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Appel à candidatures

Réintroduction du difficile poste de «Chief Operating Officer» à Air Mauritius

16 avril 2024, 19:00

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Réintroduction du difficile poste de «Chief Operating Officer» à Air Mauritius

MK a connu l’équivalent d’un COO en 2002, Pierre Darpoux, ici lors de la fête de fin d’année. Maufox/Jacques Gentil

Avec tous les problèmes techniques et opérationnels qui frappent la compagnie, Air Mauritius (MK) a finalement décidé de recruter un Chief Operating Officer (COO) et a déjà lancé un appel à candidatures à l’interne. Ce poste sera appelé à être occupé par un technicien qui connaît bien l’aviation. Il sera en charge de la gestion quotidienne du personnel, des autres ressources comme l’utilisation optimale des avions et de la logistique en général. Le COO sera le second aux commandes après le Chief Executive Officer (CEO), à qui il repondra, de même qu’au conseil d’administration. Une bonne entente est attendue entre le COO et le CEO, avec le respect de chacun des prérogatives de l’autre, pour une bonne gestion de la compagnie.

En fait, MK avait eu un COO en 2002, après que Vinod Chidambaram avait restructuré le top management à la suite de l’éclatement du scandale de la caisse noire. C’est le Français Pierre Darpoux qui avait été ainsi désigné Chief Executive (CE) des opérations, l’équivalent d’un COO. Il y avait aussi trois autres CE, pour les finances, les ressources humaines, et le Planning and Information Systems. C’est Pierre Darpoux qui avait mis sur pied l’Operations Control Centre. Toutefois, il n’a pas fait long feu puisqu’il est parti un an après, victime d’une «campagne de dénigrements», nous dit une source.

On raconte que les pilotes au poste de managers n’aimaient pas avoir un COO pour les superviser. «Ils se sont toujours sentis supérieurs et ne voulaient répondre qu’au sommet, c’est-à-dire directement au CEO et ainsi, ils pouvaient faire ce qu’ils voulaient.» Un ex-pilote se souvient de ce que lui avait dit Pierre Darpoux à la veille de son départ de MK : «Il y a beaucoup de réunions chez MK. Mais lorsque je demande aux managers, la semaine suivante, si ce qui devait être fait a été fait, la réponse a presque toujours été négative. Et l’on trouvait toujours des excuses. Avant de passer à autre chose. La semaine d’après, c’était la même rengaine. Donc, des réunions inutiles.»

Limogeage de Patrick Hofman

Un Sud-Africain, Johan Jaarsveld, avait remplacé Darpoux début 2004. Lui aussi aurait été victime d’une cabale et il avait choisi de démissionner après une banale histoire de cigarettes non déclarées à la douane. Après son départ, il n’y a pas eu de COO (ou Chief Executive Operations), Manoj Ujoodha revenant sur l’ancien système d’EVPs. Cela, jusqu’en 2017, lorsque Somas Appavoo avait désigné Rajah Buton à ce poste. Cependant, on nous explique que c’était une nomination punitive puisque Rajah Buton n’était pas apte pour ce poste. Et Appavou le savait. «Il s’était débarrassé par la même occasion de Buton, son ancien boss, du Paille-en-Queue Court, direction l’aéroport. N’oublions pas que c’était sous le tandem/leadership de Somas Appavoo et Mike Seetaramadoo – avec Rajah Buton comme COO marionnette – qu’il y avait eu cette grave crise dans les opérations chez MK, menant au limogeage du commandant Patrick Hofman.»

Après le départ, en février 2020, de Somas Appavoo de MK, Rajah Buton l’avait remplacé comme officer-in-charge de la compagnie. Il n’y a plus eu de COO, jusqu’à ce 12 avril, quand MK a lancé un appel à candidatures à l’interne pour remplir ce poste. «Il faut souligner que même ces COO étrangers, très expérimentés pourtant, n’étaient pas exempts de controverses car ils étaient perçus comme étant très vite tombés sous l’influence des cliques ou victimes d’ingérences intempestives du CEO lui-même en termes de nominations/promotions. Et aussi concernant le traitement VIP accordé aux proches du pouvoir.»

Pour notre interlocuteur, il est important d’avoir un COO chez MK mais il se demande si l’on a les compétences à l’interne. «Ou est-ce juste pour caser quelqu’un ?»