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Élodie et Jonathan Thomas
Retour sur ce vendredi soir où leur vie a basculé
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Élodie et Jonathan Thomas
Retour sur ce vendredi soir où leur vie a basculé
■ Cette infographie a été réalisée à l’aide de l’intelligence artificielle. Les personnages représentés sont fictifs et les images servent uniquement à illustrer les faits rapportés.
Quelques jours seulement après leur déménagement à Camp-Levieux afin de prendre soin du père de Jonathan, le couple Thomas a été frappé par un drame. Vendredi 9 octobre, Élodie, 27 ans, rentrait de son travail lorsqu’elle a été grièvement blessée par une balle tirée par un sergent de police. Quelques instants auparavant, elle partageait un repas et bavardait avec un collègue dans le van qui les ramenait chez eux. Depuis cette nuit-là, Jonathan, Amelya, leur petite fille de deux ans, et leurs proches vivent au rythme des nouvelles médicales. Alors qu’Élodie commence à se rétablir, les prières et les élans de solidarité se multiplient. Parallèlement, les enquêtes du Central Criminal Investigation Department (CCID) et de l’Independent Police Complaints Commission (IPCC) se poursuivent pour établir les circonstances exactes de ce drame.
Tout dérape vers 23 h 20
Ce vendredi-là, Élodie Thomas avait achevé sa journée dans un supermarché de Tribeca, où elle travaille à temps partiel comme caissière. Selon le chauffeur chargé de raccompagner les employés, il avait récupéré ses passagers vers 23 heures, avant de prendre la direction de Rose-Hill.
Quelques jours auparavant, la jeune femme et son époux, Jonathan, s’étaient installés à Camp-Levieux afin de s’occuper du père de Jonathan. Ensemble depuis sept ans et parents de la petite Amelya, âgée de deux ans, ils venaient d’entamer une nouvelle étape de leur vie familiale. Ce soir-là, Élodie devait simplement retrouver les siens après sa journée de travail.
Le chauffeur avait emprunté un itinéraire reliant Stanley à Camp-Levieux pour déposer les employés, dont Élodie et un collègue de 22 ans, habitant lui aussi Camp-Levieux. Les deux jeunes gens avaient acheté à manger et partageaient leur nourriture tout en bavardant pendant le trajet. Ils étaient installés sur l’avant-dernière banquette. Élodie avait pris place sur le strapontin à la gauche de son collègue. Selon le conducteur, ils sont arrivés à Camp-Levieux vers 23 h 20.
À proximité du carrefour Ratsitatane, des policiers se trouvaient sur la chaussée, où des débris entravaient la circulation. Le chauffeur affirme avoir demandé s’il pouvait poursuivre son chemin, avant qu’un policier ne l’avertisse des risques encourus. Alors qu’il cherchait un autre itinéraire, le sergent Gautam Singh Taukoor aurait ouvert la portière du véhicule et pointé son arme vers sa tête, en proférant des menaces. Pris de peur, le conducteur aurait redémarré. Quelques instants plus tard, une détonation a retenti. Un projectile a traversé la vitre arrière du van et atteint Élodie au cou et à la mâchoire.
Le jeune collègue qui accompagnait Élodie, encore profondément marqué par les événements, a livré sa version des faits aux enquêteurs de la police de Rose-Hill, en présence de son homme de loi, Mᵉ Arvin Luchmun. Lorsqu’il a entendu la détonation, il aurait d’abord pensé qu’une pierre avait atteint le véhicule. Il a ensuite remarqué que la tête de sa collègue s’était affaissée sur son épaule. À la lumière de son téléphone portable, il se rend compte que le visage et le cou d’Élodie sont ensanglantés. Le jeune homme a immédiatement alerté le chauffeur. Lorsque le véhicule s’est immobilisé, il a constaté la présence d’un trou dans la vitre arrière. Il explique avoir tenté de soutenir la jeune femme, dont l’état l’inquiétait. Il se souvient notamment avoir vu du sang sur son pantalon et constaté que les yeux d’Élodie étaient clos.
Le témoin s’est ensuite dirigé vers l’avant du van pour prévenir le chauffeur, qui était déjà en communication avec le SAMU. Il est également descendu du véhicule pour sollici- ter l’aide des personnes présentes à proximité. Selon ses déclarations, Élodie s’était alors affaissée sur son siège, les jambes tremblantes. Ne sachant comment lui venir en aide, il a contacté un responsable du département de sécurité de son entreprise, pour signaler la situation, et sa mère, pour lui raconter ce qui venait de se produire.
