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Protection des données

Seules 23 000 entreprises enregistrées sur 60 000

30 octobre 2026, 18:00

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Seules 23 000 entreprises enregistrées sur 60 000

■ (De g. à dr.) La «Data Protection Commissioner», Drudeisha Madhub, le ministre des Technologies de l’information, Avinash Ramtohul, et la gouverneure de la Banque de Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor. (Photo : © Beekash Roopun)

Le lancement du Guide on Data Protection in the Mauritian Financial Sector, hier à Ébène, a été l’occasion pour le ministre des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, Avinash Ramtohul, de détailler plusieurs chantiers visant à renforcer la protection des données personnelles, la conformité réglementaire et la cybersécurité. Cette initiative s’inscrit dans les efforts de Maurice pour accompagner la transformation numérique de son économie et consolider la confiance dans sa place financière.

Organisée par le ministère des Technologies de l’information, de la communication et de l’innovation, en collaboration avec le Data Protection Office, la cérémonie s’est déroulée en présence de la Data Protection Commissioner, Drudeisha Madhub, et de la gouverneure de la Banque de Maurice, Priscilla Muthoora Thakoor. Le guide vise à accompagner les institutions financières dans le traitement des données personnelles et dans le respect des obligations prévues par la Data Protection Act 2017.

Avinash Ramtohul a insisté sur la nécessité de faire évoluer les pratiques des entreprises, au-delà de la seule conformité administrative. Il a déploré que, sur quelque 60 000 sociétés censées être enregistrées en tant que responsables du traitement, sous-traitants ou collecteurs de données, seules 23 000 l’aient fait, soit moins de la moitié.

Au-delà du faible taux d’enregistrement des entreprises, Avinash Ramtohul estime nécessaire de renforcer les compétences des Data Protection Officers (DPO), chargés de veiller au respect des règles de protection des données au sein des organisations. Des formations spécifiques seront organisées par le bureau de la Data Protection Commissioner, tandis que des critères de qualification et des examens de certification sont prévus.

L’objectif est de donner davantage de substance à cette fonction et de s’assurer que les responsables disposent des connaissances nécessaires pour accompagner les entreprises dans la gestion des risques liés aux données personnelles. Le ministre a évoqué dans le même souffle les efforts engagés pour combler les lacunes de la législation mauricienne et progresser vers une meilleure conformité aux exigences européennes.

Vers une identification simplifiée

La simplification des procédures de vérification de l’identité des clients, connues sous le nom de Know Your Customer, constitue un autre axe de cette transformation. Le gouvernement entend s’appuyer sur le Citizen Data Hub, issu de la base centrale de données de la population, pour faciliter ces démarches.

Ce dispositif pourrait servir de référence aux banques, aux prestataires de services non bancaires, aux fournisseurs de services publics et aux acteurs privés de la santé. Son utilisation permettrait de fluidifier certaines procédures tout en améliorant la fiabilité des vérifications d’identité.

Pour Avinash Ramtohul, les données publiques représentent également un potentiel économique encore insuffisamment exploité. Leur utilisation pourrait contribuer à améliorer les opérations des entreprises et à stimuler l’innovation ainsi que l’entrepreneuriat technologique. Leur exploitation devra toutefois s’inscrire dans le respect des règles applicables à la protection des informations personnelles.

Le ministre a souligné les complémentarités entre les services financiers, qui contribuent à hauteur d’environ 13 à 14 % du PIB, et les technologies de l’information, dont la contribution est estimée entre 5 et 6 %. La FinTech apparaît ainsi comme un levier de développement commun aux deux secteurs, à condition que les infrastructures numériques et les dispositifs de protection des données inspirent suffisamment confiance.

La protection des données ne constitue qu’un volet des chantiers annoncés. Le gouvernement prévoit également de revoir la Cybersecurity and Cybercrime Act 2021 et envisage la création d’une Cybersecurity Agency. Celle-ci aurait vocation à travailler avec les institutions concernées, notamment la Financial Crimes Commission et la Banque de Maurice, afin de renforcer la prévention et la lutte contre les cybermenaces et les fraudes financières.

Les infrastructures critiques seraient également concernées par des exigences de sécurité renforcées. Parmi les secteurs cités figurent les banques, les compagnies d’assurance, les ports, l’aéroport et les médias audiovisuels nationaux. Le dispositif envisagé comprendrait des audits obligatoires réalisés par des auditeurs agréés.

Pour la place financière mauricienne, ces différents chantiers touchent à un enjeu essentiel : la confiance. La capacité des institutions à protéger les données, à prévenir les cyberattaques et à respecter les exigences réglementaires pèsera sur leurs relations avec les clients, les investisseurs et les partenaires internationaux.

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