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Cancer du sein
Une maladie qui touche aussi les hommes
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Cancer du sein
Une maladie qui touche aussi les hommes
■ De g à d: Michel Gobert, Marie Lourdes Madelon et Catherine Maigre.
Octobre est terminé. Mais pas la lutte. Comme chaque année, la campagne Octobre rose a marqué ce mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein. Les témoignages de femmes sont nombreux, mais ceux des hommes restent plus rares. Pourtant, eux aussi peuvent être touchés par cette maladie, encore méconnue du grand public.
À 70 ans, Michel Gobert accepte de raconter son parcours, marqué par des années sans inquiétude, plusieurs opérations et des traitements éprouvants. De leurs côtés, Marie Lourdes Madelon et Catherine Maigre témoignent elles aussi de leur combat contre la maladie. Trois histoires différentes, un même rappel : une grosseur ne doit jamais être ignorée.
■ Michel Gobert, 70 ans, brise le silence sur le cancer du sein chez l’homme.
Michel Gobert a choisi de parler de son expérience. Il se souvient d’une grosseur dans le sein gauche qu’il avait remarquée bien des années auparavant. Pendant longtemps, celle-ci ne l’inquiète pas. Puis, il y a environ deux ans, une douleur apparaît, accompagnée de sensations de piqûre. Il décide alors de consulter. Une première biopsie ne permet pas d’obtenir de résultat concluant. Une intervention est programmée et c’est au cours de celle-ci que le cancer est identifié. «Je m’en doutais un peu, je n’ai pas vraiment été surpris», raconte-t-il. Il savait déjà que le cancer du sein ne concernait pas uniquement les femmes.
Le diagnostic marque le début d’un long parcours médical. Une deuxième opération est nécessaire environ un mois plus tard, car des cellules cancéreuses subsistent. Des ganglions sont également retirés. Après les interventions, Michel reçoit huit séances de chimiothérapie, suivies de 15 séances de radiothérapie. Malgré les traitements, la maladie continue d’évoluer.
Mais Michel garde espoir. Il espère pouvoir épouser prochainement celle qui partage sa vie. «Moi, je continue à avancer. Je suis quelqu’un de plutôt positif», confie-t-il. S’il accepte de témoigner, c’est aussi pour sensibiliser les autres hommes. Lui-même n’avait pas jugé nécessaire de consulter tant que sa grosseur ne lui causait pas de problème. Son conseil est simple : «Si on découvre une grosseur, il faut consulter.» Une anomalie peut être bénigne, rappelle-t-il, mais il est impossible de le savoir sans un avis médical.
Avancer malgré les épreuves
Si le témoignage de Michel rappelle que le cancer du sein peut aussi toucher les hommes, les parcours de Marie Lourdes Madelon et de Catherine Maigre montrent combien la maladie peut bouleverser la vie des femmes, quel que soit leur âge. Marie Lourdes, 66 ans, apprend en 2010 qu’elle est atteinte d’un cancer du sein. Tout commence par une petite grosseur. Elle se rend au dispensaire, passe des examens, puis attend les résultats.
■ Marie Lourdes Madelon, 66 ans, témoigne de son parcours face à la maladie.
À l’annonce du diagnostic, le choc est immense. Une question lui vient à l’esprit : comment va-telle faire ? Il faut trouver la force d’affronter la maladie, poursuivre les soins et continuer à penser à sa famille. Aujourd’hui encore, Marie Lourdes doit composer avec des douleurs, de la fatigue et des nuits parfois difficiles. Mais elle s’accroche à ce qui compte le plus pour elle : ses proches et le bonheur de voir grandir ses petits-enfants.
Pour Catherine Maigre, le combat commence plus tôt. En 2007, à seulement 34 ans, elle apprend qu’elle a un cancer du sein. Mère de deux filles, elle doit alors faire face à une épreuve à laquelle elle ne s’attendait pas. Chirurgie, chimiothérapie et radiothérapie vont marquer cette première étape de soins. La chute des cheveux et les effets des traitements rendent cette période particulièrement difficile. En 2008, alors qu’elle espère tourner la page, le cancer récidive au même endroit.
En 2026, la maladie se manifeste de nouveau. Près de 20 ans après le premier diagnostic, Catherine doit reprendre son parcours de soins. Son histoire rappelle que le chemin face au cancer n’est pas toujours linéaire. Malgré ces épreuves, elle tient à transmettre un message aux femmes : ne pas attendre d’avoir mal pour consulter. Tout changement inhabituel des seins mérite une attention médicale, même en l’absence de douleur.
Ne pas ignorer les signes
Le Dr Ziaad Nujoo, cancérologue, rappelle que le cancer du sein peut toucher les femmes comme les hommes. Une boule dans le sein ou sous l’aisselle, une modification de la peau, un mamelon récemment rétracté ou un écoulement inhabituel sont autant de signes qui doivent inciter à consulter. La douleur n’est pas toujours présente. Attendre qu’une grosseur fasse mal peut donc retarder le diagnostic. Une consultation permet d’examiner l’anomalie et de déterminer si des examens complémentaires sont nécessaires.
Le cancer du sein peut également toucher des femmes jeunes, comme Catherine Maigre, diagnostiquée à 34 ans. L’âge ne doit pas conduire à banaliser un changement inhabituel. Le médecin souligne aussi que la maladie peut récidiver plusieurs années après les premiers traitements, d’où l’importance du suivi médical. Chez l’homme, le cancer du sein reste rare et peu connu. Il représente environ 1 % de l’ensemble des cancers du sein. Le risque augmente avec l’âge et peut aussi être lié à des facteurs génétiques, des antécédents familiaux ou certains problèmes de santé. Le manque de sensibilisation peut toutefois conduire certains hommes à consulter tardivement.
■ Catherine Maigre, confrontée à trois reprises au cancer du sein, continue d’avancer avec courage.
Éviter la solitude
Face à la maladie, les soins ne sont pas les seuls à compter. Le soutien des proches et la possibilité de rencontrer des personnes qui comprennent ce que l’on traverse peuvent aussi aider à tenir. Pour Marie Lourdes Madelon et Catherine Maigre, l’association Link to Life offre un espace où elles peuvent partager leurs expériences avec d’autres femmes affectées par le cancer du sein.
Les échanges, les rires et les activités leur permettent de souffler et de penser à autre chose qu’à la maladie. Les perruques et prothèses proposées par l’association apportent une aide concrète aux femmes qui en ont besoin. Pour Catherine, ce soutien contribue aussi à préserver une part importante de son identité : sa féminité. «Nous vivons notre féminité», confie-t-elle.
Les trois parcours sont différents, mais ils se rejoignent sur un point essentiel : il ne faut pas ignorer les signes que le corps envoie. À l’occasion de la récente campagne Octobre rose, Michel, Marie Lourdes et Catherine rappellent que le cancer du sein ne se résume ni à un âge ni à un genre. Une grosseur ne signifie pas nécessairement un cancer. Mais consulter sans attendre permet de comprendre ce qui se passe et, si nécessaire, d’agir rapidement.
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