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«Government affairs»

Ramgoolam ne cédera pas les Finances

12 janvier 2026, 05:00

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Ramgoolam ne cédera pas les Finances

■ Le leader du MMM avait annoncé rester au pouvoir le 17 novembre dernier. Que fera-t-il après cet énième épisode de divergences avec les Rouges ? © Sumeet Mudhoo

Lors des négociations entre travaillistes et militants, avant les élections, il avait déjà été décidé que Paul Bérenger n’aurait pas le ministère des Finances. Certains au MMM se demandent maintenant comment le leader pourrait justifier un départ du gouvernement sur cette base.

Alors que le leader du Mouvement militant mauricien (MMM) a réclamé, lors de son tête-à-tête avec Navin Ramgoolam jeudi dernier, le ministère des Finances, le leader du Parti travailliste (PTr) aurait déjà fait comprendre qu’il n’accédera pas à cette demande.

«Paul Bérenger sait bien qu’il n’aura pas le poste de Grand argentier. Lors des négociations entre le PTr et le MMM, avant les élections, c’était bien clair. D’ailleurs, le ministère des Affaires étrangères avait été offert à Paul Bérenger, mais il avait refusé, expliquant qu’il ne pouvait pas prendre l’avion. C’est ainsi qu’il a hérité d’un ministère sans portefeuille, avec un droit de regard sur les autres ministères, par le biais des comités interministériels qu’il préside», explique un membre du gouvernement.

Dans les rangs du MMM, on voit mal comment Paul Bérenger pourrait justifier son départ du gouvernement sur la base du refus de lui céder le ministère des Finances.

«Cette demande précise n’était pas à l’agenda des discussions de novembre dernier, lorsque Ramgoolam avait pu le convaincre de ne pas quitter le gouvernement dans le sillage du renouvellement du contrat du commissaire de police», confie un ministre du MMM, qui concède que les valses-hésitations de son leader minent l’ambiance au sein de l’alliance gouvernementale. Il est de ceux qui ne comptent pas quitter leur poste ministériel après «20 ans dans l’opposition».

Pour rappel, le lundi 17 novembre dernier, le leader du MMM s’était montré conciliant et aurait confié qu’il ne comptait pas quitter le gouvernement. Ramgoolam et Bérenger avaient fait le tour des embûches qui gênaient les relations au sein du gouvernement. Le Premier ministre avait donné l’assurance au Deputy Prime Minister qu’il y aurait une réforme en profondeur au sein de la police et de la Financial Crimes Commission (FCC), avec l’introduction de la National Crime Agency.

Mais entre novembre 2025 et janvier 2026, la donne a changé. «L’arrivée du jet privé de Mamy Ravatomanga et le rôle que certains auraient joué pour faciliter son entrée au pays, ainsi que d’autres incidents ont fait changer d’avis Bérenger», fait ressortir un proche collaborateur du leader du MMM.

Parmi les ministres travaillistes que nous avons contactés, plus d’un ne souhaite pas que Bérenger soit muté aux Finances, surtout s’il fallait que Dhaneshwar Damry ou d’autres fassent l’objet d’un mini-remaniement. «On n’a pas discuté de remaniement ministériel, puisque c’est la prérogative du Premier ministre, qui, d’ailleurs, l’a rappelé à plus d’une reprise au cabinet.»

D’ailleurs, selon nos sources à l’hôtel du gouvernement, un remaniement ministériel n’est pas à l’ordre du jour, du moins pas dans le court terme.

Outre le commissaire de police, il semblerait que Paul Bérenger ait ajouté d’autres noms à sa hit-list, selon nos renseignements. Le leader du MMM ne serait pas satisfait du fonctionnement de l’Economic Development Board (EDB) et de son Chief Executive Officer, Mahen Kundasamy, ni de la nomination de Dhiren Dabee comme remplaçant de Kishore Beegoo à la présidence d’Air Mauritius.

Alors que Paul Bérenger se doit de réagir aujourd’hui, lors du bureau politique mauve, quant à son avenir et de celui de ses ministres au sein du gouvernement, suite à ses propos de vendredi et de samedi, Navin Ramgoolam n’entend pas réagir en attendant que la situation se décante. Il ne compte pas alimenter cette affaire qui nuit à l’image gouvernementale, et souhaiterait, sans en dire plus, qu’on puisse tourner la page une bonne fois pour toutes…

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