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Coût de la vie
TVA, inflation et quotidien : PME et consommateurs sous pression
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Coût de la vie
TVA, inflation et quotidien : PME et consommateurs sous pression
Depuis le 1er octobre, les Petites et moyennes entreprises (PME) dont le chiffre d’affaires annuel dépasse Rs 3 millions sont soumises à la TVA de 15 %. La baisse du seuil d’enregistrement, réduite de moitié par rapport au niveau précédent de Rs 6 millions, concerne environ 7 000 PME. Si cette mesure devrait rapporter quelque Rs 2 milliards supplémentaires à l’État, elle suscite néanmoins de nombreuses préoccupations.
Parmi les entrepreneurs directement touchés par la baisse du seuil pour être soumis à la TVA, figure Vinay Kanhye, directeur général de V. Kanhye Health Foods Co. Ltd. Pour lui, cela ajoute une lourdeur administrative supplémentaire et aussi financière pour les PME. «Les entrepreneurs doivent désormais recruter quelqu’un pour enregistrer toutes les entrées et gérer la paperasse liée à la TVA. Il faut soumettre une déclaration trimestrielle à la MRA.» De plus, «il y a désormais un coût additionnel que nous ne réclamions pas auparavant. Nos infusions sont exemptées de TVA, mais nos huiles sont désormais soumises à la taxe, ce qui fait grimper les prix», déplore-t-il.
Selon lui, cette situation ne touche pas uniquement les producteurs. «Les prix augmentent et cette hausse est inévitablement répercutée sur le client. C’est un moyen pour l’État de collecter davantage de revenus, mais les consommateurs vont être impactés. La vente a déjà diminué, et cette mesure risque d’aggraver la baisse du pouvoir d’achat.» Il juge que le gouvernement aurait plutôt dû relever le seuil de la TVA pour «laisser les PME croître sans leur imposer un fardeau administratif et financier supplémentaire».
Le chef d’entreprise avertit qu’un excès de taxation finit par freiner la consommation. «Trop de taxes et, au final, les gens n’achètent plus. Il faut trouver un équilibre. Déjà, il est difficile pour beaucoup de joindre les deux bouts. Si avant, un client consommait un produit deux fois, désormais c’est qu’une seule fois. Cela aura une répercussion directe sur les ventes.» Cette hausse des prix se fait déjà sentir dans la vie quotidienne. Les produits populaires comme le dholl puri et le roti coûtent désormais plus cher chez certains marchands. Parallèlement certains commerçants profitent de la situation pour exagérer les prix.
Sur les marchés de fruits et légumes, l’inquiétude est palpable. Vishal, encanteur installé depuis plusieurs années, confie : «On ne sait pas encore comment ça va se calculer exactement. Si c’est sur la marge, ça va, mais si c’est sur tout le chiffre d’affaires… ça change tout.» Certains redoutent déjà de réduire leurs commandes ou de revoir les prix avec les planteurs, conscients que ces derniers pourraient en pâtir.
Chez les détaillants, le dilemme est le même. Roshan Ramsahye, vendeur dans la capitale depuis dix ans, explique : «Si on augmente les prix pour compenser la TVA, les clients risquent d’aller voir ailleurs. Mais si on ne touche à rien, notre marge disparaît.» Le secteur, déjà soumis aux variations climatiques et à la pression des importations, se retrouve sous tension. Les planteurs, eux, suivent la situation avec attention. Arvin, producteur à Flacq, souligne : «Si les encanteurs achètent moins ou paient moins cher, nos revenus seront directement affectés.» La TVA impose donc à tous une adaptation rapide, dans un contexte où chaque décision commerciale peut avoir un impact immédiat sur les revenus.
