Publicité

Regional Cooperation and Integration Council

Paul Bérenger : «Le conseil agira comme facilitateur pour les projets privés»

26 septembre 2025, 12:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Paul Bérenger : «Le conseil agira comme facilitateur pour les projets privés»

■ Paul Bérenger a plaidé pour un travail d’équipe entre État et secteur privé.

Après plus de deux décennies de mise en veille, le Regional Cooperation and Integration Council (RCIC) a été officiellement relancé, le mardi 23 septembre, par le Premier ministre adjoint, Paul Bérenger. Celui-ci présidera désormais le comité aux côtés du ministre des Affaires étrangères, Ritish Ramful, désigné comme coprésident. Toutefois, ce dernier n’a pas pu assister à la réunion inaugurale, étant actuellement en déplacement officiel à New-York.

La rencontre, organisée dans la lunch room de l’Assemblée nationale, a rassemblé un large éventail de personnalités, allant des ministres et junior ministers aux représentants d’organisations économiques. Étaient notamment présents Rajesh Bhagwan, Arvin Boolell, Michaël Sik Yuen, Aadil Ameer Meea, Jyoti Jeetun, Fabrice David et Joanna Bérenger. Les acteurs du secteur privé étaient représentés par Business Mauritius, la Chambre de commerce et d’industrie, la Chambre d’agriculture, la Mauritius Export Association (MEXA), l’Association des hôteliers et restaurateurs de l’île Maurice et l’Association of Mauritian Manufacturers (AMM).

Créé en 1996, le RCIC avait connu un premier souffle avant d’être mis en sommeil. Pour Paul Bérenger, il ne s’agissait pas d’un échec, mais d’une étape nécessaire dans un processus complexe. «La diplomatie n’est pas aussi simple qu’on l’imagine», a-t-il confié, soulignant que le conseil revient avec une nouvelle dynamique et une volonté d’efficacité accrue. L’objectif affiché est clair : promouvoir les projets régionaux, et facili- ter les échanges entre les pays partenaires et le secteur privé. Dans son allocution, le Premier ministre adjoint a insisté sur la nécessité de créer une véritable synergie entre gouvernement et opérateurs économiques, particulièrement dans le contexte de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine. «Le mot d’ordre pour réussir, c’est le travail en équipe», a-t-il déclaré. Paul Bérenger a rappelé que l’Economic Development Board et les entreprises privées seront les principaux moteurs d’investissement, et que le rôle du conseil sera avant tout celui d’un facilitateur.

Les pays identifiés comme prioritaires par le RCIC incluent le Botswana, le Kenya, Madagascar, le Mozambique, La Réunion, les Seychelles, la Tanzanie, Zanzibar, les Comores, les Maldives, l’Afrique du Sud, le Rwanda et le Congo. «La région recèle un énorme potentiel d’investissement», a fait valoir Paul Bérenger, ajoutant que les projets devront être suivis avec régularité et persévérance. Parmi les priorités figure la question cruciale des dessertes maritimes et aériennes, essentielles pour fluidifier les échanges commerciaux.

Arvin Boolell, ministre de l’Agro-industrie, a rappelé que des projets avaient déjà vu le jour sur le continent, citant l’exemple de Marromeu au Mozambique, qui avait permis à la Mauritius Commercial Bank et à d’autres entreprises de s’y implanter. Aadil Ameer Meea, ministre de l’Industrie, des petites et moyennes entreprises et des coopératives, a pour sa part insisté sur le rôle du conseil comme tremplin pour relancer les exportations mauriciennes vers l’Afrique.

Kevin Ramkaloan, Chief Executive Officer de Business Mauritius, a souligné le fait que le secteur privé avait déjà multiplié les initiatives sur le continent. Il a rappelé l’exemple du projet d’entrepôt pour les produits mauriciens en Tanzanie, lancé par la MEXA, tout en voyant dans le RCIC une opportunité de consolider ces démarches grâce à un meilleur accompagnement gouvernemental. De son côté, Lilowtee Rajmun-Jooseery, directrice de la MEXA, a affirmé que le moment est venu de donner un nouveau souffle à la coopération régionale, relevant les opportunités en exportation et en inves- tissement industriel, mais aussi les nombreux défis à surmonter.

Du côté des industriels, Lawrence Wong, président de l’AMM, a salué une démarche qui devrait permettre aux produits mauriciens de franchir de nouvelles frontières. «Grâce à ce forum, nous pouvons discuter plus profondément du soutien gouvernemental afin que nos produits trouvent une meilleure place sur le continent», a-t-il affirmé.

Cette relance du RCIC, inscrite dans le Programme gouvernemental 2025-2029, s’aligne sur une diplomatie économique plus stratégique. Dans un contexte mondial marqué par les incertitudes géopolitiques et économiques, Maurice entend capitaliser sur les perspectives offertes par le continent africain et l’océan Indien. «Nous devons avancer pas à pas. Même si les résultats ne sont pas toujours visibles immédiatement, nous réussirons grâce à la persévérance», a conclu Paul Bérenger, confiant dans le potentiel de ce nouvel élan.

Publicité