Publicité
National Cancer Centre
Pénurie de médicaments : des patients sous traitement de chimiothérapie privés de soins
Par
Partager cet article
National Cancer Centre
Pénurie de médicaments : des patients sous traitement de chimiothérapie privés de soins
Le National Cancer Centre (NCC), construit au coût de Rs 1,1 milliard et inauguré le 8 mai 2024, est au centre de vives critiques. La raison : une pénurie de médicaments nécessaires au traitement de chimiothérapie depuis 15 jours. Pour les patients, ce sont des va-et-vient incessants et ils se plaignent d’un manque cr iant de communication.
Une malade raconte qu’elle s’est rendue à cet hôpital, la semaine dernière. «On m’a fait une prise de sang avant de m’informer que le médicament était indisponible. On m’a demandé de revenir mercredi matin (NdlR : hier), ce que j’ai fait.» Or, à son retour à cet hôpital hier, et après une seconde prise de sang, un préposé l’a informée qu’elle a manqué son rendez-vous de la semaine précédente et que, de ce fait, son prochain rendez-vous serait la semaine prochaine. Mais que par rapport à son traitement de chimiothérapie sous forme d’injection intraveineuse à être faite toutes les trois semaines, elle devrait repasser dans dix jours, le temps que le médicament soit à nouveau disponible. Cette femme malade s’inquiète des implications de cette interruption de traitement sur sa santé, deux semaines s’étant déjà écoulées.
«Dir ki pa bizin deplase»
L’autre point de frustration : des patients malades qui doivent parcourir de longues distances pour se rendre au NCC, faire tout cela pour rentrer bredouilles ensuite. «Ti kapav ena enn kominikasion osi… dir ki pena medsin, telefone, dir ki pa bizin deplase. Me kan dir zot sa, zot dir pa gagn letan fer tousala», raconte la malade.
Anabelle Savabaddy, députée de la circonscription Port-Louis-Nord-MontagneLongue (no 4), qui a alerté des dysfonctionnements dans les hôpitaux, affirme qu’«un de mes mandants y a été la semaine dernière et encore aujourd’hui. Dans les deux cas, il n’y avait pas de médicaments pour la chimiothérapie. Vous devinez que je ne vais pas rester tranquille».
Elle explique avoir informé le chargé de communication du ministère de la Santé, le ministre Bachoo étant en réunion, et que l’hôpital a également été contacté. «J’ai eu la doctoresse responsable du NCC. Elle m’a fait comprendre qu’effectivement, il n’y avait pas de médicaments et qu’ils arriveraient mercredi après-midi (NdlR : hier.)»
Ce que la députée trouve inacceptable, c’est de «faire des gens qui souffrent venir à l’hôpital sans les informer qu’il n’y a pas de médicaments pour leur traitement de chimiothérapie. Il aurait fallu les informer au préalable».Si la patiente en question vient de sa circonscription, elle précise que la situation est similaire pour tous les patients des 20 circonscriptions de l’île.«Il faut trouver un moyen d’informer les patients à l’avance. On ne peut pas les faire se déranger et les importuner.» Elle ajoute que «l’on ne doit pas laisser les patients sans soins ni médicaments. Il faut vraiment changer le système et offrir une solution immédiate».
Elle a conclu en rappelant son combat face aux injustices. «Je suis là pour me battre pour tous ceux et celles qui font face à un manque de soins ou à des injustices. Ce n’est pas maintenant que je suis en position de pouvoir que je vais rester sans agir.»
Contacté, le ministère de la Santé n’avait toujours pas répondu à l’heure où nous mettions sous presse.
Publicité
Publicité
Les plus récents