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Rodrigues

Runolph Raffaut : «La majorité des habitants ne sait pas nager»

28 octobre 2025, 18:00

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Runolph Raffaut : «La majorité des habitants ne sait pas nager»

■ Runolph Raffaut, «Acting Manager» de l’ONG Shoals

Apprendre à mieux connaître et à respecter le lagon : c’est l’objectif du Club Mer. Plus de 3 500 adolescents rodriguais ont déjà été formés et une nouvelle promotion est prévue en février 2026. L’association Shoals Rodrigues lance un appel aux dons, à travers la voix de Runolph Raffaut, pour mieux équiper sa salle de formation. Campagne à soutenir sur la plateforme SmallStepMatters.org

?Pourquoi le Club Mer est-il important pour Rodrigues ?

Je dirais même qu’il est très important, car nous touchons directement les jeunes de 14 ans et plus. Nous les sensibilisons à la protection du milieu marin et leur offrons des formations très utiles pour leur vie personnelle ou professionnelle. Parmi elles : les cours de natation, l’initiation au snorkeling, les premiers secours et la plongée sous-marine avec bouteille pour les plus avancés.

?Est-il fréquent que des jeunes Rodriguais de 14 ans ne sachent pas nager ?

Oui, d’ailleurs, la majorité des habitants ne sait pas nager, y compris parmi les pêcheurs. En plus des cours pratiques, nous proposons aussi une formation théorique. Un chapitre entier est consacré aux mouvements des marées, aux dangers représentés par les courants, aux passes à éviter… ainsi qu’aux gestes à adopter lorsqu’un courant vous emporte, afin de réduire les risques de noyade.

?C’est pour améliorer les conditions de ces cours que vous avez lancé un appel aux dons ?

Exactement. Au centre de Shoals, à Pointe-Monnier, nous disposons d’une salle de classe, mais elle n’est pas assez bien équipée pour accueillir 45 élèves. Nous allons faire le tour des écoles en janvier pour recruter la nouvelle promotion, qui commencera en février. Nous souhaitons donc renouveler nos équipements d’ici-là.

?En dehors du Club Mer, auprès de quels publics intervenez-vous ?

Nous travaillons aussi avec les pêcheurs, les villageois, les enseignants, et les enfants des écoles primaires et secondaires. Chaque fois, nous adaptons nos interventions. Pour le Club Mer, chaque samedi, nous suivons un programme initialement conçu par le National Geographic pour l’océan Indien, en 1998. Nous abordons les coraux, les invertébrés, les végétaux… et les noms scientifiques en latin. Même les noms des poissons diffèrent d’un créole à l’autre : un nom en kreol rodriguais n’est pas forcément le même qu’en Kreol Morisien.

Nos liens avec les pêcheurs sont aussi précieux pour notre seconde mission : le suivi écologique.

?Concrètement, comment cela se passe-t-il ?

Par exemple, les pêcheurs peuvent nous alerter sur un blanchissement inquiétant de coraux ou sur la présence excessive d’étoiles de mer Couronne d’épines (Acanthaster planci).

?En quoi cette espèce représente-t-elle un danger ?

Elle est dangereuse lorsqu’elle prolifère de manière excessive, car elle détruit les coraux. Et quand elle se sent menacée, cette étoile de mer peut pondre jusqu’à 53 millions d’œufs d’un seul coup ! Elle contient également un poison. Nous effectuons des plongées d’environ 45 minutes pour les recenser.

Mais nous aimerions avoir les moyens d’employer un officier scientifique à temps plein pour planifier les relevés, mener des recherches et publier des rapports.

Enfin, pour nos déplacements entre les sites de plongée, les écoles et les villages, Shoals recherche un sponsor pour un véhicule de type pick-up. Nous avons deux bateaux et un véhicule est indispensable pour les mettre à l’abri à terre en cas de cyclone.

?Quels sont vos autres besoins ?

Shoals a fait une demande de terrain à l’Assemblée régionale de Rodrigues. Nous envisageons d’y construire un bâtiment multifonctionnel : des salles de classe pour le Club Mer, nos bureaux, un entrepôt pour le matériel, un logement pour les stagiaires étrangers et, si possible, un centre d’interprétation pour valoriser nos recherches et les richesses naturelles du lagon.

?Est-il difficile d’attirer des sponsors à Rodrigues ?

Très difficile. Pour les gros montants, l’idéal serait que deux ou trois entreprises s’associent pour soutenir Shoals.

?Depuis 1998, quelles réussites rendent votre équipe la plus fière ?

Notre travail a permis la création de quatre réserves marines à Rodrigues et a contribué à la protection du parc marin du Sud. Du côté du Club Mer, nous sommes fiers de nos anciens élèves – aujourd’hui gardes-côtes, guides touristiques ou employés de Shoals – comme moi-même, Éloïse Meunier ou Pierre Hadley Jean.

Nous sommes aussi un centre accrédité du Duke of Edinburgh’s Award depuis cette année. Cinquante-cinq jeunes y ont participé et grâce à leurs levées de fonds, 45 ont pu se rendre à Maurice en juillet 2025 pour poursuivre les épreuves du trophée. Une première occasion de voyager pour une partie d’entre eux et donc, une expérience mémorable à la clé ! Donner un coup de pouce à Shoals à travers www. smallstepmatters.org, c’est nous permettre de continuer à proposer des formations et un encadrement de qualité aux jeunes Rodriguais. J’espère que notre appel sera entendu des citoyens et des entreprises !

Contact : [email protected]

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Une nouvelle promotion d’enfants fera son entrée au Club Mer en février 2026. Un appel aux sponsors est lancé !

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