Publicité
Exercice 2024-2025
Santé : progrès sous perfusion, mesures budgétaires en salle d’attente
Par
Partager cet article
Exercice 2024-2025
Santé : progrès sous perfusion, mesures budgétaires en salle d’attente
Photo d'illustration.
Le ministère de la Santé et du Bien-être a enregistré des avancées contrastées dans la mise en œuvre des mesures budgétaires pour la santé dans l’exercice 2024-25, selon le tableau IX de son rapport annuel de performance, qui fait le point sur l’exécution des engagements annoncés dans le Budget national. Ce tableau montre que si plusieurs mesures ont été entièrement ou partiellement mises en œuvre – notamment celles portant sur les travaux d’infrastructures, l’acquisition d’équipements médicaux et l’extension de certains services cliniques –, un nombre significatif demeure en cours ou accuse des retards. Ces lenteurs sont principalement attribuées à des blocages dans les procédures d’approvisionnement, des problèmes de disponibilité foncière, des contraintes de ressources humaines et des difficultés de coordination entre ministères et organismes d’exécution.
Les projets de modernisation des hôpitaux, de construction de nouvelles infrastructures et de décentralisation des services ont progressé à des rythmes variables, certains étant encore au stade de la conception ou d’appels d’offres à la fin de la période examinée. Les mesures de transformation numérique et de réformes administratives – gestion des dossiers médicaux et renforcement de l’administration hospitalière – étaient toujours déployées par phases, limitant leur impact immédiat sur la fluidité des parcours patients et l’efficacité des services.
Le tableau IX met également en évidence des faiblesses structurelles récurrentes, en particulier le manque de personnel spécialisé et la lenteur des services de soutien, qui continuent d’affecter les soins de première ligne. Ces constats font écho aux dysfonctionnements relevés récemment lors d’inspections ministérielles, tels que les retards à l’enregistrement, les problèmes logistiques internes et des conditions d’accueil jugées insuffisantes.
Dans l’ensemble, le tableau souligne un décalage persistant entre les intentions budgétaires et leur traduction opérationnelle, renforçant la nécessité d’une meilleure capacité d’exécution, d’une responsabilisation accrue et d’une coordination interinstitutionnelle plus efficace dans le secteur de la santé.
Un système qui progresse, mais reste sous tension

Dans un contexte plus large, le système de santé publique a enregistré des progrès en matière de prestation de soins, de contrôle des maladies et d’infrastructures dans l’exercice 2024-2025, tout en continuant de faire face à des difficultés chroniques liées aux pénuries de personnel, à la gestion des flux de patients, aux insuffisances infrastructurelles et aux lourdeurs administratives.
Le rapport fait état d’une hausse des dépenses publiques de santé, le budget atteignant Rs 17,2 milliards, pour une dépense de Rs 13 810 par habitant. Les établissements publics ont enregistré environ 9,5 millions de contacts avec les patients, dont 6,1 millions de consultations médicales et plus de 174 000 admissions hospitalières. L’espérance de vie à la naissance est passée à 73,8 ans en 2024, selon des données provisoires.
Des avancées cliniques notables ont été relevées, notamment dans les services rénaux, avec 229 461 séances d’hémodialyse et huit greffes de rein menées avec succès par des spécialistes étrangers. La prévention des infections s’est également améliorée, le score minimal de prévention et de contrôle des infections de l’Organisation mondiale de la santé passant de 62 % en 2023 à 79 % en 2024. La couverture des programmes de prévention du VIH chez les adolescents a progressé de 18 %.
Le rapport souligne par ailleurs des progrès significatifs dans la santé numérique, avec la création d’une Agence de la santé digitale chargée de superviser le projet e-santé, longtemps retardé. Des tests pilotes de systèmes électroniques de gestion des patients ont débuté en 2025, dans l’objectif de réduire les lourdeurs administratives et d’améliorer le suivi des patients, un problème régulièrement souligné lors des inspections hospitalières. Les investissements en infrastructures se sont poursuivis, avec la mise en service de nouveaux hôpitaux, d’unités de dialyse et de services spécialisés.
Toutefois, le rapport reconnaît des lacunes persistantes en logistique – accès physique, stationnement, espaces d’accueil des patients et organisation interne des établissements. Ces difficultés font écho aux problèmes récemment évoqués par le ministre de la Santé, Anil Bachoo, lors de visites sur le terrain, notamment les longs déplacements pour l’accès aux dossiers médicaux, l’absence d’abris pour les usagers des transports publics et la saturation des points d’enregistrement.
Les pénuries de ressources humaines demeurent l’un des principaux freins du système. Malgré le recrutement ou la promotion de près de 700 agents, les départs à la retraite et les démissions ont laissé plusieurs services clés en sous-effectif, en particulier en cardiologie, neurochirurgie, radiologie, services de laboratoire et gestion des dossiers médicaux. Le rapport établit un lien direct entre ces déficits, les retards de prise en charge, l’allongement des délais d’attente et la pression accrue sur le personnel de première ligne.
La coordination administrative et la gestion hospitalière sont également identifiées comme des chantiers prioritaires de réforme. Une organisation interne fragile, des procédures d’approvisionnement lentes et des équipements obsolètes continuent de peser sur l’efficacité du système et sur l’expérience des patients, notamment aux heures de forte affluence.
À plus long terme, le ministère considère l’élaboration d’un nouveau Plan stratégique du secteur de la santé pour 2026-2030 comme une priorité, avec un accent mis sur la planification des ressources humaines, le renforcement des soins de santé primaires, une meilleure gouvernance hospitalière et des services davantage centrés sur le patient.
Dans son ensemble, le rapport dresse le portrait d’un système de santé en transition, affichant des progrès cliniques mesurables, mais toujours contraint par des faiblesses structurelles et managériales qui continuent d’affecter la prise en charge quotidienne des patients.
Publicité
Publicité
Les plus récents