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Journée internationale de la langue maternelle

Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker : «Kreol bizin rant dan Parlman»

22 février 2025, 07:00

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Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker : «Kreol bizin rant dan Parlman»

San kas kontour. Shirin Aumeeruddy-Cziffra, speaker de l’Assemblée nationale, s’est exprimée clairement: «Kreol bizin rant dan Parlman.» C’est ce qu’elle a affirmé hier, à l’université de Maurice, où elle était l’invitée d’honneur d’ateliers de travail organisés par la Creole Speaking Uniondans le cadre de la journée internationale de la langue maternelle.

La speaker a pris le temps de justifier pourquoi le kreol doit faire son entrée officielle au Parlement. Rappelant son passé de femme politique qui a «commencé en 1976», elle a rapporté avoir essuyé des reproches d’électeurs déplorant «kan vinn dimann vot, zot koz kreol ar nou. Mais au Parlement, vous parlez une langue que nous ne maîtrisons pas bien. Le Parlement, c’est la maison du peuple. Enn zourne mo tann zot koz demokrasi laba. Me ki vedir demokrasi? La démocratie veut dire le peuple.Lepep-la bizin konpran ki pe pase».

Cependant, Shirin Aumeeruddy-Cziffra a tenu à mettre en garde l’assistance. Prenant la précaution de préciser que l’introduction officielle du kreol au Parlement «pa ve dir pe vinn tir angle, franse». Elle a pris énergiquement position en faveur du multilinguisme. «Notre combat, c’est que cette langue maternelle obtienne sa juste place dans un contexte multilingue.»

Autre avertissement de la speaker : «Pa krwar dan Parlman zot pou kapav vini, koz brit-brit ninport ki kreol.» Elle a plaidé pour que ce soit du kreol «assez sophistiqué, assez correct» et non pas «basilectal» qui sera éventuellement utilisé dans l’Hémicycle. En linguistique, la variété basilectale est définie comme celle qui est «la plus éloignée de la langue standard dans une communauté donnée». Elle a maintenu qu’il ne fallait pas croire que «lang kreol inn fer pou zoure. C’est une langue pour exprimer ses émotions, ses idées de manière ordonnée».

Les Standing Orders stipulent qu’il faut s’adresser au speaker en anglais, mais que l’on peut aussi utiliser le français. «Les lois ne tombent pas du ciel. Nou mem ki fer lalwa», a indiqué la speaker. Avant d’ajouter que l’un des comités au Parlement est celui qui planche sur les Standing Orders. «En temps et lieu, quand des décisions seront prises, il y aura des points à finaliser.»

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«Speech to text» : l’objectif des 600 000 mots dépassé

Promoting Institutional Democracy through Language Access in Kreol Repiblik Moris and Digital Innovation est un projet financé par la Higher Education Commission. Dans le cadre de ce projet, Christina Chan Meetoo, responsable du sous-comité Informasion ek formasion, a fait le point sur l’enregistrement des voix audio servant à entraîner l’intelligence artificielle (IA) et les algorithmes utilisés pour élaborer la technologie speech to text. Cette IA pourra à terme reconnaître les mots en kreol et les transcrire automatiquement. «L’objectif était d’enregistrer 600 000 mots avec des voix féminines et masculines. Mais aussi, différentes fréquences de voix, vitesses d’élocution, inflexions, accents, etc. Nous avons dépassé l’objectif fixé et avons atteint 794 587 mots.»

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Constitution en «kreol» : traduction finalisée

Le processus de traduction de la Constitution est désormais complet. Une traduction partielle de cinq chapitres avait été rendue publique en septembre 2024. Hier, une copie de la traduction intégrale a notamment été remise à la speaker, ainsi qu’à Rajen Narsinghen, junior minister aux Affaires étrangères, qui était présent à l’université de Maurice. Cette traduction est un document de travail «qui n’a pas de validation juridique, uniquement la validation linguistique», a précisé Yani Mauree, chargée de cours à l’université de Maurice. Après avoir exprimé son appréciation pour «enn travay bien fer», Rajen Narsinghen a invité l’équipe de traduction dirigée par Arnaud Carpooran à chercher l’avis de constitutionnalistes. En guise d’exemple, il a expliqué que dans la Constitution, le terme anglais «shall» signifie «obligatoire. Mais dans la traduction en kreol, cet élément n’est pas précisé». Il a aussi émis des réserves au sujet de l’utilisation du terme «proteze Britanik», estimant, en tant que juriste, que «sou proteksion britanik» pourrait être plus approprié. Sur un plan personnel, il s’est dit en faveur d’une introduction «par phase» du kreol au Parlement. Le junior minister a profité de la tribune pour aborder la question des salaires et des conditions d’emplois des chargés de cours. Selon lui, «le traitement accordé aux éducateurs, à commencer par les professeurs d’université, est indécent». Il a indiqué que le temps venu, il déposera devant le Pay Research Bureau pour contribuer à l’amélioration des salaires et des conditions des enseignants à l’université de Maurice. «Pa lakoz seki liniversite inn fer mwa, zordi mo bizin kraz liniversite. Je ne suis pas rancunier.»

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