Dépenses alimentaires
En parallèle, les consommateurs font face à une autre pression sur leur panier liée aux produits sucrés et surgelés. Toujours depuis le 1er octobre, les consommateurs constatent une modification de leurs dépenses alimentaires. Dans plusieurs rayons, les étiquettes affichent de nouveaux prix, conséquence directe de la taxe sur les produits contenant du sucre. Les glaces sont parmi les plus touchées : le sachet de Zit Tamarin passe de Rs 15 à Rs 18, tandis que le Mikostar augmente de Rs 217,75 à Rs 245. Les boissons sucrées et les jus affichent également Rs 3 à Rs 10 de plus. Même les produits surgelés, souvent perçus comme une alternative économique, n’y échappent pas. Chez McCain, le sachet de Pommes Noisettes (750 g) passe de Rs 131,40 à Rs 142,50 ; et les Just au Four Classique atteignent désormais Rs 101,25. Les produits Sea Harvest connaîtront, à partir d’aujourd’hui, des hausses variant entre Rs 8 et Rs 35, selon les références.
Dans les allées glacées du supermarché, Nadine fait ses comptes à voix basse. Devant le congélateur, elle hésite longuement avant de reposer une boîte de glaces. «Franchement, c’est décourageant. Chaque semaine, quelque chose augmente», souffle-t-elle, les yeux fixés sur les nouvelles étiquettes. Elle explique qu’elle note désormais chaque dépense dans un carnet. «On parle de quelques roupies à chaque fois, mais à la fin du mois, ça pèse lourd. On n’a plus de marge.» À quelques pas de là, Ejilen Moonsamy observe les surgelés. Lui aussi soupire. «On ne peut même plus faire les courses normalement. Tout a pris : les glaces, les jus, les produits qu’on achetait sans réfléchir. Ce n’est pas du confort, c’est du quotidien.» Sa voix trahit la lassitude de ceux qui comptent avant de remplir le panier.
Un peu plus loin, une femme lâche un rire amer en voyant le prix d’un jus de fruits. «Nos salaires ne bougent pas, mais les prix, eux, ne cessent de grimper. On finit par enlever des choses du caddie», dit-elle en rangeant une brique sur l’étagère. Près de la caisse, Tashin Ramdhin, employé du privé, s’agace à son tour. «On nous parle de taxes, de révision, de fiscalité… mais personne ne pense à nous. Ceux qui vivent avec un budget serré sont les premiers touchés et les derniers entendus.» Derrière lui, Magali Constance, une retraitée, approuve d’un signe de tête. «Avec ma pension, je fais déjà attention à tout. Maintenant, même une glace devient un plaisir qu’on hésite à s’offrir.»
Le tapis roulant avance lentement, les paniers sont à moitié remplis. Un jeune homme fixe le montant affiché sur l’écran. «Avant, je faisais mes courses sans y penser. Aujourd’hui, j’ai peur à chaque passage.» Autour de lui, quelques regards se croisent, silencieux. Tous semblent partager la même impression : celle d’une hausse qui grignote peu à peu le quotidien. Face à cette situation, le gouvernement a mobilisé Rs 400 millions via le Fonds de stabilisation des prix afin de soutenir cinq produits essentiels : le lait en poudre, l’huile comestible, le lait infantile, les couches pour bébés et le fromage. Cette mesure, qui s’étendra sur six mois, vise à réduire les prix de 10 à 20 % pour soulager le panier des ménages.
Depuis mars, d’autres dispositions avaient déjà été introduites : la TVA sur les légumes surgelés, les conserves et les aliments pour bébé avait été supprimée, tandis que certains produits étaient soumis à un mark-up encadré, comme le beurre, la margarine, la viande hachée, le thon en boîte et le sel. En août, lors d’une conférence de presse, le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, avait expliqué que les prix du lait, de l’huile ou du fromage sont déjà plafonnés par un mark-up maximum et que seule l’introduction de subsides permettrait de les réduire davantage.
Les consommateurs, eux, s’adaptent déjà. Certains se tournent vers des formats plus petits, d’autres privilégient les produits subventionnés ou locaux pour compenser les hausses ailleurs. Les commerces de proximité constatent aussi un changement : les clients viennent moins souvent chercher des produits sucrés ou des friandises, ajustant leurs achats selon les augmentations. «On remarque que les familles réorganisent leur panier pour limiter l’impact sur leurs dépenses», confie un gérant de supérette. Ces hausses pourraient redéfinir durablement les habitudes d’achat. Tandis que les ménages réajustent leurs priorités, le gouvernement mise sur des subsides ciblés pour maintenir l’accès aux produits essentiels et contenir la pression sur le budget des familles.
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