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Stéphane Adam : «Les documents ont parfois meilleure mémoire que ceux qui prennent la parole

2 novembre 2026, 17:00

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Stéphane Adam : «Les documents ont parfois meilleure mémoire que ceux qui prennent la parole

Stéphane Adam, directeur de Menlo Park.

Dans une mise en demeure, Menlo Park réclame 19,5 millions de dollars à la Banque de Maurice. La société impute ses pertes commerciales et d’investissement aux interventions de l’institution et aux déclarations de son ancien gouverneur, Rama Sithanen. Stéphane Adam détaille ses griefs, affirme disposer de documents et annonce une action en justice si aucun accord n’est trouvé.

Menlo Park réclame 19,5 millions de dollars à la Banque de Maurice. Quel est, selon vous, le fondement précis de cette réclamation et comment ce montant a-t-il été calculé ?

Notre réclamation porte sur la destruction de valeur de Menlo Park, les pertes commerciales et d’investissement, ainsi que sur l’atteinte à sa réputation, que nous attribuons aux interventions de la Banque de Maurice et aux déclarations de son ancien gouverneur. Lors de l’entrée de la la Mauritius Investment Corporation (MIC) au capital, Menlo Park était valorisée à plusieurs millions de dollars. Avec l’appui financier et technique de Microsoft, avec qui nous avions noué un partenariat quelques années auparavant, Menlo Park possédait environ 60 millions de profils de données couvrant l’Afrique et le Moyen-Orient. Notre société holding exerce ses opérations depuis Dubaï.

Nous avions des discussions commerciales avancées avec Mastercard au MoyenOrient, Coca-Cola en Afrique, L’Oréal en Afrique de l’Est et Unilever, ainsi que des partenariats avec Uber au Kenya et en Afrique du Sud. Un contrat de plusieurs millions de dollars a ensuite été résilié, des discussions portant sur un investissement important ont été interrompues et plusieurs clients ont renoncé à renouveler leur collaboration.

Le montant de 19,5 millions de dollars a été établi avec le concours de notre équipe de conseillers financiers. Nous en présenterons la méthodologie de calcul et le détail le moment venu.

Vous mettez directement en cause des actes et décisions intervenus sous l’ancien gouverneur Rama Sithanen. Pourquoi estimezvous que la Banque de Maurice doit aujourd’hui répondre de ces faits ?

Parce que les faits que nous dénonçons concernent l’exercice de ses fonctions de gouverneur, avec l’autorité et les moyens de la Banque de Maurice. Nous mettons en cause des courriers officiels, des autorisations et des déclarations publiques faites en cette qualité, et non de simples prises de position privées.

Notre réclamation porte également sur des actes propres à la Banque de Maurice. Elle ne repose donc pas uniquement sur les actions et déclarations de Rama Sithanen.

Ces actes engagent la responsabilité de l’institution, et le départ de son gouverneur ne l’efface pas.

Nous estimons que le blocage de nos comptes, les interventions et directives de la Banque de Maurice et les accusations publiques formulées par son gouverneur avec l’appui de l’institution à l’époque ont gravement compromis notre activité.

Votre mise en demeure fait également référence à la MIC et à son fonctionnement. Considérez-vous que les engagements pris envers Menlo Park ont été remis en cause en violation des règles de gouvernance de cette institution ?

Oui. (…) Un gouverneur ne peut pas décider seul des nominations, des interventions et des poursuites comme si ces deux institutions se confondaient.

Notre mise en demeure évoque la MIC parce que nous estimons qu’elle a agi sous les directives de la Banque de Maurice. Nous visons aujourd’hui la responsabilité de la Banque de Maurice ; les responsabilités propres à la MIC feront l’objet d’une démarche distincte.

La Banque de Maurice et les personnes concernées pourraient contester fermement vos allégations. Disposez-vous de documents ou d’éléments matériels susceptibles d’étayer publiquement votre version des faits ?

C’est leur droit. Notre principe est simple : prouver ce que nous avançons. Nos griefs reposent sur des documents, des enregistrements et des témoignages.

Un exemple concret : le 7 décembre 2024, Rama Sithanen a affirmé qu’une partie des fonds avait quitté Maurice. Nous contestons cette affirmation et disposons d’un courriel de la MCB confirmant qu’aucun transfert vers l’étranger n’a été effectué.

Nous réservons aussi quelques surprises à nos contradicteurs. Disons simplement que les documents ont parfois meilleure mémoire que ceux qui prennent la parole.

Cette mise en demeure marque-telle le début d’une procédure judiciaire si aucun accord n’est trouvé, et Menlo Park est-elle prête à rendre publics d’autres éléments concernant ce différend ?

Certainement, c’était prévu. À défaut d’accord, nous engagerons les procédures judiciaires appropriées, dans le respect des formalités et des délais applicables.

Nous rendrons également publics, au moment approprié et dans le respect de la procédure, des éléments destinés à démontrer le caractère mensonger de plusieurs déclarations que nous estimons avoir été faites de mauvaise foi.

Cela prendra le temps qu’il faudra. Notre détermination reste entière : faire établir la vérité et obtenir réparation. Et surtout, nous ne baisserons pas les bras.

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