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Visite du patron de Standard Chartered Group
Rama Sithanen : «La finance doit se réinventer à l’ère digitale»
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Visite du patron de Standard Chartered Group
Rama Sithanen : «La finance doit se réinventer à l’ère digitale»
La visite de Bill Winters, Chief Executive Officer (CEO) du Standard Chartered Group, au siège de la Banque de Maurice le 2 septembre, a permis au gouverneur Rama Sithanen de livrer un plaidoyer en faveur d’une transformation profonde du secteur bancaire mauricien, à l’heure où l’intelligence artificielle, la blockchain et la finance embarquée redessinent le paysage mondial.
«Reshaping finance in the digital era n’est pas une option, mais une nécessité», martèle-t-il , soulignant que l’innovation technologique n’est pas seulement un levier d’efficacité : elle redéfinit la manière dont nous consommons les services financiers, de l’épargne aux paiements en passant par l’assurance et l’investissement.
L’intelligence artificielle (IA), l’analyse de données et les technologies numériques offrent, dit-il, une expérience bancaire plus personnalisée, adaptée aux besoins des clients. Mais ces avancées ouvrent aussi la voie à de nouveaux risques :cybersécurité, gouvernance des algorithmes et fracture digitale.
La Banque de Maurice a déjà esquissé son cap à travers le Future of Banking Report. Ce document prévoit l’intégration de l’IA dans les pratiques de gouvernance, mais aussi la création d’un Centre de formation bancaire. L’objectif est clair : préparer les ressources humaines à un monde où les tâches répétitives seront automatisées et où la formation continue deviendra la clé de la compétitivité.«Les emplois de demain exigeront de nouvelles compétences. Le reskilling et le lifelong learning seront indispensables pour rester indispensables», prévoit Rama Sithanen.
Un des thèmes centraux de son intervention a été l’essor de la finance intégrée, incluant les services financiers à des plateformes non financières, rendant ainsi la finance plus «invisible, intuitive et omniprésente». Mais elle impose aussi aux banques de se réinventer. «Les institutions doivent passer du rôle de prestataires de services à celui defacilitateurs de plateformes, en s’alliant aux entreprises technologiques et en adoptant des modèles agiles.»
Ce tournant s’accompagne d’interrogations éthiques : comment garantir la transparence et l’équité dans un monde où les décisions financières sont de plus en plus confiées aux algorithmes ?
Inclusion et confiance au cœur du débat
Par ailleurs, Rama Sithanen a mis en garde contre le risque d’une fracture numérique. «Tout le monde n’a pas accès à un smartphone, à internet ou aux compétences digitales. L’innovation doit être un facteur d’inclusion et non d’exclusion», insiste-t-il. À cet effet, la Banque de Maurice, dit-il, multiplie déjà les initiatives pour sensibiliser la population aux paiements électroniques et développer l’éducation fintech, notamment en partenariat avec les universités.
Autre enjeu central : la confiance. Dans un univers financier toujours plus dématérialisé, la cybersécurité n’est plus un sujet technique, mais «le socle de la résilience et de l’efficacité». Les banques sont appelées à investir massivement dans la sécurité des systèmes et à adopter une culture de vigilance, sans négliger l’éthique et la transparence.
Le gouverneur a lancé un appel aux professionnels de la finance : «Vous êtes les architectes de ce futur. Vous avez la confiance du public et une responsabilité immense : innover avec intégrité et collaborer avec courage.»
Pour lui, la digitalisation est autant une contrainte qu’une opportunité historique de bâtir un système plus inclusif, plus durable et plus compétitif. «Embrassons cette transformation non pas avec crainte, mais avec ambition», a-t-il exhorté, invitant à construire des ponts entre technologie et régulation, entre profit et sens.
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