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Hausse des arrivées touristiques
Sydney Pierre : «Stimuler la demande, mais surtout renforcer l’attractivité globale de Maurice»
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Hausse des arrivées touristiques
Sydney Pierre : «Stimuler la demande, mais surtout renforcer l’attractivité globale de Maurice»
Pour la période de janvier à juillet 2025, les arrivées touristiques ont augmenté de 3,3 % (+25 342), de 10,2 % (+11 982) rien que pour le mois de juillet 2025. Nous avons sollicité le ministre délégué au Tourisme pour ses observations et son analyse de la situation par rapport à juillet 2024.
«Si nous avons connu un premier trimestre timide, ces mêmes clients qui ne sont pas venus au premier trimestre se sont reportés sur le second», explique le ministre délégué au Tourisme, Sydney Pierre. La hausse de 25 342 arrivées pour janvier à juillet 2025, ajoute-t-il, est encore plus significative si l’on analyse les chiffres depuis avril. Les reports de la haute saison vers la basse saison ne sont pas forcément une bonne chose, mais il affirme que les revenus sont en hausse.En juillet 2025, par rapport à juillet 2024, le nombre d’arrivées touristiques a augmenté de 10,2 % (+11 982), passant de 117 224 à 129 206. Les arrivées par voie aérienne ont progressé de 10,2 % (+11 925), passant de 116 907 à 128 832, tandis que celles par voie maritime ont, elles aussi, augmenté de 18,0 % passant de 317 à 374. Sydney Pierre explique qu’il faut «se méfier des analyses basées sur des pourcentages élevés provenant d’un faible échantillon et ne pas tirer de conclusions hâtives sans une bonne compréhension des chiffres, de l’industrie et de sa dynamique».
Les principaux marchés ont évolué différemment de janvier à juillet 2025, par rapport aux mêmes mois en 2024. Les arrivées touristiques ont augmenté pour plusieurs marchés : Royaume-Uni, de 82 331 à 84 992 arrivées (+ 3,2 %) ; La Réunion, de 81 105 à 84 383 (+4,0 %) ; Afrique du Sud, de 54 776 à 58 786 (+7,3 %) ; Inde, de 33 886 à 44 559 (+31,5 %) ; Suisse, de 17 433 à 17 437 ( 0,0 %) ; Italie, de 14 235 à 16 971(+19,2 %). En revanche, certaines destinations ont connu un recul : France, de 182 782 à 179 528 (-1,8 %) ; et Allemagne, de 68 686 à 61 062 (-11,1 %). En juillet, les marchés français et allemand se rattrapent : la France, de 26 647 à 27 731 arrivées (4,1 %) ; et l’Allemagne, de 6 974 à 7 945 arrivées (13,9 %).
Toutefois, rappelle Sydney Pierre, si le marché primaire reste le principal moteur des chiffres, le marché secondaire ne doit pas être négligé, enchaînant avec ses performances de janvier à juillet 2025 : République tchèque, de 9 266 à 11 764 arrivées (27,0 %) ; Autriche, de 10 120 à 10 451 (3,3 %) ; Émirats arabes unis, de 7 750 à 8 221 (+6,1 %) ; Espagne, de 6 917 à 8 062 (+16,6 %) ; Pays-Bas, de 6 073 à 6 724 (+10,7 %). En revanche, ce marché a enregistré un recul : Russie, de 20 395 à 17 784 (-12,8 %) ; Arabie saoudite, de 15 090 à 14 249 (-5,6 %) ; et Belgique, de 9 666 à 9 206 (-4,8 %).
Engager des réformes
Du développement du marché touristique, le ministre délégué dira que cela dépend de plusieurs facteurs : «On développe un marché grâce à la connectivité aérienne directe, à l’instar de trois vols par semaine, et à la promotion de la compagnie aérienne, idéalement dans le pays de provenance.» Les vols directs constituent le dénominateur commun de tous les marchés touristiques. Par exemple, le marché chinois, bien que relativement petit pour Maurice, permettrait de bénéficier de facto de la connectivité avec l’Asie du Sud-Est grâce au lien Maurice-Chine. Il évoque également l’augmentation de la capacité des vols d’Angleterre, la progression – voire le report – des marchés allemand et italien, grâce à la compagnie ITA, qui propose des vols directs depuis décembre. Pour Sydney Pierre, cela ne fait aucun doute : «Les vols directs sur une destination stimulent la demande.»
Selon la Banque de Maurice, les recettes touristiques pour le mois de juin 2025 se sont élevées à Rs 6,956 milliards, contre Rs 5,525 milliards en juin 2024, soit une hausse de 25,9 % (+Rs 1,431 milliard). Pour la période de janvier à juin 2025, les recettes touristiques ont progressé de 6,8 % (+Rs 2,998 milliards), passant de Rs 44,402 milliards à Rs 47,400 milliards. Sur la période janvier-juillet 2025, elles atteignent Rs 53,8 milliards, contre Rs 51,296 milliards pour la même période en 2024.
Même si les signaux sont au vert, Sydney Pierre souligne néanmoins la nécessité d’engager des réformes, rappelant qu’il s’agit d’un marché dynamique. Il explique que parmi les facteurs d’influence, positifs ou négatifs, figurent la concurrence et le rôle des tour-opérateurs. Il faut analyser la progression des autres destinations et pas uniquement de Maurice. «Il est important d’analyser si les autres destinations connaissent la même tendance», ajoute-t-il.
Questionné à propos des projections, Sydney Pierre partage l’une de ses méthodologies : l’analyse du Forward Booking Survey, obtenue de l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice, où il compare les données avec celles de la même période l’an dernier, lui permettant d’anticiper les mois à venir et de définir ainsi la stratégie marketing. «Il est nécessaire d’avoir un équilibre entre l’offre aérienne et la capacité hôtelière.» Avant d’ajouter : «Les chiffres montrent que le secteur se porte très bien.» Il précise que le taux d’occupation moyen, calculé à partir des réservations déjà effectuées, pour la période du 1er au 31 août atteint 75 %, soit 5 points de plus qu’en 2024, une progression jugée significative. Pour septembre, les réservations annoncent un taux d’occupation prévisionnel de 67 %, en hausse de 2 points par rapport à l’an dernier.
Le rôle du ministère, ajoute Sydney Pierre, consiste à influencer l’attractivité de la destination à travers le marketing, l’agressivité commerciale et l’innovation. Il s’attarde sur la nécessité d’être à l’écoute de tous les partenaires de l’industrie et d’innover en diversifiant l’offre et en renforçant la valeur ajoutée. «L’objectif est non seulement de stimuler la demande, mais surtout de travailler sur l’attractivité globale de Maurice.» Selon lui, la valeur ajoutée se mesure à ce que cela apporte au pays et il est essentiel d’accompagner à la fois l’amélioration de l’expérience client et celle des promoteurs touristiques. Sydney Pierre conclut en annonçant qu’un blueprint de l’industrie touristique est en préparation, posant ainsi les bases pour les décennies à venir.
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