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Crise hydrique
Robinets à sec, colère dans les rues
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Crise hydrique
Robinets à sec, colère dans les rues
Plusieurs quartiers de la circonscription n° 15 (La Caverne–Phoenix) ont connu une nuit de colère, le mercredi 7 octobre. Privés d’eau depuis plusieurs jours, des habitants de Saint-Paul, d’Allée-Brillant, de Highlands et de Clairfonds n° 1 sont descendus dans la rue. Ils ont brûlé des pneus et des matelas, bloqué des routes et interpellé les élus jusqu’aux alentours de 23 heures. Un même cri a rythmé la soirée : «Delo pena. Larg delo.»
Tout a commencé à Saint-Paul, peu après 20 h 30. Des habitants ont envahi la rue avec des seaux, des cuvettes et des bidons. Un camion-citerne est arrivé et chacun a attendu son tour pour remplir ses récipients. Mais cette distribution n’a pas apaisé les esprits : après plusieurs jours de perturbations, les habitants ont exigé de retrouver l’eau dans leurs maisons.
La présence de deux des trois députés de la circonscription, Khushal Lobine et Fawzi Allymun, junior ministers aux Collectivités locales, a rapidement attiré l’attention. Les habitants ont réclamé des réponses et, surtout, la venue du troisième élu du n° 15, Patrick Assirvaden, ministre de l’Énergie et des services publics, dont relève la Central Water Authority (CWA). Le ton est monté. Un vif échange a opposé un habitant à Fawzi Allymun, et des personnes présentes se sont interposées pour éviter que la situation ne dégénère. Suleyman, qui habite la région depuis plus de trente ans, a lancé : «To vot zot pou sanzman. Kot sanzman-la ?»
Le député Khushal Lobine s’est adressé à la CWA : «Larg delo pou dimounn kapav ranpli so tank parski pa zis kamion ki pou kapav ranpli tank.» Il a parlé de crise et dénoncé le fait que certaines régions soient alimentées alors que d’autres restent privées d’eau pendant plusieurs jours.
Une autre idée a ensuite circulé dans la foule : se rendre devant la maison du président de la République, qui habite à deux rues de là. La police a empêché tant bien que mal les habitants de mettre leur plan à exécution. L’un d’eux a lâché : «Les nou al koz ar li. Enn sef-deta sa.» Il a finalement renoncé.
À Allée-Brillant, des habitants ont bravé la pluie pour bloquer la circulation. Un matelas, un réfrigérateur, des barils et divers objets ont été disposés sur la chaussée. Un camion-citerne de la CWA est arrivé, mais la mobilisation s’est poursuivie.
À Highlands, plusieurs dizaines de personnes étaient rassemblées vers 21 h 30 : des jeunes, des adultes, des personnes âgées. Certains ont filmé la scène en direct pour les réseaux sociaux. Des planches, des morceaux de bois et du mobilier ont été déposés sur la route, puis des pneus y ont été incendiés. La police était sur place et les pompiers sont intervenus, mais des habitants se sont opposés à l’extinction du feu. Une question est revenue avec insistance : où est le ministre Patrick Assirvaden ?
«Ladrog ena, delo pena»
La colère a aussi gagné Phoenix. À Clairfonds n° 1, des pneus ont été incendiés sur l’avenue Sayed Hossen, obstruant la chaussée. Farhaan Koodooruth, du Castel Scouts, a résumé la frustration ambiante : «Ladrog ena, delo pena.» Il a ainsi dénoncé la circulation de la drogue alors que l’eau ne coule plus des robinets.
Pendant ce temps, les camions-citernes de la CWA ont circulé d’une localité à l’autre pour contenir une situation qui s’est propagée en quelques heures. Cette réponse d’urgence n’a toutefois pas calmé la colère.
Vers 23 heures, la tension est retombée. Les flammes ont disparu, les routes ont été libérées et les habitants sont rentrés chez eux, souvent avec des récipients remplis grâce aux camions-citernes. Les policiers sont restés présents dans certains secteurs. D’un quartier à l’autre, une même revendication s’est fait entendre : avoir de l’eau au robinet, plutôt que de devoir attendre un camion pour remplir un seau.
Babita Thannoo : «Il faut décentraliser»
La députée du n° 8 et membre de Rezistans ek Alternativ, Babita Thannoo, a réagi sur sa page Facebook. Évoquant la situation à L’Espérance, elle a affirmé qu’une source d’eau existe dans la région et a fait référence à un forage utilisé pour la poultry. Elle a plaidé pour une distribution de l’eau davantage décentralisée, afin de réduire la dépendance au système centralisé en cas de coupures prolongées.
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