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Réduire le risque pour mieux financer l’Afrique
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Réduire le risque pour mieux financer l’Afrique
La deuxième Africa Credit Rating Conference s’est ouverte lundi 5 octobre à Balaclava avec une question centrale : comment réduire la perception du risque associé aux marchés africains afin de mobiliser davantage de capitaux pour financer le développement du continent ?
Organisée les 5 et 6 octobre sous le thème «Towards Derisking African Capital Markets: Reallocating Africa’s Capital», la conférence réunissait quelque 150 délégués, parmi lesquels des législateurs, régulateurs, institutions financières, agences de notation et experts africains. L’événement est notamment porté par l’African Peer Review Mechanism (APRM).
La séance d’ouverture a été marquée par les interventions de Lisa Simrique Singh, UN Resident Coordinator à Maurice, de Marie-Antoinette Rose-Quatre, CEO de l’APRM, et de Jyoti Jeetun, ministre des Services financiers et de la Planification économique.
Jyoti Jeetun a souligné le paradoxe auquel fait face l’Afrique : elle dispose d’un potentiel de croissance important alors que son accès aux financements reste contraint par la perception du risque, la baisse des flux d’aide et des financements concessionnels et le resserrement des conditions financières mondiales.
Selon les estimations du Fonds monétaire international (FMI) citées par la ministre, l’Afrique a enregistré une croissance de 4,5 % en 2025, contre 3,4 % au niveau mondial. Sur les 22 économies ayant affiché une croissance supérieure à 6,5 %, dix étaient africaines. Les projections indiquent également que l’Afrique pourrait, pour la première fois de l’histoire moderne, enregistrer une croissance supérieure à celle de l’Asie.
Mais cette dynamique doit pouvoir se traduire en investissements. La notation de crédit joue à cet égard un rôle déterminant, puisqu’elle influence directement la perception des investisseurs, le coût du financement et l’accès aux marchés internationaux.
Environ 32 des 54 pays africains disposent aujourd’hui d’une notation souveraine auprès des principales agences internationales. Seuls le Botswana, Maurice et le Maroc bénéficient actuellement d’une notation souveraine «investment grade».
«Les notations de crédit ne sont pas un simple label», a déclaré Jyoti Jeetun. Elles déterminent notamment la capacité des États et des entreprises à accéder aux capitaux à long terme, à réduire leurs coûts de financement et à approfondir leurs marchés de capitaux. L’enjeu est donc de passer de l’identification du risque à sa réduction afin de permettre des investissements à plus grande échelle.
Mobiliser le capital
La ministre a également souligné le rôle que Maurice entend jouer dans cette architecture financière. Grâce à son centre financier international et à son expertise dans les fonds d’investissement, la banque, la gestion de patrimoine, les marchés de capitaux et la structuration financière transfrontalière, le pays souhaite contribuer davantage à la mobilisation des ressources nécessaires à la transformation économique de l’Afrique.
L’établissement de l’Africa Credit Rating Agency (AfCRA) à Maurice s’inscrit dans cette ambition. Marie-Antoinette Rose-Quatre a insisté sur la nécessité pour l’Afrique de mieux mobiliser son propre capital et de renforcer sa capacité à évaluer les risques. Elle a cité les tensions géopolitiques, la gouvernance, le changement climatique, la cybersécurité, l’intelligence artificielle, la démographie et la gestion des ressources stratégiques comme facteurs susceptibles d’influencer les profils de risque des économies africaines.
Elle a appelé à transformer les discussions en résultats concrets, notamment à travers le développement des marchés domestiques, l’investissement productif et des systèmes de notation plus équitables.
Les travaux de la conférence portent également sur les méthodologies internationales de notation, l’approfondissement des marchés de capitaux africains et les nouvelles technologies. Les participants examinent notamment l’utilisation de l’intelligence artificielle dans la notation, les nouvelles méthodes de credit scoring, ainsi que le potentiel de la fintech et de la blockchain.
Un autre enjeu majeur concerne la réallocation du capital africain. Les réserves, fonds de pension, fonds souverains et actifs des compagnies d’assurance pourraient être davantage orientés vers les infrastructures, l’industrialisation, le commerce et l’intégration régionale, tout en préservant les impératifs de liquidité et de sécurité.
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