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Kronik KC Ranzé
On carbure à quoi ?
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Kronik KC Ranzé
On carbure à quoi ?
La motion qui devait mener à ce que le Diego Garcia Bill soit débattu a la Chambre des lords le 4 novembre dernier a été repoussée au 18. Cela fait suite à une motion de lord Callanan (Conservateur) qui dit vouloir, à la onzième heure, consulter les Chagossiens, comprenez les Chagossiens exilés au Royaume Uni qui se sont plaints d’avoir été «négligés». Or, comme rappelé par la Baroness Chapman (Travailliste), qui pilotait le Diego Garcia Bill a la Chambre des lords, les officiels britanniques ont déjà rencontré les Chagossiens et des groupes les représentant à plus de trente reprises ces trois dernières années… Elle soulignait de plus l’hypocrisie des conservateurs qui cherchent, pour des raisons politiques, à utiliser «a community they systematically disregarded when in government».
La dernière étape de la décolonisation relèvera donc de la politique intérieure du Royaume Uni ? Il fallait s’y attendre ! À la Chambre des communes, le traité fut approuvé par la grosse majorité travailliste. À la Chambre des lords, ce sont les conservateurs (pourtant formellement reconnus comme Her Majesty’s Loyal Opposition) qui dominent avec 286 lords, contre 210 pour les travaillistes et 75 aux sociaux-démocrates. Cependant, il y a effectivement 826 Lords et, en sus des Lords soumis aux whips politiques, il y a 177 indépendants appelés des crossbenchers, 39 non affiliés, 14 d’autres partis et même 24 évêques. Un vote purement partisan des conservateurs ne représente finalement que 35% des Lords qui auront éventuellement à voter pour régler le problème de Diego Garcia et garantir la base pour 99 ans. L’alternative est de risquer une confrontation légale plus compliquée (par exemple, sur l’allocation des ondes hertziennes qui dépendent pour le moment de Maurice) On ne sait combien de temps cette ratification finale pourrait prendre, mais le souci immédiat c’est peut-être la dotation, venant des Britanniques, de Rs 10 milliards et déjà inscrite au Budget 2025-26… Comme aux budgets subséquents, d’ailleurs !
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Le dictateur du Kremlin affirmait que ce pays était dans sa sphère d’influence et donc qu’il y avait droit, du moins à une bonne partie du territoire, et il proposait donc un échange de territoires, en sa faveur bien sûr. Quand cette proposition malhonnête fut rejetée, il organisa un incident bidon, sous faux drapeau, et prit ce prétexte pour envahir. Il s’attendait à conquérir la capitale en moins de deux semaines.
Les grandes démocraties à l’Ouest promirent de venir en aide, mais, dans les faits, ne firent pas grand-chose. Cinq ans plus tard, la victime, c’est-à-dire le pays envahi, qui avait pu résister et sauver sa capitale, fut forcé de céder environ 10% de son territoire à la Russie et de promettre la neutralité parfaite et perpétuelle…
Vous pensez à l’Ukraine sans doute ? Mais non, on parle ici de la Finlande ! Quand Staline l’attaquait pour la première fois à l’hiver 1939-40, la Finlande n’avait été indépendante que pendant vingt-et-un ans, ayant fait partie de l’empire suédois pendant 600 ans avant de basculer dans l’empire russe, comme Grand-Duché de la Finlande, pour une grande partie du 19ᵉ siècle (*). La Finlande faisait partie de l’accord secret du début de la Seconde guerre mondiale entre Ribbentrop et Molotov qui partageait l’Europe Centrale et de l’Est entre l’Allemagne et la Russie… La Finlande n’était qu’une dépouille de guerre et la Russie l’exigeait à cause des 1300 kilomètres de frontières communes qu’elle trouvait «menaçante». La paix imposée a la Finlande en 1944 (la Russie étant entretemps devenue l’allié des démocraties contre Hitler) n’était pas particulièrement juste, la Finlande cédant, entre autres, la Carélie qui lui avait pourtant été assignée par la Russie en1812 ! Le parallèle avec la Crimée assignée à l’Ukraine par Khrouchtchev en 1954, et repris de force par Poutine en 2014, saute aux yeux !
La Finlande cédait un peu plus que 10% de son territoire, mais sauvait ainsi son indépendance et sa démocratie. Elle ne devait cela en rien aux démocraties libérales, mais plutôt à la résilience de sa population, l’intégrité de ses élites et sa politique résolue d’une éducation universelle de qualité, un esprit civique fort, un état providence efficient et l’État de droit. Culturellement, la Finlande fut toujours plus proche de l’Europe que de la Russie. Elle devenait membre de l’UE en 1995 et, à l’invasion de l’Ukraine en 2022, elle décidait de rejoindre l’OTAN.
