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Conférence de presse
Paul Bérenger : «Les miracles n’existent pas»
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Conférence de presse
Paul Bérenger : «Les miracles n’existent pas»
Chetan Baboolall, Paul Bérenger, Joanna Bérenger et Rama Valayden, à la conférence de presse du FMP, hier. © Dev Ramkhelawon
Paul Bérenger a ouvert sa conférence de presse à Ébène, hier, en exprimant sa sympathie aux familles privées d’eau et surtout aux proches d’Élodie Thomas, blessée par balle vendredi soir à Camp-Levieux. Pour le leader du Fron Militan progresis (FMP), la crise de l’eau nourrit une colère qui déborde désormais. Il a demandé en fin de rencontre que l’on fasse retomber la tension avant que cela ne finisse mal.
Le responsable de cette situation, à ses yeux, est le ministre de l’Énergie et des services publics, Patrick Assirvaden. Paul Bérenger trouve anormal qu’il critique la Central Water Authority (CWA) au Parlement, alors qu’elle relève de son ministère. Il pointe aussi une contradiction : dix forages annoncés mardi ; neuf par le Conseil des ministres vendredi. Et si ces forages étaient exploitables, pourquoi avoir attendu que le pays manque d’eau ?

Pour lui, le problème vient de plus loin. Plus de 90 % de l’eau de pluie part à la mer, le barrage de Rivière-des-Anguilles n’avance toujours pas et aucune vraie étude scientifique n’a été faite pour comprendre pourquoi l’eau manque. Interrogé sur la possibilité d’éviter la crise, il a répondu : «Oui.»
Le dessalement de l’eau de mer ne l’emballe pas : cela coûte une fortune et abîme l’environnement. «Les miracles n’existent pas», a-t-il ajouté. «Il faut du travail et de la compétence.» Il a convenu que les citoyens devraient récupérer l’eau de pluie. La députée Joanna Bérenger se méfie elle aussi du dessalement : à chaque crise, quelqu’un sort une solution toute faite. Elle s’inquiète des produits chimiques et des rejets ; et voudrait d’abord qu’on répare les 1 500 km de tuyaux qui fuient.

Geler le «NCA Bill»
Sur le National Crime Agency (NCA) Bill, qui doit remplacer la Financial Crimes Commission par une nouvelle agence d’enquête, Paul Bérenger demande au gouvernement de prendre son temps. Il s’inquiète de l’amendement constitutionnel permettant au directeur général de la NCA de reprendre une enquête au commissaire de police. Le FMP n’est pas contre ce remplacement, mais veut que ce soit «par mieux, pas par pire».

Paul Bérenger propose qu’un select committee, présidé par l’Attorney General, écoute toutes les parties avant le vote. Le leader de l’opposition, Chetan Baboolall, juge aussi le texte dangereux : la NCA ne répondrait à aucune autorité et son directeur général aurait la main sur toute la police. Il était présent à la réunion du Bar Council, où les avocats ont voté à l’unanimité une motion de Mᵉ Rama Valayden demandant de geler le projet de loi. Sur les Chagos, Paul Bérenger estime que le gouvernement a raté une occasion et Mᵉ Valayden regrette l’absence de communiqué après la visite du Premier ministre à Londres.

Paul Bérenger a enfin réagi aux propos du MSM selon lesquels le Fonds monétaire international (FMI) aurait blâmé le gouvernement pour avoir faussé les chiffres du State of the Economy de décembre 2024. «Totalement faux», a-t-il répondu : il s’agit d’un exercice technique que le FMI mène tous les cinq ou six ans sur le calcul du PIB, dont le précédent remonte à 2022, sous le Mouvement socialiste militant (MSM).

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