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Affaire Harte : un documentaire irlandais démonte l’enquête de la MCIT

6 novembre 2012, 20:00

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Affaire Harte : un documentaire irlandais démonte l’enquête de la MCIT

Quatre mois après l’acquittement des deux employés de l’hôtel Legends pour le meurtre de Michaela Harte, un documentaire de la chaîne UTV remet en lumière les manquements de la police mauricienne. L’avocat Jean-Claude Bibi indique que la réputation de la Major Crimes Investigation Team (MCIT) a pesé dans la balance lors du procès aux Assises. 
 
 La MCIT s’est fourvoyée dans le cadre de son enquête sur l’assassinat de la touriste Michaela Harte. C’est ce que veut démontrer la chaîne irlandaise UTV dans un documentaire qui sera diffusé dans la soirée de ce mercredi 7 novembre 2012.

Le journal Tyrone News fait état du travail d’investigation mené à Maurice par le journaliste Chris Moore, pour comprendre l’acquittement des deux employés de l’hôtel Legends, Avinash Treebhoowon et Sandip Moneea. Notre confrère d’Insight explique que la police mauricienne a ignoré certains détails qui auraient pu donner une autre direction à l’enquête.
 
Le documentaire fait également ressortir que c’est la réputation de la MCIT qui a influencé le jury dans sa décision. Cette équipe était anciennement dirigée par Hurrydeo Raddhoa, qui a accumulé des allégations de brutalité policière depuis 2005. Chris Moore fait ainsi ressortir au Tyrone News que justice a été refusée à Michaela Harte. Et, cela a fait surgir des questions quant aux capacités de la police mauricienne ainsi que de la poursuite publique.
 
«Today, it’s far from clear if the Mauritians have the resolve to match their promise to find justice for Michaela», fait ressortir le journaliste. Dans le cadre de son documentaire, il a interviewé d’anciens enquêteurs de la police mauricienne ainsi que des avocats, tels que Me Jean-Claude Bibi connu pour ses joutes avec la MCIT. Ce dernier ne s’est pas fait prier pour mettre en lumière la triste réputation de cette équipe et du fait que la majorité des enquêtes élucidées à Maurice sont basées sur des aveux. 
 
 Me Bibi a expliqué que le jury était parfaitement au courant des accusations portées contre la MCIT et qu’il a acquitté les deux accusés, le dossier à charge ne reposant que sur les conclusions d’Avinash Treebhoowon. Lequel a affirmé en Cour que ses aveux avaient été obtenus sous la torture. L’avocat déclare également que 57 personnes sont mortes en détention policière depuis 1979, dont 54 depuis 1990 et plusieurs autres sous le mandat de Navin Ramgoolam.
 
Le documentaire revient aussi sur la décision du ministère public de faire de Raj Theekoy un témoin alors qu’il avait précédemment été accusé à titre provisoire. Il souligne les deux versions qu’il a données à la police et lance une énième pique à la MCIT pour avoir soutenu, durant l’enquête, qu’elle disposait de preuves scientifiques et de ne pas avoir pu en produire un seul au procès.
 
Chris Moore s’interroge également sur le fait que la police mauricienne n’ait prélevé aucune empreinte digitale sur les lieux du crime et si des prélèvements ADN ont été effectués sur les portes de la chambre où Michaela Harte a été tuée le 10 janvier 2011. Un expert britannique répond à sa question en indiquant que ce type de preuves ne peut lier une personne à un crime.
 
Le documentaire revient sur la décision du ministère public de ne pas citer le «bell boy» Rajib Bhujun à témoigner. Il est celui qui a ouvert la chambre 1025 à John McAreavey et sa déposition est intéressante, car il déclare que les portes-fenêtres de la terrasse étaient ouvertes.... L’époux de la victime avait expliqué, lui, qu’elles étaient fermées et c’est la raison pour laquelle il a dû réclamer de l’aide à la réception.
 
Un prélèvement d’échantillons ADN ou d’empreintes digitales, indique le documentaire, sur ces portes-fenêtres aurait pu établir par où les assassins sont rentrés et repartis. Malheureusement, tel n’a pas été le cas pour les empreintes de pas devant la terrasse non plus.
 
Chris Moore s’interroge aussi sur le fait que le vigile Dassen Narayanen n’ait pas été inquiété dans cette affaire alors qu’il est vu en train de patrouiller, sur les images de vidéo surveillance, à côté de ces portes-fenêtres, 25 minutes avant le crime. Il avait d’abord été accusé dans cette affaire avant d’être poursuivi pour le vol d’une carte électronique donnant accès à cette chambre. 
 

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