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Maurice–Royaume-Uni

£5 milliards de capacité financière pour soutenir les investissements

1 novembre 2026, 18:00

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£5 milliards de capacité financière pour soutenir les investissements

Le Royaume-Uni pourrait jouer un rôle important dans le développement industriel et économique de Maurice. UK Export Finance (UKEF), l’organisme britannique de financement des exportations, affiche actuellement un appétit pour le risque de marché concernant Maurice d’au moins £5 milliards, soit environ Rs 316,4 milliards. Cette capacité pourrait ouvrir de nouvelles perspectives aux entreprises mauriciennes souhaitant investir dans des équipements modernes, renforcer leur production locale et développer leurs activités à l’exportation.

Il convient toutefois de préciser que ces £5 milliards ne constituent ni un fonds spécialement réservé à Maurice, ni une enveloppe automatiquement accessible aux entreprises locales. Ce montant représente plutôt le niveau d’exposition financière que l’organisme britannique est disposé à envisager pour des transactions répondant à ses critères.

Pour le haut-commissaire de Maurice au Royaume-Uni, Rajesh Jeetah (photo), l’objectif est désormais de transformer cette capacité en projets économiques concrets. «L’enjeu consiste désormais à transformer cette capacité en investissements, partenariats commerciaux et projets créateurs de valeur économique durable pour Maurice», explique-t-il.

⚫ Renforcer la production locale

L’une des principales possibilités concerne le développement de la production locale et la réduction de la dépendance à certaines importations. Des entreprises mauriciennes pourraient notamment investir dans des technologies britanniques, telles que la robotique, les machines de précision, les systèmes automatisés ou encore l’ingénierie spécialisée.

Ces investissements permettraient d’accroître les capacités de production, de fabriquer des produits plus spécialisés et de développer des activités à plus forte valeur ajoutée. «Lorsque les conditions économiques le permettent, un produit ou un composant actuellement importé à Maurice pourrait ainsi être fabriqué localement grâce à des équipements ou des technologies britanniques de pointe, avec la possibilité de desservir à la fois le marché mauricien et des clients en Afrique et dans la région de l’océan Indien», souligne Rajesh Jeetah.

Cette perspective s’inscrit dans le débat sur la nécessité de faire évoluer l’économie mauricienne vers davantage de production, tout en renforçant son positionnement comme plateforme régionale d’exportation.

Plusieurs secteurs pourraient bénéficier de ces possibilités, notamment l’industrie avancée, les énergies renouvelables, le stockage d’électricité par batteries, les infrastructures portuaires, le transport, la logistique, les technologies numériques, l’intelligence artificielle et la santé.

⚫ Des financements pouvant s’étendre sur 22 ans

Les mécanismes proposés par UKEF présentent certaines caractéristiques susceptibles d’intéresser les investisseurs. Les périodes de remboursement peuvent atteindre 15 ans et, dans certains secteurs comme les énergies renouvelables, aller jusqu’à 22 ans. Pour être admissible, une transaction doit notamment comporter au moins 20 % de contenu britannique dans la valeur du contrat.

UKEF travaille avec les banques, les acheteurs étrangers et les fournisseurs britanniques afin de soutenir des opérations commerciales internationales. La Standard Buyer Loan Guarantee concerne généralement des contrats compris entre £1 million et £30 millions, tandis que la Buyer Credit Facility permet d’envisager des transactions de plus grande envergure.

Les entreprises mauriciennes pourraient ainsi associer leurs projets d’investissement à l’acquisition de machines, de logiciels, de technologies, de services d’ingénierie ou de conseils spécialisés provenant du Royaume-Uni. Chaque demande demeure néanmoins soumise à des évaluations financières ainsi qu’à des critères de crédit, d’éligibilité et de diligence raisonnable.

⚫ Un précédent de £12 millions

La coopération avec UKEF ne constitue pas une perspective entièrement nouvelle. Une transaction commerciale de £12 millions impliquant Maurice a déjà bénéficié de son soutien durant l’exercice 2023-2024.

Pour le haut-commissaire, cette expérience pourrait faciliter le développement de nouvelles opérations. «Ce précédent apporte avant tout une expérience concrète. Les futures transactions ne devront pas repartir de zéro, ce qui offre au marché une base plus solide pour envisager des opérations de plus grande envergure et plus ambitieuses», affirme-t-il.

Parmi les projets potentiellement concernés figurent la modernisation des infrastructures portuaires, le développement des énergies renouvelables, les investissements hospitaliers et la transformation numérique.

L’intelligence artificielle (IA) pourrait également être intégrée dans plusieurs secteurs économiques, notamment la santé, les services financiers, la logistique et l’industrie, dans le prolongement de la Stratégie nationale en matière d’IA lancée en avril 2026.

La question de l’éligibilité des projets actuellement dans le portefeuille de l’Economic Development Board (EDB) reste toutefois ouverte. Rien ne permet, à ce stade, d’affirmer qu’ils répondent aux critères de financement d’UKEF. Certains pourraient néanmoins être examinés s’ils intègrent des équipements, des technologies ou des services britanniques admissibles.

⚫ La nécessité de projets solides

Si la capacité financière annoncée est importante, sa concrétisation dépendra essentiellement de la qualité et de la viabilité des projets présentés par les entreprises et les investisseurs.

Rajesh Jeetah insiste ainsi sur la nécessité de constituer un portefeuille de projets suffisamment structurés pour attirer les financements disponibles. «La prochaine étape consiste à transformer cette prise de conscience en un véritable portefeuille de projets susceptibles d’attirer des investissements et à rendre aussi claires que possible les démarches permettant de faire avancer ces projets», explique-t-il.

Le haut-commissaire invite également les entreprises mauriciennes à réfléchir aux prochaines étapes de leur développement : «Pour un groupe mauricien bien établi qui réfléchit à sa prochaine étape de croissance, cela soulève une question commerciale intéressante : que pourrait-il construire, produire ou proposer demain qu’il n’a pas encore la capacité de réaliser aujourd’hui ?»

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