le spectre de la peine de mort
La dernière semaine de juin particulièrement sanglante remet en exergue le débat sur la peine de mort. Feroz Abdoola, député de la majorité, interroge le Premier ministre mardi à cet effet. Il veut savoir si le gouvernement a l?intention d?avoir de nouveau recours à la peine capitale pour réprimer certains types de crimes. «Devant le nombre grandissant de crimes, il faut que le gouvernement fasse comprendre aux criminels que les lois vont être appliquées avec rigueur,» confie le député.
Alors que la Commission de droits de l?homme des Nations unies continue à classer Maurice parmi les pays africains qui ont encore recours à la peine capitale, son application est suspendue depuis le 3 août 1995.
Une peine de 45 ans
Au moment où le texte a été amendé, cinq condamnés attendaient d?être exécutés. Leur peine a été commuée en condamnation à vie. Étaient alors passibles de peine de mort, les personnes reconnues coupables de meurtre avec préméditation et intention de tuer, de même que les trafiquants importateurs de drogue.
La suspension de la peine de mort fut l?une des conditions imposées par le PMSD, dirigé par feu Sir Gaëtan Duval, pour sa participation en 1995 à un gouvernement de coalition. Sir Maurice Rault, alors Attorney General et ministre de la Justice, avait été chargé de modifier le texte. La peine capitale fut ainsi remplacée par une peine de prison de 45 ans.
Le Dangerous Drugs Act fut en même temps amendé. Le gouvernement avait au départ proposé une peine de prison de 20 ans à la place de la peine capitale. Mais le président Cassam Uteem refusa son assentiment au texte initial et suggéra que la peine soit augmentée.
La peine capitale avait également fait l?objet de passionnants débats au Parlement en 1972 dans le cadre d?une motion privée en faveur de son abolition déposée par Reynald Olivier, député PMSD. Mais les deux principaux partenaires de la coalition Parti travailliste-PMSD n?arrivèrent pas à s?entendre sur la suite à donner à la motion, et les débats furent renvoyés sine die.
La dernière exécution d?un condamné par pendaison remonte à octobre 1987. Eshan Nayeck, dit Alexandre, fut condamné le 22 juillet 1987 pour le meurtre de Suleiman Rashid Atchia, perpétré en juillet 1983 au marché central de Port-Louis.
La Commission des Nations unies sur les droits de l?homme note cependant que plusieurs pays continuent à avoir recours à la peine capitale faute de moyens. « Most of these nations wish to abolish capital punishment and the death penalty. However, lack of budget prohibits the creation of penitentiaries, making death sentence an affordable way to deal with criminals. »
Cette commission souligne aussi que de 1985 à ce jour, une quarantaine de pays, qui avaient aboli la peine de mort, sont revenus sur leur décision. Au total, 111 pays ont aboli la peine capitale. Cette sentence continue à être appliquée dans 16 pays pour des crimes exceptionnels, notamment des crimes de guerre. Elle est en vigueur dans 84 pays, dont les États-Unis.
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