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Il faut sauver La Batterie de l?Harmonie
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Il faut sauver La Batterie de l?Harmonie
La somptueuse maison coloniale à Batterie de l?Harmonie et ses alentours sont dans un état d?abandon. Cette grande demeure domine, d?un côté la baie de Rivière-Noire et de l?autre, regarde la montagne du Morne. Elle est tout près d?une Tour Martello (à ne pas confondre avec celle de La Preneuse) et plusieurs anciens canons sont toujours là.
Le bâtiment, qui occupe une superficie de deux hectares, a été pendant très longtemps loué à bail à une compagnie privée. Il a été décrété monument national en 1985 et est passé sous la responsabilité du ministère des Arts et de la culture en 1993. Ce ministère avait alors entamé des travaux de rénovation en 1999 sous le mandat de Joseph Tsang Man Kin. La première partie des travaux qui avaient pris fin en 2001 avait nécessité la somme de Rs 5 m. Les six pièces du bâtiment, sur une superficie de 325 mètres carrés, comprenant une salle de danse, une cuisine et des toilettes, avaient été réhabilitées.
La Development Works Corporation avait décroché un contrat pour commencer d?autres travaux qui consistaient, en fait, à installer l?électricité. Il avait été aussi prévu que la Tour Martello allait être rénovée comme celle de La Preneuse. Les travaux devaient prendre fin en 2002.
En 2001, Motee Ramdass, ministre des Arts et de la culture d?alors, avait proposé d?utiliser le bâtiment pour des expositions pour les artistes peintres et comme un lieu de travail pour les auteurs compositeurs cherchant la tranquillité. De plus, il voulait utiliser une plate-forme à côté du bâtiment pour des spectacles en plein air. Mais ces projets n?ont jamais abouti. Malgré la somme de Rs 5 m investie, les autres composantes du projet n?ont jamais pu être réalisées. Pire, le cyclone Dina avait emporté une partie du toit de la belle maison coloniale. Elle est toujours dans le même état. Des pigeons ont élu domicile dans le bâtiment : plumes et excréments jonchent le sol. L?humidité et la moisissure prennent peu à peu le dessus sur les structures en bois.
Les environs du bâtiment sont aussi dans un sale état. Du chiendent et des lianes ont pris d?assaut la place. Même des chiens errants rôdent autour du bâtiment. Tout récemment, on a volé un canon, propriété de la Batterie de l?Harmonie.
Philippe La Hausse de La Louvière, membre de Friends of Environnement, dit que le lieu se dégrade depuis que le gouvernement a repris le terrain. Il déclare que des personnes ont pillé le bâtiment, enlevant tout ce qui est possible de prendre, jusqu?à la tuyauterie. Quand le coin était géré par une société privée, dit-il, c?était un lieu magnifique avec de belles plantes et les environs étaient bien entretenus.
Il regrette que, depuis 14 ans, la propriété se dégrade à vue d??il. Philippe La Hausse de La Louvière, ancien membre du National Heritage Trust Fund, souhaite qu?elle soit bien réhabilitée. Des visiteurs mauriciens et étrangers pourraient apprécier son cachet historique.
Diana Bablee, présidente du NHTF, affirme que cet organisme travaille sur un plan national de réhabilitation des sites qui sera mis en application en trois étapes. D?abord, il va falloir répertorier tous les sites décrétés monuments nationaux dans l?île. Il fera ensuite un état des lieux pour voir comment gérer ces sites. Et si besoin est, ils seront restaurés. Ce plan de travail sera prêt au début de l?année prochaine. La dernière rumeur qui circule est que la Batterie de l?Harmonie sera incorporée dans un projet d?Integrated Resort Scheme.
HISTOIRE
<B>Une dure bataille navale</B>
■ La Batterie de l?Harmonie a été le théâtre d?un épisode crucial de l?histoire navale du pays. En 1799. deux navires français, ?La Preneuse? et le ?Brûle Gueule?, voulant regagner Port-Louis, sont pourchassés par cinq navires britanniques. Ils s?arrêtent alors dans la baie de Rivière-Noire et déchargent toute leur artillerie sur cette plage pour faire face à leurs poursuivants. C?est la bataille de La Preneuse. Elle durera cinq jours. L?équipage français érige un rempart de sable pour se protéger contre les tirs ennemis venant de la mer. L?escadre anglaise bat en retraite. Ce monticule de sable est toujours là. Les Français laissent leurs canons sur cette plage à la fin de la guerre. Beaucoup plus tard, les Anglais prennent possession de l?Ile Maurice. Ils construisent sur ce site une Tour Martello entre 1831 et 1834. Ils y installent aussi plusieurs canons avec une poudrière. Ce n?est qu?un 1950 que la famille Koenig construit le bâtiment actuel en respectant les vestiges historiques.
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