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À Tranquebar
Une fillette de six ans aurait été victime d’abus sexuels répétés par son oncle
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À Tranquebar
Une fillette de six ans aurait été victime d’abus sexuels répétés par son oncle
Photo d'illustration.
La diffusion d’une vidéo montrant des actes présumés d’abus sexuels sur une fillette de six ans a suscité une vive indignation. Recherché par la police, son oncle est soupçonné de faits répétés, tandis que l’enfant bénéficie d’une prise en charge psychosociale et médicale.
Une vidéo montrant des actes à caractère sexuel impliquant une fillette de six ans, diffusée sur les réseaux sociaux depuis le mardi 20 octobre, a provoqué une vague d’indignation. Au centre de cette affaire, François Veckranges, 25 ans, un habitant de Tranquebar, soupçonné d’avoir abusé sexuellement de sa propre nièce à plusieurs reprises.
La diffusion de cette vidéo sur les réseaux sociaux a suscité de nombreuses réactions. Plusieurs internautes ont exprimé leur indignation, tandis que certaines personnes se seraient lancées à la recherche du suspect, qui aurait entre-temps pris la fuite. La mère de l’enfant a porté plainte au poste de police de Pope Hennessy, dès le mardi soir. La police a ouvert une enquête afin d’établir les circonstances exactes de cette affaire et recherche activement le suspect.
Le suspect est en cavale, la petite prise en charge
François Veckranges est le frère de la mère de l’enfant. Il réside à proximité du domicile familial à Tranquebar, et entretenait des liens très étroits avec la fillette ainsi qu’avec les autres enfants de sa sœur. Il avait l’habitude de leur rendre visite et de passer du temps en leur compagnie. La mère de la fillette a expliqué aux enquêteurs que, le lundi 19 octobre, vers 9 heures, elle avait quitté son domicile pour se rendre à l’hôpital ENT à Vacoas, laissant sa fille de six ans sous la surveillance de son frère. À son retour, vers 14 heures, celui-ci se trouvait toujours sur place. Elle affirme n’avoir rien remarqué d’anormal. Son frère aurait ensuite quitté les lieux vers 17 heures.
C’est le lendemain, le mardi 20 octobre, vers 19 h 55, que la jeune mère aurait découvert une publication anonyme sur une page Facebook consacrée à Tranquebar. Cette publication accusait son frère d’avoir commis des actes sexuels sur une enfant et évoquait l’existence d’un enregistrement vidéo. Après avoir visionné la vidéo en question, la mère a reconnu son frère et a soupçonné que la victime était sa fille.
Elle aurait alors interrogé l’enfant. Selon sa déposition, l’enfant aurait initialement nié les faits avant de lui rapporter des actes présumés d’abus sexuels qui auraient été commis à plusieurs reprises sur sa personne par son oncle. La jeune femme s’est alors rendue au poste de police de Pope Hennessy pour dénoncer les faits. Elle a également demandé que sa fille soit examinée par un médecin de la police.
À la suite de cette plainte, une intervention conjointe de la Brigade pour la protection de la famille et du ministère de l’Égalité des genres et du bien-être de la famille a été engagée afin d’assurer la prise en charge de la fillette.
Lors d’une évaluation psychologique menée le 21 octobre par l’équipe du Family Support Service (FSS) de Port-Louis auprès de l’enfant, en collaboration avec la Brigade pour la protection de la famille du Sud, la fillette aurait révélé avoir subi à plusieurs reprises des actes sexuels imposés par son oncle maternel, qui est également son parrain.
Selon la mère, les derniers faits remonteraient au 19 octobre. Des démarches sont en cours pour l’admission de l’enfant à l’hôpital en vue d’examens médicaux. Le ministère indique que la prise en charge de l’enfant et l’accompagnement de sa famille se poursuivent.
La Brigade pour la protection de la famille insiste sur la nécessité de ne pas exposer davantage l’enfant. Elle appelle à la prudence concernant la circulation de la vidéo sur les réseaux sociaux afin de préserver la dignité et la vie privée de la fillette.
