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CT Power : quand les socioculturels s’en mêlent
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CT Power : quand les socioculturels s’en mêlent
La sortie virulente du Front commun hindou contre les opposants au projet CT Power fait beaucoup de bruit. Les religieux s’expliquent.
En s’alliant, des associations socioculturelles du pays, dont la Voice of Hindu, la Sanathan Dharma Temples Federation, la Mauritius Tamil Temples Federation et la Hindu House, veulent remettre à leur place les « antipatriotes » qui ont osé protester contre la construction d’une centrale à charbon.
« Nous nous battrons jusqu’à notre dernier souffle pour que CT Power voie le jour » , insiste Somduth Dulthumun, président de la Sanathan Dharma Temples Federation et membre du Front commun hindou ( FCH). « Est- ce parce que ce sont des personnes d’origine indienne – des peaux noires – qui proposent ce projet qu’elles sont traitées de la sorte ? » Les mots sont durs. Le front commun parle de « racisme économique », de « monopole de la production d’électricité par les Independent Power Producers ( IPP) » . Alors que le CEB produit environ 40% de l’électricité du pays, les membres du FCH sont fidèles à leur cibles préférées : les principaux IPP sont évidemment les sucriers qui produisent de l’énergie, notamment à travers la bagasse.
« Le prix auquel les IPP vendent de l’électricité au CEB est deux fois plus élevé que ce que propose CT Power, objecte Somduth Dulthummun. Et puis, qu’ils vendent ou non de l’électricité au CEB, selon le contrat établi, ce dernier doit tout de même les rémunérer. » Pire, il y aurait, selon le président de la Sanathan Dharma Temples Federation, une politique de « deux poids, deux mesures » , au moment de l’attribution des contrats aux investisseurs étrangers.
« Les projets des autres investisseurs, dont les blancs, sont approuvés alors que dans le cas de CT Power, l’on est récalcitrant car il s’agit d’Asiatiques » , affirme Krit Munohur, président de la Voice of Hindu ( VOH). Ce qui est « invraisemblable », lorsque l’on sait que « CT Power permettra une baisse de 40 % dans le prix de l’électricité » , argue Menon Murday, président de la Mauritius Tamil Temples Federation.
DES ALTERNATIVES AU CHARBON
Or, pour Khalil Elahee, docteur en gestion de l’énergie, une baisse du prix de l’électricité n’est pas la bonne solution. « Il est vrai que nous faisons face à une augmentation de la demande, concède- t- il. Mais pour mieux la contrôler et éviter le gaspillage, il faut au contraire augmenter les prix et éviter le gaspillage. » Le prix de l’électricité, poursuit- il, doit refléter sa valeur réelle, pas seulement sa valeur marchande. « Les énergies polluantes comme le charbon, le fi oul ou le gaz devraient coûter plus cher que les énergies propres, vu l’impact qu’elles ont sur la santé, l’environnement et la société. La taxe carbone, par exemple, est une solution possible. » Somduth Dulthumun, jetant un oeil critique sur les modes de production, estime qu’il n’y a « pas d’alternatives au charbon, excepté le fioul ou le nucléaire. Evidemment, il est hors de question d’introduire le nucléaire à Maurice ». Menon Murday se veut, lui, rassurant : « CT Power disposera d’une technologie dernier cri, toute la machinerie sera neuve. la question d’une éventuelle inquiétude pour l’environnement est donc infondée. »
Sauf Coïncidence ?
Une source proche du ministère de l’Environnement indique qu’il pourrait y avoir eu des discussions lors du Conseil des ministres de vendredi autour de CT Power, quelques jours seulement après la conférence de presse orageuse du FCH. Aucun communiqué n’a été émis pour confirmer cette information.
Le ministère de l’Environnement, attaqué aussi par le FCH sur le retard dans l’octroi du permis EIA ( Environment Impact Assessment) à CT Power, réplique que des « discussions sont encore en cours au gouvernement autour des conditions à l’octroi du permis » . Attend- on de connaître le vainqueur de la prochaine bataille des manifestations pour en décider?
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