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Chagos

«Surveiller, protéger et développer»

9 août 2025, 15:00

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«Surveiller, protéger et développer»

Lors de sa conférence de presse du jeudi 7 août, le Deputy Prime Minister, Paul Bérenger, a réaffirmé la volonté du gouvernement de renforcer la protection et le développement de l’archipel des Chagos. «Nous devons être fiers du travail accompli pour regagner notre souveraineté sur ces îles, mais une tâche immense nous attend pour protéger ce territoire», a-t-il déclaré.

Une réunion de travail s’est tenue avec le Premier ministre et plusieurs responsables afin de discuter des projets à mettre en œuvre sur place. Parmi les priorités : se doter de moyens maritimes et aériens, en partenariat avec des alliés étrangers, pour assurer la surveillance et le développement de l’archipel. «Nou ti ena pou devlop Sagos, nou pena bon bato», a-t-il lancé, soulignant le manque criant de logistique pour accéder à la zone.

Le gouvernement prévoit la création d’une aire marine protégée autour des îles Chagos, financée avec les moyens nationaux et l’appui de partenaires étrangers. Concernant la pêche, notamment celle du thon, Paul Bérenger a dénoncé le fait que des navires étrangers, mieux équipés, exploitent actuellement ces ressources dans nos eaux. «Notre potentiel sur le marché du thon est énorme, mais nous n’avons pas les bateaux pour en profiter», a-t-il déploré, tout en affirmant que ce projet sera mené avec les Chagossiens, contrairement à l’approche du précédent gouvernement.

Une étude confirme l’efficacité des aires marines protégées géantes

Parallèlement, une étude publiée dans le Journal of Applied Ecology met en lumière l’efficacité des Very Large Marine Protected Areas (VLMPA) dans la sauvegarde d’espèces marines mobiles. Elle s’est intéressée au cas de l’aire marine protégée de l’archipel des Chagos qui couvre 640 000 km². Menée entre 2015 et 2024, la recherche a suivi les déplacements de 257 oiseaux marins, 22 tortues imbriquées et 23 raies manta de récif. Les résultats sont frappants : plus de 95 % des mouvements de ces espèces se sont déroulés à l’intérieur de l’aire protégée. Les tortues se concentraient sur des bancs mésophotiques, les raies manta utilisaient des zones peu profondes autour des atolls, tandis que les oiseaux marins exploitaient à la fois les eaux côtières et pélagiques.

L’étude a également simulé des scénarios avec des aires marines plus petites. Une zone répondant au seuil minimal d’une VLMPA (100 000 km²) permettrait encore de protéger la quasi-totalité des raies manta (97 %) et des tortues (94 %), mais seulement 59 % des oiseaux marins, plus largement dispersés. Ces résultats confirment que l’ampleur des Chagos est cruciale pour englober des habitats et comportements variés. Outre la protection d’espèces menacées comme la tortue imbriquée ou la raie manta, la zone préserve des récifs coralliens parmi les plus intacts au monde et des écosystèmes pélagiques essentiels à de nombreux prédateurs marins. Les chercheurs soulignent aussi l’importance de ces vastes aires face aux menaces cumulées – pêche industrielle, capture accidentelle, changements climatiques – qui touchent les espèces migratrices au-delà des frontières nationales.

Si des aires plus petites peuvent être utiles pour protéger des espèces à faible mobilité, l’étude démontre que seules des VLMPA bien gérées peuvent offrir un refuge suffisant à des communautés aussi diverses. Ces conclusions renforcent l’intérêt des VLMPA dans l’atteinte des objectifs mondiaux de conservation marine, comme la protection de 30 % des océans d’ici 2030.

ewrtr.jpg ■ Espèces de mégafaune marine suivies dans l’aire marine protégée (AMP) de l’archipel des Chagos, qui fait partie d’un réseau mondial de VLMPA.

• (a) Carte mondiale des VLMPA déjà mises en œuvre et protégées à plus de 60 %, mises en œuvre mais protégées à moins de 60 % et désignées mais sans protection effective (0 %), avec le site d’étude indiqué par une flèche noire.

• (b) Localisation des déploiements de balises dans l’AMP des Chagos.

• (c) Raie manta de récif photographiée avant la pose de la balise afin d’identifier le motif unique de taches ventrales. (photo : Simon Hilbourne, Manta Trust)

• (d) Fou à pieds rouges en période de reproduction, équipé d’un enregistreur GPS dissimulé sous les plumes de la queue. (photo : auteurs)

• (e) Tortue imbriquée munie d’une balise Fastloc-GPS Argos après la ponte. (photo : auteurs)

Sur le panneau (b), la forme des points varie selon la classe d’espèce. Lorsque plusieurs espèces ont été suivies sur un même site, les points sont reliés à l’emplacement de déploiement par des lignes colorées. Les zones de moins de 100 m de profondeur apparaissent en gris et les îles en noir plein.

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