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Crise de l’eau
Sunil Dowarkasing : «Tous les droits d’eau doivent être suspendus»
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Crise de l’eau
Sunil Dowarkasing : «Tous les droits d’eau doivent être suspendus»
■ Sunil Dowarkasing réclame la priorité aux ménages.
Face aux difficultés d’approvisionnement en eau que connaissent plusieurs régions de l’île, Sunil Dowarkasing, consultant en environnement et ancien stratège de Greenpeace, réclame des mesures immédiates pour donner la priorité aux ménages. Il préconise notamment la suspension temporaire des droits d’eau agricoles, la mobilisation des forages existants et une révision globale de la gestion de l’eau. Selon lui, cette situation d’urgence révèle aussi des lacunes structurelles, qui appellent une réponse à long terme.
Priorité à l’approvisionnement domestique
Pour Sunil Dowarkasing, la priorité absolue est de garantir l’accès à l’eau à tous les ménages de l’île. Une part importante de l’eau disponible étant destinée à l’irrigation et aux activités agricoles, il estime qu’il faut en réévaluer sans délai l’utilisation. Il propose ainsi de mobiliser les forages agricoles, notamment dans la région de Mare-aux Vacoas, pour alimenter le réseau de distribution destiné aux ménages, lorsque cela est techniquement possible.
L’expert recommande également de suspendre immédiatement les droits d’eau accordés aux exploitations agricoles et à l’industrie sucrière. Il soutient : «Tous les droits d’eau doivent être suspendus.» En période d’urgence, estime-t-il, les besoins des ménages doivent primer. Il précise toutefois que cette mesure ne revient pas à priver l’agriculture de toute ressource. Il s’agit plutôt, selon lui, de trouver d’autres moyens de répondre à ses besoins.
Mare-aux-Vacoas au cœur des difficultés
Les problèmes d’approvisionnement sont parfois présentés comme concentrés dans l’Est, l’Ouest et le Nord. Sunil Dowarkasing souligne pourtant que d’autres régions sont également touchées. Il cite notamment Plaines-Wil- hems, où il réside. Il indique aussi que plusieurs secteurs du Centre et du Sud pourraient être affectés par les difficultés du réseau alimenté par Mare-aux-Vacoas.
Selon lui, il ne suffit pas d’examiner le niveau du réservoir. C’est l’ensemble du système qui l’alimente et qui distribue son eau qu’il faut examiner. À moyen et à long terme, il juge indispensable d’évaluer l’efficacité des canaux d’amenée, leur capacité à acheminer suffisamment d’eau jusqu’au réservoir, ainsi que les prélèvements effectués en aval.
Des pertes considérables dans le réseau
Pour l’expert, la crise actuelle met en lumière un problème plus profond : une planification et une gestion insuffisantes des ressources en eau. Il déplore notamment les pertes dans le réseau de distribution, qu’il estime à environ 60 %. Évoquant les infrastructures vieillissantes qui continuent d’être utilisées, il fait valoir : «Cela n’a pas de sens.» Il plaide dès lors pour une approche globale, intégrant forages, réservoirs, canaux d’amenée et réseaux de distribution. À ses yeux, cette approche doit remplacer des interventions limitées aux périodes de pénurie.
Une nouvelle autorité ne suffira pas
Quant à la proposition de créer une nouvelle Water Authority, Sunil Dowarkasing estime qu’une structure supplémentaire n’est pas nécessairement la solution. Il préconise plutôt de renforcer les moyens et les capacités de la Central Water Authority et de la Water Resources Commission. Il appelle en parallèle à définir une vision claire et un plan d’action concret.
Il rappelle que le précédent master plan de l’eau couvrait la période 2012- 2025. Selon lui, son actualisation ne suffira pas si les mesures prévues ne sont pas effectivement mises en œuvre.
Enfin, il se montre sceptique à l’égard du dessalement de l’eau de mer, qu’il ne considère pas comme une priorité pour Maurice. Le pays doit d’abord, selon lui, mieux gérer ses ressources en eau douce, notamment les volumes qui se déversent en mer, et réduire les pertes existantes.
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