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Séquestration à Mont-Roches: une mère adepte de sorcellerie, un père «gourmand larzan»
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Séquestration à Mont-Roches: une mère adepte de sorcellerie, un père «gourmand larzan»
Les victimes : Kevin, 25 ans et Yovam, 20 ans, ayant vécu la majeure partie de leur vie en captivité. Les geôliers présumés : Satiaven et Batmavadee Teeroovengadum – la soixantaine tous deux – les parents des deux jeunes hommes, ayant été provisoirement inculpés de séquestration. Ce sont là les protagonistes de cette sombre histoire mise au jour à la suite d’une enquête exclusive de l’express, publiée dans sa livraison du samedi 28 mars.
Baby, adepte de sorcellerie
Batmavadee Teeroovengadum connue comme Baby, fait beaucoup plus que ses 60 ans. Selon des proches de la mère des jeunes hommes, elle pratiquerait les arts occultes. Des voisins racontent que tous les soirs, une bougie dans les mains, elle faisait les cent pas devant sa maison. Ils affirment aussi qu’elle récitait des phrases qu’elle seule comprenait. À plusieurs reprises, selon leurs dires, elle se rendait dans des lieux occultes.
D’autres ajoutent qu’elle était persuadée que son mari était infidèle et que sa maîtresse avait jeté des sorts sur sa famille, pour lui nuire ainsi qu’à ses enfants. Elle aurait demandé à tous ceux qui croisaient sa route si «pa konn enn bon dimounn ki konn fer travay-la».
C’est pour cette raison que de nombreux proches avaient coupé tout lien avec la famille. Mais certains membres de la famille se forçaient à rester en contact avec elle, surtout parce qu’ils «avaient pitié des enfants». À l’instar de Chengeleroyen, son frère aîné. À chaque fois qu’il allait rendre visite à sa sœur, cette dernière le recevait dans la rue.«Dès que je demandais à entrer,elle appelait la police», dit le frère, qui estime aujourd’hui que mari et femme mériteraient«une punition sévère pour être tombés si bas».

«Je n’ai jamais su ce qu’il y avait à l’intérieur de cette maison, qui m’appartient et que je lui avais prêtée», dit l’habitant de Trèfles. Baby qui voyait encore son frère, fabulait et évitait certains sujets. «À chaque fois qu’on lui parlait de ses enfants, elle disait qu’ils allaient bien et changeait de sujet.» C’est le jour de la parution de l’article que ses proches ont compris ce qui se tramait au sein de cette famille. Mais ils arrivent difficilement à comprendre les raisons de cette séquestration.
La dernière fois que les proches ont pu voir les enfants, c’était en 1995, l’année de la naissance de Yovam. Ils les ont aperçus par la suite une fois en 2008. Chengeleroyen note aussi que sa sœur a toujours eu des soucis avec l’hygiène. Et de raconter que le couple et ses enfants habitaient auparavant une maisonnette à Bambous. Ils en avaient été chassés par le propriétaire, qui s’était plaint d’odeurs nauséabondes.
D’ailleurs, des anciens collègues de Baby soutiennent qu’elle a été licenciée pour manque d’hygiène. Et ce, malgré l’attention qu’elle portait à son style vestimentaire. Elle travaillait autrefois dans un dispensaire à avenue Ollier et occupait un poste de surveillante lors d’examens de Cambridge.
Sam, le fonctionnaire renfermé
Satiaven, connu comme Sam, est un homme taciturne, qui ne parle que pour dire l’essentiel, affirment ceux qui l’ont côtoyé. Âgé de 62 ans, il était autrefois infirmier au ministère de la Santé. C’est du reste une des raisons pour lesquelles les enfants ne se rendaient jamais à l’hôpital pour des soins! Cet ancien habitant de Belle-Rose fréquentait très peu ses proches et ceux de son épouse, qui connaissaient l’attrait qu’exerçait l’argent sur lui.
Des proches de son épouse le décrivent comme un «gourman larzan». Ils affirment même qu’il en avait après les biens de Baby. Ils expliquent qu’il dépensait le strict minimum pour la maison. Même pour la nourriture que consommaient ses fils.

Il avait aussi la réputation d’être sournois. Selon des proches, c’est lui qui a entraîné Baby «dans l’enfer de la sorcellerie».
À l’état civil où il travaillait, ses collègues avaient des soupçons quant à son mode de vie. Aujourd’hui, tous se demandent comment le couple a pu ainsi séquestrer ses propres enfants durant toutes ces années.
A contrario, d’autres personnes qui ont eu l’occasion de croiser Sam affirment qu’il a le cœur sur la main et qu’il est toujours prêt à aider.
Kevin, transi par la peur ; Yovam, heureux d’être à l’hôpital
Les infirmiers de l’hôpital psychiatrique sont unanimes : l’aîné des Teeroovengadum, Kevin, a subi un lavage de cerveau. Depuis qu’il se trouve au sein de l’établissement, le jeune homme ne cesse de dire qu’il était bien chez lui. «J’avais des repas.» Il a aussi laissé échapper qu’il était nourri de burgers hachés. Lorsque nous lui posons une fois de plus la question, il répète qu’il mange «du poulet, du poisson, des saucisses».

Rencontré à l’hôpital, le jeune homme donne l’impression d’avoir peur. En tremblant, il explique avoir étudié jusqu’à laForm IV au collège Eden. S’il a dû mettre un terme à sa scolarité, c’est pour cause de maladie. «Je suis des traitements, j’ai des douleurs aux reins et ma peau est sensible. Mon docteur n’a pas encore diagnostiqué ma maladie», dit-il. Des souvenirs de son passé, il en garde peu. Une source au sein de l’établissement de santé signale que Kevin pourrait avoir été victime de sévices. Des examens approfondis sont prévus.
Yovam, lui, se dit heureux d’être à l’hôpital. Il est nourri dès qu’il réclame à manger.

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