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Kronik KC Ranzé
Pendant ce temps-là…
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Kronik KC Ranzé
Pendant ce temps-là…
Je sais que c’est le scénario qui a tenu plus de la moitié du pays en haleine pendant des jours et des jours. Je sais! Chacun y allait de son commentaire, de ses recommandations ou de ses vertes critiques. Parfois de son exaspération ou même de ses insultes. J’avais choisi de ne pas en parler pendant que se déroulait le «drame». Par lassitude.
Par ailleurs, je ne fréquente pas les réseaux sociaux depuis que ma mère m’a mis en garde contre ce qu’elle appelait les «mauvaises fréquentations», mais ce que j’en ai vu et que l’on m’a rapporté suggère un degré de passion et d’engagement que l’on aimerait tant voir transposé à d’autres questions où nous pourrions avoir un impact positif à un niveau personnel… Plutôt que de dire toujours dire aux autres : «Il n’y a qu’à… !»
Notamment sous la forme de plus de sens civique. Cela peut inclure notre engagement à ne pas gaspiller l’eau ou l’électricité; car pouvoir les payer ne nous donne évidemment pas le droit automatique au gaspillage. D’autant que cela peut mener à ce qu’un autre consommateur soit éventuellement privé de ces services ! On peut ajouter un effort pour plus de discipline, de politesse, d’honnêteté, d’empathie, voire de générosité; de ces petites considérations, vous savez, qui rendent le vivreensemble plus agréable, voire plus tolérable. Et pourquoi ne pas y rajouter un désir d’effort particulier pour apprendre, pour grandir, pour s’améliorer ; le statu quo et l’empâtement étant des dénis caractérisés de cette petite parcelle de vie animale qui nous a été gracieusement accordée, peu importe par qui, et que nous nous devons d’honorer! Si, en plus, on se décarcassait à s’investir dans une cause qui ne rapporte rien à soi personnellement, sauf la satisfaction d’avoir fait du bien, pour d’autres, nous aurions un début d’humanisation de cette vie aujourd’hui plutôt pourrie par le tout-fric et le culte de l’individualisme à tout prix.
Diriger un pays est loin d’être simple. Ceux qui lisent ces lignes doivent tout de même concéder que, face aux responsabilités que chacun de nous assume et qui nous paraissent au moins parfois insurmontables ou désespérants, les responsabilités d’un homme d’État sont complexes au point d’être même effrayants. Vous auriez aimé être PM ou DPM, vous? Coincé entre des guerres de clans, des pourris qui essaient de se garnir les poches, des hommes d’affaires à la recherche de contrats ou d’un «coup de pouce», des réceptions quotidiennes qui promettent leurs quotas de votes (et de suppliques…), les calculs sordides de castes et de socio-culturels, le discours ou la conférence de presse qu’il faut préparer, le bureau politique qu’il faut affronter, le projet de loi qu’il faut lire et dont il faudra débattre, l’adversaire qu’il faut surveiller… ?
C’est clairement difficile, voire épuisant, même quand on dirige seulement sa propre équipe sans partage et sans rival. Alors imaginons ce que c’est d’être dans une coalition avec d’autres qui ont des principes, des approches ou des exigences au moins un peu (et parfois tellement…) différents ! Car, en effet, si les coalisés étaient tous toujours d’accord, à l’identique, il n’y aurait alors pas besoin de plus qu’un parti UNIQUE pour tous les regrouper, non ? Nous serions bien avancés, vous croyez ?
Une coalition, c’est comme un mariage. Il faut du dialogue permanent. Ainsi que plein de compromis. Il faut s’habituer ou s’adapter aux manières de faire de l’autre. Mais il y aura inévitablement des malentendus et du grabuge de temps en temps. Et c’est seulement si ce qu’il y a en commun justifie de faire quelques sacrifices sur ses propres «besoins», qu’un mariage peut éventuellement tenir. Je n’invente rien ! Et quoi que puissent croire les maris les plus macho ou les épouses les plus sèchement féministes, les compromis sont nécessaires et ne peuvent être unidirectionnels ! Souvent on finit par rester ensemble pour ce que l’on trouve toujours d’admirable ou d’adorable chez l’autre, en dépit des macadams inévitables qui se trouveront sur la route. Parfois c’est «pour les enfants».
Or, les enfants, c’est NOUS, les citoyens de cette nation qui ont, par subsidiarité et temporairement, confié les rênes du pays à deux partis historiques importants. Pour tenter d’effacer le pire de ce qui nous avait été imposé pendant dix ans et de nous concrétiser l’avenir plus prometteur de «changement» que l’on nous avait dessiné. C’est encore possible de le faire ! Par ailleurs toute personne qui raisonne comprend que le miracle du changement prend parfois un peu de temps. L’important c’est de ne pas perdre de vue l’objectif, de ne pas ajouter aux erreurs passées et, maintenant, d’accélérer les transformations pour leur donner un élan irrésistible.