Arianne Navarre-Marie : «C’est impardonnable»
Arianne Navarre-Marie, Deputy Prime Minister (DPM) et ministre de l’Égalité des Genres et du bien-être de la famille, est montée au créneau à la suite de la diffusion de cette vidéo. «C’est impardonnable.» Elle a confirmé que la mère avait rapporté l’affaire à la police mardi soir et qu’une enquête était en cours. La DPM a assuré que son ministère apporterait tout le soutien psychosocial nécessaire à la fillette et à sa famille. Elle a également lancé un appel aux parents en général, afin qu’ils redoublent de vigilance concernant la sécurité de leurs enfants et portent une attention particulière aux personnes auxquelles ils les confient.
Autre élément de cette affaire : sur son profil Facebook, François Veckranges apparaît vêtu d’un uniforme pénitentiaire. Ces images ont soulevé des interrogations sur son éventuelle appartenance à la Mauritius Prisons Service. Toutefois, selon les vérifications effectuées par l’express, cet homme n’est pas un employé de l’administration pénitentiaire. Selon son frère, ce célibataire qui enchaînait les petits boulots était «assez instable depuis très jeune. Il a déjà quitté la maison pendant un mois et a dormi dans la rue. Cela ne le dérangeait pas. C’est un vrai vagabond». Il précise que François Veckranges est particulièrement difficile à retrouver, surtout lorsqu’il ne veut pas être localisé.
Ce que prévoit la loi
La législation mauricienne prévoit de lourdes sanctions contre les auteurs d’abus sexuels sur des mineurs. La Children’s Act 2020 réprime notamment les actes consistant à provoquer, inciter ou permettre des abus sexuels sur un enfant.
Le Code pénal prévoit également des peines de servitude pénale pour plusieurs infractions sexuelles commises sur des mineurs. En cas de poursuites et de condamnation, le suspect pourrait encourir une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 20 ans, selon la qualification juridique retenue et les disposi- tions applicables. La production ou la diffusion d’images à caractère sexuel impliquant un enfant peut également donner lieu à des poursuites distinctes.
Pour le sociologue Chandra Rungasawmi, la protection des enfants exige une mobilisation collective, une justice effective et un accompagnement adapté des victimes. Entre responsabilité familiale, vigilance citoyenne et action de l’État, il est urgent de briser le silence et de protéger chaque enfant.
L’enquête policière devra désormais permettre de déterminer les circonstances exactes des faits dénoncés et d’établir les responsabilités éventuelles du suspect.
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Aneeta Ghoorah : «Les enfants n’ont pas toujours les mots pour exprimer ce qu’ils ont vécu»
L’«Ombudsperson for Children» Aneeta Ghoorah, met en garde contre les conséquences psychologiques des agressions sexuelles durant l’enfance et les difficultés à détecter les signes chez les plus jeunes. Elle explique que les abus sexuels subis pendant l’enfance peuvent avoir des conséquences profondes sur le développement psychologique, affectif et social des victimes. Ces répercussions, ditelle, sont particulièrement difficiles à identifier chez les enfants en bas âge, qui ne disposent pas toujours du vocabulaire nécessaire pour raconter ce qu’ils ont vécu.
«Parfois, l’enfant se renferme sur lui-même», explique-t-elle. D’autres peuvent présenter des changements de comportement, devenir agressifs ou manifester des signes inhabituels, notamment en recommençant à uriner au lit. Évoquant le cas de Tranquebar, elle se dit profondément bouleversée, d’autant plus que le suspect appartient à l’entourage familial de la fillette.
Aneeta Ghoorah souligne que la protection de l’enfant devient particulièrement complexe lorsque l’auteur présumé est une personne en qui l’enfant a confiance, bénéficiant d’une certaine autorité familiale et exerçant une influence sur les parents. Elle évoque également les obstacles susceptibles de compliquer la révélation de tels faits, notamment le silence, la peur du scandale ou la volonté de préserver la réputation familiale.
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