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Madagascar

Un an après, le basculement du 11 octobre 2025 divise encore la Gen Z

11 octobre 2026, 10:30

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Un an après, le basculement du 11 octobre 2025 divise encore la Gen Z

Des soldats dans une rue près d’Antananarivo le 11 octobre 2025. (Rijasolo/AFP)

Il y a un an jour pour jour, Madagascar vivait l’une des journées les plus décisives de son histoire récente. Le 11 octobre 2025, le colonel Michaël Randrianirina, chef de l’unité militaire CAPSAT, appelait les forces de l’ordre à cesser de réprimer les manifestants. Douze mois plus tard, le souvenir de cette journée reste vif, mais le mouvement qui l’a rendue possible s’est fragmenté.

Ce matin-là, le colonel s’exprime face caméra et son message circule massivement sur les réseaux sociaux. Il exhorte militaires, gendarmes et policiers à refuser d’être «rémunérés pour tirer sur nos amis, nos frères, nos sœurs». Dans l’après-midi, ses hommes et lui quittent leur régiment du quartier de Soanierana à bord de deux blindés. Ils ouvrent l’accès à la place du 13-Mai, jusque-là bloqué par les gendarmes.

«Les scènes de liesse étaient partout dans la ville, Les voitures klaxonnaient, les drapeaux étaient sortis», se souvient Zo Ramanampisoa, membre actif de la Gen Z, interrogé par RFI. Il décrit «un jour d’espoir pour tout le monde», après 16 jours de pression et de menaces d’arrestation.

Des coupures d’eau à la chute du pouvoir

La contestation a débuté le 25 septembre 2025. Elle visait d’abord les coupures d’eau et d’électricité qui paralysent le quotidien des Malgaches. Portée par des jeunes mobilisés sur les réseaux sociaux, elle s’est élargie à la dénonciation de la corruption et du pouvoir d’Andry Rajoelina.

Le ralliement du CAPSAT, déjà décisif lors de la crise de 2009 qui avait porté Andry Rajoelina au pouvoir, a fait basculer le rapport de force. Le président quitte le pays le 12 octobre à bord d’un avion militaire français selon RFI. L’Assemblée nationale vote sa destitution le 14 octobre et l’armée annonce dans la foulée «prendre le pouvoir». Le 17 octobre, le colonel Randrianirina prête serment devant la Haute cour constitutionnelle comme «président de la Refondation de la République». Les manifestations avaient alors fait au moins 22 morts, selon La Libre. L’Union africaine a suspendu Madagascar de ses instances.

Une «guerre de leadership»

Un an après, l’enthousiasme a laissé place au bilan. Selon Rocks, engagé dès les premières heures de la mobilisation, la Gen Z s’est fracturée dès le 11 octobre : «Tout le monde s’est revendiqué vrai Gen Z.» Il évoque une «guerre de leadership» qui a ramené sur le devant de la scène les «dinosaures politiques». Il regrette aujourd’hui de ne pas avoir cherché à occuper des fonctions au sein des institutions pour peser sur la transition.

Le 25 septembre 2026, les autorités ont commémoré la révolte de 2025, tandis que de jeunes manifestants appelaient à poursuivre le combat. Un analyste interrogé par RFI parle d’«une révolution réelle, mais d’une refondation institutionnelle inachevée».

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