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États-Unis

TikTok de nouveau accessible, victoire politique pour Donald Trump

20 janvier 2025, 03:50

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TikTok de nouveau accessible, victoire politique pour Donald Trump

Le président élu Donald Trump s'était engagé à prendre un décret une fois investi pour suspendre la loi interdisant TikTok aux États-Unis.

Quelques heures après sa suspension, le réseau social a rétabli l’accès à son application, après que Donald Trump a annoncé son intention de prendre un décret pour suspendre la loi d’interdiction votée au Congrès.

Le réseau social TikTok a été rétabli dimanche aux États-Unis, quelques heures seulement après avoir été suspendu pour se conformer à une loi votée au Congrès. Dans un message posté sur X, le groupe a remercié le président élu Donald Trump pour avoir assuré aux fournisseurs d’accès à internet et boutiques d’applications qu’ils échapperaient aux lourdes pénalités prévues par la loi. Signe de la vitalité intacte de la plateforme aux plus 170 millions d’utilisateurs aux États-Unis, TikTok a immédiatement été inondé de vidéos célébrant ce retour.

Dimanche, les utilisateurs américains de TikTok faisaient face à un écran noir en ouvrant le réseau chinois. «Une loi interdisant TikTok a été promulguée aux États-Unis. Malheureusement, cela signifie que vous ne pouvez pas utiliser TikTok pour le moment», disait un message en cas de tentative de connexion. Une référence à la loi, votée en avril au Congrès, qui interdit la plateforme chinoise sur le territoire américain au nom de la sécurité nationale à compter de ce dimanche. Loi confirmée par la Cour suprême des États-Unis vendredi, qui a débouté TikTok de son recours. Ce dimanche, la plateforme n’était ainsi plus visible sur les magasins d’applications d’Apple et Google aux États-Unis.

Un décret lundi

Le message sur lequel tombent les utilisateurs du réseau social chinois aux États-Unis précisait néanmoins : «Nous avons la chance que le président Trump ait indiqué qu’il travaillerait avec nous sur une solution pour rétablir TikTok une fois qu’il aura pris ses fonctions. Restez à l’écoute !» Et cela n’a pas traîné. Ce dimanche, Donald Trump a annoncé son intention de prendre un décret une fois investi, ce lundi, pour suspendre la loi interdisant l’application chinoise, et proposé que le réseau social soit contrôlé à 50% par des actionnaires américains. «Je demande aux entreprises de ne pas laisser TikTok dans le noir !», a exhorté le président élu sur son réseau Truth Social. Celui-ci encourageant fournisseurs d’internet et boutiques d’application à rétablir immédiatement l’accès à TikTok, promettant que son décret les protégerait rétroactivement contre d’éventuelles sanctions.

Depuis vendredi, TikTok avait exhorté le gouvernement Biden à envoyer un signal clair aux fournisseurs d’internet et gestionnaires de boutiques d’applications pour les dissuader de suspendre téléchargements et mises à jour. Mais vendredi, la Maison Blanche avait estimé que «l’application de la loi (devait) revenir au prochain gouvernement, qui prendra ses fonctions lundi», selon une déclaration de la porte-parole Karine Jean-Pierre. Ce texte avait été voté par le Congrès à une large majorité en avril 2024, contraignant la maison mère chinoise ByteDance à vendre TikTok sous peine d’interdiction. Samedi, Donald Trump avait déjà déclaré à la chaîne NBC qu’il étudierait de près le dossier une fois investi, lundi, et qu’un «report de 90 jours (serait) probablement décrété».

Une «manœuvre» de TikTok, selon l’administration Biden

La loi imposait uniquement, en théorie, aux prestataires de bloquer téléchargements et mises à jour de TikTok dans la nuit de samedi à dimanche à partir de minuit (dimanche à 5h GMT), sous peine de très lourdes amendes. Karine Jean-Pierre a qualifié les dernières déclarations de TikTok de «manœuvre». «Nous ne voyons pas de raison pour TikTok ou d’autres sociétés d’agir avant la prise de fonction du gouvernement Trump, lundi».

Saisie par TikTok en dernier recours, la Cour suprême américaine avait refusé vendredi, à l’unanimité, de suspendre la loi. Les neuf hauts magistrats ont estimé que les inquiétudes du Congrès «en matière de sécurité nationale» étaient «bien fondées». Les élus américains avaient justifié le vote de la loi par la nécessité d’empêcher les autorités chinoises d’accéder aux données d’utilisateurs américains ou de manipuler l’opinion aux États-Unis.

Mais si la plateforme faisait l’objet d’une franche hostilité de la part de beaucoup d’élus américains il y a un an, le vent a tourné depuis et un consensus politique s’est dégagé ces derniers jours, favorable à la préservation de TikTok. Le report de l’entrée en vigueur de la loi, prévue par le texte voté au Congrès, n’est théoriquement possible que si des éléments tangibles rendent une vente crédible. Or, jusqu’ici, ByteDance a toujours officiellement refusé de céder son joyau, même si plusieurs investisseurs se sont manifestés.

Des «réfugiés» de TikTok sur YouTube

L’homme d’affaires Frank McCourt est ainsi prêt à mettre 20 milliards de dollars sur la table avec d’autres partenaires, pour les activités américaines de l’application, sans son puissant algorithme. Samedi, la start-up d’intelligence artificielle (IA) Perplexity AI a soumis à ByteDance une proposition de fusion avec la filiale américaine de TikTok, a fait savoir à l’AFP une source proche du dossier, qui valoriserait le réseau social au moins 50 milliards de dollars.

Donald Trump a évoqué TikTok lors d’une conversation téléphonique vendredi avec le président chinois, Xi Jinping. Et le patron du réseau social, Shou Chew, fait partie des invités d’honneur pour sa cérémonie d’investiture lundi. Outre TikTok, ont été mises hors ligne toutes les applications de ByteDance aux États-Unis, notamment un autre réseau social, Lemon8, sur lequel avaient migré des tiktokeurs aux abois.

Quelques minutes seulement après la suspension de la célèbre plateforme, plusieurs créateurs de contenu ont mis en ligne des vidéos sur YouTube pour souhaiter la bienvenue aux «réfugiés» de TikTok. «Je vous remercie de m’avoir suivi sur YouTube», a lancé la vedette de la presse à sensation Perez Hilton, qui compte près de 470 000 abonnés sur le site de vidéos, filiale de Google. D’autres faisaient part de leur stupéfaction et de leur tristesse de voir leur application favorite disparaître d’internet, temporairement peut-être.

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