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Affaire Ravatomanga
Sous serment, l’homme d’affaires se réserve le droit d’engager des actions légales contre l’État
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Affaire Ravatomanga
Sous serment, l’homme d’affaires se réserve le droit d’engager des actions légales contre l’État
L’homme d’affaires malgache Mamy Ravatomanga (photo) a comparu mercredi devant la Cour suprême, en chambre, dans le cadre d’une procédure d’entraide judiciaire sollicitée par les autorités malgaches. Il a juré un affidavit dans lequel il répond aux questions qui lui ont été adressées. Selon son avocat, Mᵉ Khushal Lobine, il conteste plusieurs éléments et se réserve le droit d’engager des actions légales contre l’État, certaines personnes et des autorités qu’il estime lui avoir porté préjudice, afin de défendre son honneur et sa réputation.
Cette comparution d’hier de Mamy Ravatomanga se situe dans le cadre d’une procédure de Mutual Legal Assistance (MLA) initiée à la demande des autorités malgaches. L’audience s’est tenue en privé.
À l’issue de cette comparution, Me Lobine a expliqué qu’il s’agit du début d’un processus d’entraide judiciaire passant par l’Attorney General’s Office. Les autorités malgaches ont transmis une série de questions auxquelles Mamy Ravatomanga devait répondre.
L’homme d’affaires a ainsi rédigé et juré un affidavit contenant ses réponses. Selon son avocat, il a également confirmé hier et sous serment devant le Master and Registrar les éléments contenus dans cet affidavit.
La prochaine étape est prévue le 26 octobre à 10 h 30. L’Attorney General’s Office devra alors faire connaître sa position concernant les réponses fournies par Mamy Ravatomanga.
Selon Mᵉ Lobine, les questions transmises par les autorités malgaches couvrent plusieurs volets et portent notamment sur des éléments liés aux accusations provisoires auxquelles son client fait face à Maurice.
L’avocat affirme que plusieurs réponses contenues dans l’affidavit reprennent des éléments que Mamy Ravatomanga avait déjà communiqués aux autorités depuis son arrivée à Maurice. Il évoque notamment des «fabrications de preuves» et des allégations que son client conteste. Mais la défense ne compte pas s’arrêter là. Mᵉ Lobine affirme que Mamy Ravatomanga se réserve le droit de se manifester, «en temps et lieu», avec des actions légales contre l’État, certaines personnes et des autorités qu’il estime responsables d’un préjudice à son encontre. «Il va laver son honneur et sa réputation», a déclaré l’avocat.
Mᵉ Lobine insiste également sur le profil d’investisseur de son client. Il affirme que Mamy Ravatomanga est venu à Maurice parce qu’il croyait en la juridiction mauricienne et souhaitait investir dans l’économie du pays.
Selon lui, l’homme d’affaires a travaillé et investi à Maurice pendant environ 30 ans, notamment dans le secteur bancaire. Pour la défense, cet élément est important dans la manière dont Mamy Ravatomanga entend désormais présenter sa situation et défendre son image.
Cette nouvelle procédure intervient alors que Mamy Ravatomanga est détenu à la prison de Melrose depuis son arrestation par la Financial Crimes Commission, le 24 octobre 2025. Il fait face à deux accusations provisoires de blanchiment d’argent ainsi qu’à une accusation d’entente délictueuse liée à un présumé trafic d’influence. Des accusations contestées par la défense.
En parallèle, Mamy Ravatomanga est concerné par plusieurs procédures à Madagascar, notamment dans le dossier portant sur la vente de cinq Boeing 777. Les investigations malgaches ont donné lieu à une coopération judiciaire avec les autorités mauriciennes.
La comparution d’hier s’inscrit donc dans ce volet international du dossier. Il ne s’agissait pas d’un procès sur le fond, mais d’une étape du mécanisme d’entraide judiciaire permettant aux autorités malgaches d’obtenir des réponses de Mamy Ravatomanga par l’intermédiaire des autorités mauriciennes.
Dans le volet mauricien du dossier, une autre échéance est également attendue. La Bail and Remand Court doit rendre sa décision concernant la nouvelle demande de libération de l’homme d’affaires.
En attendant, la défense affiche clairement sa stratégie : répondre aux questions des autorités malgaches sous serment, contester les éléments qu’elle considère comme infondés et, si nécessaire, engager par la suite les actions légales jugées appropriées pour défendre le nom et la réputation de Mamy Ravatomanga.
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