Le chauffeur a affirmé par ailleurs avoir aperçu deux véhicules tout-terrain verts empruntant la rue Ratsitatane. Ceux-ci auraient ralenti à la hauteur du van avant de poursuivre leur chemin. Lors de sa déposition, il a fourni des précisions sur le positionnement des policiers, les menaces qui auraient été proférées et les circonstances entourant la détonation. Son témoignage corrobore, sur plusieurs aspects, avec la version du chauffeur. Il devrait participer à une reconstitution des faits dans les prochains jours.
L’angoisse de Jonathan Pendant ce temps, Jonathan attendait le retour de son épouse à Camp-Levieux. C’est le propriétaire du van qui est venu lui annoncer qu’Élodie avait été blessée par balle. Il s’est immédiatement rendu à l’hôpital Victoria, à Candos, où la jeune femme avait été admise aux soins intensifs, inconsciente et sous assistance respiratoire. «Mo pa swet personn viv seki nou pe viv», avait-il confié à la presse, pendant que les médecins stabilisaient son épouse.
Les examens médicaux avaient révélé de graves blessures, notamment au cou et à la mâchoire, ainsi qu’un œdème cérébral. La localisation du projectile, à proximité de structures sensibles, rendait toute intervention chirurgicale délicate. Les autorités sanitaires ont alors sollicité des spécialistes indiens. Pour Jonathan, les journées se sont succédé au rythme des nouvelles communiquées par le personnel médical.
Justice et enquêtes
Le lundi 12 octobre, le sergent Gautam Singh Taukoor, 57 ans, a comparu devant le tribunal de Rose-Hill. Après consultation du bureau du Directeur des poursuites publiques (DPP), la charge initiale de «Possession of Firearm with Intent to Endanger Life» a été annulée et remplacée par des chefs d’accusations provisoires de «Using Firearm to Intimidate», pour avoir utilisé son arme à feu afin d’intimider le chauffeur du van, et de «Involuntary Wounds and Blows by Imprudence» envers Élodie Thomas. Il est en détention et sa prochaine comparution est prévue le 19 octobre.
Le sergent et trois autres policiers concernés par l’incident ont été suspendus de leurs fonctions. Des investigations portent notamment sur les circonstances du tir et sur une éventuelle non-assistance à personne en danger. Ces mesures administratives ne constituent pas une déclaration de culpabilité.
L’enquête policière a été confiée au CCID, chargé d’établir les circonstances exactes du tir et les responsabilités éventuelles des protagonistes. Mercredi 14 octobre, le chauffeur a participé à une reconstitution des faits, au cours de laquelle il a maintenu sa version des faits. Le jeune collègue d’Élodie devrait également être convoqué pour un exercice similaire. De son côté, l’IPCC a ouvert deux enquêtes distinctes à la suite de plaintes déposées le 12 octobre au nom d’Élodie Thomas et par le chauffeur du van.
Dès ce jour-là, l’IPCC a sollicité les enregistrements des caméras Safe City couvrant le secteur de Camp-Levieux. Le lendemain, au poste de police de la localité, elle a recueilli des documents susceptibles de contribuer aux investigations. Mercredi 14 octobre, la Commission a procédé au visionnage des images obtenues et entamé leurs analyses. Le dossier de l’enquête initialement ouverte par la police lui a également été transmis. Jeudi 15 octobre, l’IPCC a demandé au commissaire de police d’engager les procédures appropriées en vue de vérifier les déplacements de certains policiers.
Prières et solidarité
Pendant plusieurs jours, les prières et les manifestations de solidarité se sont multipliées dans le pays. Le dimanche 11 octobre, une marche pacifique de soutien aux proches d’Élodie a eu lieu. Une contribution financière a été remise à la famille, tandis que des séances de prière pour le rétablissement de la jeune femme étaient organisées. Sur les réseaux sociaux, de nombreux messages d’encouragement ont également été adressés à Jonathan et à ses proches. L’employeur d’Élodie a, de son côté, proposé une assistance financière à la famille.
Le lundi 12 octobre, Élodie a subi une intervention chirurgicale complexe effectuée par des spécialistes indiens et mauriciens. La balle a pu être extraite. Peu avant minuit, Jonathan annonçait que l’opération s’était bien déroulée. Le lendemain, les premières nouvelles encourageantes sont arrivées. Élodie avait repris conscience, ouvert les yeux et serré la main de sa mère. Mercredi, elle pouvait s’asseoir et respirer sans assistance respiratoire. Puis, jeudi 15 octobre, des images ont montré la jeune mère effectuant ses premiers pas avec un déambulateur. Elle recommençait également à boire de l’eau et à mouvoir ses membres. Elle poursuit son rétablissement sous surveillance médicale. Jonathan, leur fille Amelya et leurs proches attendent désormais la suite de sa récupération.
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