Ce qui aiderait, en passant, à au moins freiner les appétits grandissants de cette «bande des cinq» qui seront bientôt six…
À ce titre, je suis heureux de voir que la coalition gouvernementale a trouvé la voie du compromis. Après tout, les simples mortels que nous sommes s’engagent dans un mariage «pour la vie», alors qu’on ne leur demande pas tant pour une coalition politique… Cinq ans pour concrétiser un programme, ça devrait être jouable si l’on s’y met vraiment ! Il n’y a pas lieu d’épiloguer et d’ergoter sur qui a perdu et qui a gagné, puisque les seuls vrais perdants sont ceux qui, salivant à la perspective d’une cassure, voyaient déjà leurs intérêts et leurs ambitions prospérer. Ramgoolam et Bérenger savent que c’est leur dernier tour de piste et qu’il faut donc trouver la communauté d’esprit qui tirera ce pays vers bien mieux. Vers le haut ! Ils veulent quand même nous laisser un héritage positif et, si possible, propre, non ? Pas grand monde ne sait ce qu’ils se disent ou ce qu’ils se partagent, mais la nation leur sait gré de continuer et d’accélérer le travail, tout en souhaitant que, dans le futur, l’on réussisse à endiguer les pourris qui rôdent et que l’on minimise le temps perdu aux chamailleries de couple.
À cause des enfants !
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La CWA a complètement coupé son service d’eau chez moi au morcellement Belouguet, Tamarin, depuis lundi. Sans prévenir. Sa nouvelle façon de gérer les coupures d’eau serait-elle : «Pas une goutte, 24/7» ? Combien sont-ils à être traités de cette manière ? Froidement. Sans pitié.
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Pendant que nous parlons de notre politique locale, la Russie continue à détruire l’Ukraine et cette dernière tente de faire pareil avec ses drones et ses missiles de longue portée. Pendant ce temps-là, Israël poursuit ses bombardements occasionnels à Gaza ou au Liban et laisse procéder ses colons destructeurs en Cisjordanie. Pendant que nous tergiversons sur le sort de la planète et de son réchauffement (1 602 lobbyistes des énergies fossiles sont à Belém – pourquoi donc ? Des convertis ?), le Soudan se déchire, des citoyens sont massacrés ou déplacés, des logis et des hôpitaux sont détruits. Pendant que l’on délibère sur le coût de la vie et notre «shopping» du weekend, on s’entretue violemment au Myanmar, tout en brûlant des récoltes et des villages entiers. Pendant que tourne l’horloge, on tue au Mexique, en Syrie, au Nigeria, à Haïti…
Réflexion : malgré tous nos problèmes, pourtant bien réels, nous ne sommes pas aussi mal lotis que ça. Selon l’ACLED (Armed Conflict Location and Events Data, une ONG), 50 pays souffraient de conflits violents en 2024 et 1 citoyen du monde sur 8 était affecté par ces violences. Nous sommes en paix ! Ça ne suffit pas totalement, c’est sûr, mais cela a le mérite de mettre notre situation en perspective. Et à nous inviter à un peu d’humilité. La pauvreté a reculé, même si elle n’a pas disparu et avec un coup de pouce majeur pour mieux éduquer, mieux former et créer de meilleurs emplois, du progrès est éminemment possible ! Par ailleurs, s’il est vrai que de nombreux jeunes s’expatrient, à la recherche de plus de méritocratie, de confort matériel ou de stimulation culturelle, on note, dans le sens inverse, de bien nombreux étrangers qui s’expatrient vers nos rivages… Qu’est-ce qui pousse 18 000 citoyens français à s’expatrier à Maurice, par exemple ? Cela doit bien vouloir dire quelque chose… Qui va nous faire un bilan de cette mobilité migratoire dans les deux sens ? Gagnons-nous au change dans une comptabilité «coûts et bénéfices» incluant salaires, transferts de connaissances, activité économique, etc. Il faudra bien finir par le savoir ! Car de bonnes décisions ne peuvent se prendre que sur la base d’une analyse solide et chiffrée. Plutôt que sur de l’anecdotique seul, souvent dominé par ce qui est plutôt négatif… mais pas toujours (*).
(*) L’île Maurice, vraiment un paradis ? Mon bilan après 8 ans ! Alexandre Roth. YouTube
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