Publicité

Badminton

Une prise de parole qui accompagne la décision

28 mars 2026, 14:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Une prise de parole qui accompagne la décision

Photos: Krishna Pather.

La décision du ministère de la Jeunesse et des Sports de dissoudre le comité directeur de la Mauritius Badminton Association marque un tournant majeur pour la discipline. Une mesure forte, qui vient clore une période marquée par des tensions et des interrogations, tout en posant les bases d’une nouvelle phase de reconstruction.

Dans la foulée, les réactions se sont multipliées. Parmi elles, celle de la plateforme «Badminton 4 All», composée de joueurs, d’entraîneurs, d’officiels et d’anciens dirigeants, retient particulièrement l’attention.

Sans revendiquer un rôle déclencheur, le collectif assume une parole qui vient appuyer et illustrer une décision déjà prise au niveau institutionnel.

«Nous soutenons pleinement cette décision. Elle était devenue nécessaire pour remettre de l’ordre et redonner confiance aux acteurs du badminton», affirme Gavin Veerasamy, ancien trésorier de l’association.

Le discours porté par la plateforme est sans détour. Il évoque notamment un manque de transparence dans la gestion, des processus décisionnels contestés et un climat jugé peu propice à l’évolution des athlètes. «Dès les premières réu- nions, il était difficile de comprendre la direction prise. Il y avait un réel déficit de clarté», confie une source proche des joueurs.

Au-delà des critiques institutionnelles, ce sont également des préoccupations plus concrètes qui émergent. Certains acteurs pointent une réduction des opportunités d’entraînement, ainsi qu’une hausse des coûts liés à la pratique et à la participation aux compétitions. «Nous sommes passés de plusieurs séances hebdomadaires à un volume réduit, ce qui freine clairement la progression», souligne Julien Paul, représentant des joueurs.

Des décisions sportives sont aussi remises en question, notamment en matière de sélection. «Des choix ont été faits sans explication claire. Cela a créé un sentiment d’injustice chez plusieurs athlètes», explique Kobita Dookhee, évoquant des cas de non-sélection malgré des résultats probants.

Rebondir

Du côté des officiels, le constat converge. «Nous avons alerté à plusieurs reprises sur certaines dérives, notamment concernant l’organisation des compétitions», indique Jessen Mahadoo, ancien responsable technique.

Ce qui ressort de l’ensemble de ces prises de position, c’est une cohérence entre les ressentis du terrain et les conclusions tirées par les autorités. Sans en être à l’origine, ces témoignages viennent donner une dimension concrète à la décision ministérielle.

Screenshot 2026-03-28 130923.jpg Dans ce contexte, la parole de «Badminton 4 All» dépasse le cadre d’une simple réaction. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large : celle d’un besoin d’expression longtemps contenu, désormais libéré par le changement en cours. «L’heure est à la reconstruction. Il faut maintenant définir une direction claire pour relancer la discipline», estime l’ancien entraîneur national Neeresh Ramtohul.

La dissolution du comité directeur constitue ainsi un point d’arrêt, mais certainement pas une finalité. Le véritable défi commence maintenant : bâtir une structure plus transparente, plus stable et résolument tournée vers le développement des joueurs.

Car au-delà des constats, l’enjeu est clair : éviter que les mêmes dysfonctionnements ne se reproduisent.

Le badminton mauricien possède les ressources humaines et sportives pour rebondir. Reste à s’assurer que l’ensemble de ses acteurs avancent désormais dans une vision commune, au service de la discipline.

Publicité