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Mort de Davis Bheekarry
Sa famille s’interroge sur la liberté du conducteur impliqué dans l’accident
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Mort de Davis Bheekarry
Sa famille s’interroge sur la liberté du conducteur impliqué dans l’accident
Davis Bheekarry, 35 ans, ne rentrera jamais plus chez lui. Père d’un garçon de sept ans, il est décédé vendredi aux petites heures du matin, après avoir lutté pendant plus d’un mois contre de graves complications résultant d’un accident de la route survenu le 6 août. Sa famille, aujourd’hui plongée dans l’incompréhension, réclame des réponses sur les circonstances de sa mort et sur les suites données au dossier du conducteur impliqué.
Le 6 août, Davis Bheekarry devait se rendre à moto à son travail à Ferney lorsqu’il reçoit un appel lui demandant de commencer plus tôt. Un collègue étant absent, il doit le remplacer. C’est en cours de route qu’il est violemment percuté par un 4×4 conduit par un sexagénaire. Sous la violence du choc, le jeune homme est traîné sur plusieurs mètres.
Grièvement blessé, Davis est transporté à l’hôpital de Rose-Belle où il doit subir une intervention chirurgicale. Son bilan médical est particulièrement lourd : bassin fracturé, rate et intestins perforés, saignement à la tête, entre autres blessures.

Après l’intervention, il sombre dans un coma. Quatre jours plus tard, il reprend connaissance et est alors admis aux soins intensifs. Après environ trois semaines d’hospitalisation, il obtient sa décharge alors qu’il est toujours dans l’incapacité de se déplacer seul.
À son domicile, son état ne s’améliore pas. «Li ti pe res lor lili, so travay inn fer nou gagn ene lili ortopedik pou li ek a pen si li ti pe kapav manze», confie Michèle, sa mère. La famille s’organise alors autour de lui pour lui prodiguer les soins nécessaires.
«Koupab-la an liberte»
Deux semaines après sa sortie de l’hôpital, aux petites heures du jeudi 17 septembre, Davis est pris de violentes douleurs abdominales. Son père, Veenode, sollicite une ambulance. Le trentenaire est conduit à l’hôpital de Mahébourg où les médecins le stabilisent avant de le transférer à l’hôpital de Rose-Belle.
Ses proches se rendent à son chevet durant les heures de visite. Davis, très affaibli, ne cesse alors de réclamer son frère, Roddy. «Bann infirmie inn dir nou dokter pou bizin koz ek nou, vandredi», raconte Michèle.
Mais la famille n’aura jamais cette conversation. Vendredi, vers 2 h 30, ils reçoivent un appel et la terrible nouvelle : Davis est mort. Le rapport post-mortem attribue le décès à une septicémie consécutive aux blessures subies lors de l’accident. Ses funérailles ont eu lieu vendredi.
Depuis, Veenode et Michèle Bheekarry ainsi que son frère, Roddy, cherchent des réponses. Parmi leurs principales interrogations : «Kouma ziska asterla sofer-la ankor an liberte?», Pourquoi le conducteur du 4×4 n’a-t-il pas fait l’objet d’une arrestation pour homicide involontaire ? À ce jour, le dossier a été soumis au bureau du Directeur des poursuites publiques pour qu’il décide des suites à donner au dossier après enquête.
Pour les proches de Davis, cette attente est difficile à comprendre. Ils décrivent un homme jovial, spirituel, qui avait encore de nombreux projets en tête. «Li pa ti merit enn soufrans parey. Zordi nou’nn perdi enn bon vivan ek koupab-la an liberte. Ki vites sa dimounn-la ti pe roule pou li balie li ek trenn li lor boukou met», lâchent-ils, encore sous le choc.
Derrière leur colère demeure surtout le sentiment d’avoir perdu, après plus d’un mois de souffrance, un fils, un frère et un père de famille de seulement 35 ans.
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