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Fusillade en France

Un adolescent de 12 ans grièvement blessé par balles à Grenoble

18 novembre 2025, 08:23

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Un adolescent de 12 ans grièvement blessé par balles à Grenoble

Les CRS patrouillent dans le quartier Mistral dans le cadre d’une opération antidrogue, le 15 octobre 2025. AFP

Un adolescent de 12 ans, mineur isolé mêlé récemment à du trafic de stupéfiants, est dans le coma, touché dans la nuit de samedi à dimanche à Grenoble par trois balles près d’un point de vente de drogue. Ses agresseurs ont pris la fuite.

Si le scénario d’une fusillade liée au narcotrafic était confirmé, cet adolescent figurerait parmi les plus jeunes ainsi visés ces dernières années. Son pronostic vital était toujours engagé en milieu d’après-midi, selon le Parquet.

Le quartier Chorier-Berriat, où le drame est survenu dans l’ouest de la capitale iséroise, avait été le théâtre de plusieurs fusillades en 2024, mais, depuis janvier, préfecture et Parquet mettaient en avant une amélioration dans la lutte contre le narcobanditisme.

Vers 3 h 00 du matin, des riverains ont alerté la police pour des tirs suivis du vrombissement d’un véhicule en fuite, a indiqué à l’AFP une source policière. «J’ai juste entendu cinq coups» de feu, a témoigné pour l’AFP Mila Poignard, une étudiante du quartier. «Et quelqu’un criait «Non, arrêtez, arrêtez!», et après plus rien», se souvient-elle.

Mineur connu sous plusieurs identités Atteint par une balle dans le dos et deux dans les jambes, la jeune victime dans le coma devait être opérée dimanche dans l’après-midi, a précisé à la presse le procureur adjoint de Grenoble, François Touret de Coucy. Dans un premier temps, il avait été indiqué qu’il avait été blessé d’au moins quatre balles. Neuf étuis de balles de 9 mm ont été retrouvés sur place.

Les empreintes de l’ado, qui «serait un mineur non accompagné d’origine nord-africaine», «ressortent sous plusieurs identités, dont une pour laquelle il est convoqué devant le juge des enfants le 10 décembre pour détention et offre ou cession de stupéfiants», mais il n’était auparavant «pas connu de la justice», détaille le magistrat.

Il avait récemment multiplié les fugues d’un établissement du département de l’Isère où il était hébergé, poursuit M. Touret de Coucy. Selon une source proche du dossier, il serait d’origine algérienne.

Une enquête pour «tentative de meurtre» a été confiée à la police judiciaire et les auteurs des tirs ne sont pas encore identifiés.

Chorier-Berriat, quartier mêlé au narcotrafic

À Chorier-Berriat, les friches et anciens bâtiments d’usine témoins du passé industriel du quartier ont été reconvertis en immeubles modernes, avec des bars prisés de la jeunesse et des restaurants. «On est venu ici il y a dix ans, ce n’était pas du tout comme ça. Maintenant, c’est de pire en pire,franchement, ce n’est pas très rassurant», reprend Mila, l’étudiante.

Une source policière a indiqué que la fusillade s’est déroulée «sur un point de deal», mais des habitants ont assuré à l’AFP qu’il n’y en avait pas à cet endroit proche d’une allée piétonne menant à une école. À proximité cependant, d’autres zones sont réputées abriter des points de vente de drogue.

Les règlements de comptes par armes à feu entre groupes de trafiquants ne sont pas rares à Grenoble et certaines de ses banlieues. En 2024, la place Saint-Bruno, au cœur de Chorier-Berriat, avait été le théâtre de plusieurs fusillades, les autorités évoquant alors une «guerre des gangs».

La préfète de l’Isère Catherine Séguin s’était félicitée en septembre, aux côtés du procureur de Grenoble Étienne Manteaux, d’une baisse importante des agressions par armes à feu dans la métropole iséroise: 11 depuis début 2025, dont un assassinat, contre 34 en 2024 ayant fait sept morts.

Avec 28 points de deal recensés dans l’agglomération en septembre contre 41 en 2023, Mme Séguin vantait aussi les mérites de la «politique de harcèlement» des forces de l’ordre contre le narcotrafic.

Près de 10’000 mineurs impliqués dans le narcotrafic

Selon la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca), en 2024 en France, 61% des condamnés pour infractions liées aux drogues étaient âgés de 15 à 25 ans et près de 10’000 mineurs étaient impliqués dans des affaires de trafic de stupéfiants.

L’âge moyen des «petites mains» employées par les réseaux criminels se situe autour de 15-16 ans avec un recours accru à de très jeunes mineurs, parfois âgés de 10 ans, souligne la Mildeca.

La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a assuré dimanche sur BFMTV que la «lutte contre les points de deal et le narcotrafic» était une «priorité» et que l’État «ne faiblira pas».

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