Cette histoire de la Finlande préfigure peut-être ce que sera le futur de l’Ukraine. On peut quand même souligner ici les limites de cette théorie de la «zone d’influence». La Russie voulait de la Finlande comme zone tampon face à la Suède. Cependant, une fois la Finlande russifiée, comme planifié au départ – ce à quoi les Finlandais s’opposaient farouchement –, il n’y avait plus de zone tampon. Pour l’Ukraine, c’est pareil. Si, comme souhaité au départ, la Russie contrôlait tout le territoire ukrainien, n’aurait-elle pas, alors, encore plus, l’OTAN comme voisin, en Pologne, comme c’est déjà le cas pour les pays baltiques et, depuis peu, la Finlande ?
Sphère d’influence pour sphère d’influence, ne vaudrait-il pas mieux pour la Russie de CONVAINCRE ses voisins de la supériorité de son modèle et les voir ainsi VOULOIR rejoindre sa sphère d’influence, plutôt que d’essayer de les déstabiliser, de truander leurs élections ou de les envahir ? Elle se rendrait plus sympathique…
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La prochaine fois que je serai dans un bouchon routier, je promets de penser au trafic new-yorkais. Le New York Times vient de suggérer au nouveau maire Mamdani qu’au lieu de rendre le transport public gratuit, il devrait plutôt augmenter la vitesse moyenne des bus de 8 à 10 mph et celui du Subway de 17 à 20 mph ! Sans commentaires !
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L’essence a baissé. Le diesel, pas. C’est dans l’ordre des choses dans le monde réel, le fonds de stabilisation du diesel étant toujours déficitaire de Rs 2,5 milliards.
Ce qui n’était, en revanche, pas du domaine du réel, c’était la promesse électorale de fin octobre 2024 de l’Alliance du Changement de faire baisser le prix de l’essence et du diesel alors que l’on savait pertinemment bien, apres la réunion du Pricing Committee STC, en septembre ; que le fonds de stabilisation du diesel était déficitaire de Rs 3,8 milliards, alors que celui de l’essence était à peine positif…
La réaction du public est mitigée. Certains sont contents. D’autres trouvent que cette baisse arrive trop tard. D’autres encore affirment que c’est trop peu. Car on ressort alors le vieux canard «qu’il n’y a qu’à» enlever les ponctions diverses et la TVA (Rs 27 sur l’essence et Rs 21,32 sur le diesel) pour faire baisser les prix à la pompe. Sans du tout se soucier du trou financier que cela causerait aux finances de l’État, bien sûr. À l’état de NOS finances, quoi…
Finalement, notons que le prix du diesel à la pompe est, à Rs 58,95 le litre maintenant, plus cher que le prix de l’essence qui a baissé à Rs 58,45. Ce qui rejoint une certaine logique puisque le prix CIF du diesel est, depuis quelque temps déjà, plus élevé que celui de l’essence ! Le dernier communiqué de la STC, indique en effet en toute transparence, un prix CIF de l’essence de Rs 25,4657 le litre, alors que le diesel affichait Rs 1,7039 de plus…
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Il y aurait pour Rs 4 milliards de projets actuellement à l’Economic Development Board qui «attendent une signature» pour voir le jour. Le gouvernement précédent avait le même «problème», d’annoncer les projets en attente à défaut de les concrétiser. Or, il est clair qu’un défi majeur de notre pays, c’est l’investissement et qu’à force de retarder ou de glacer les investisseurs qui ont des projets à Maurice, on met à risque la croissance sur laquelle le budget compte en grande partie pour résorber les dettes colossales que nous traînons. Sans compter que l’on se donne une réputation de bureaucratie frileuse et peu accueillante pour de nouveaux investissements, une réputation, qui se répand, aussi rapidement que la grattelle…
Si un projet a des risques matériels – par exemple, un projet qui se proposerait de recycler les déchets des autres, que nous importerions – il faut dire non dès le départ et le rayer de la liste en attente. Mais nous ne transformerons pas ce pays avec de longues valses-hésitations! Il y a des risques inhérents à tous les projets, c’est certain. Nous n’aurions pas de zone franche, me semble-t-il, si nous avions surtout souligné les risques des teintureries, par exemple. Je me souviens des réflexions d’un membre de l’élite malgache, il y a quelques décades, qui était contre le tourisme cinq-étoiles chez lui, au motif qu’il n’aurait rapidement plus accès aux langoustes dont il raffolait !
Analysons et pesons les risques, pour sûr! Mais faisons diligence et ne tergiversons pas. Pensons croissance, productivité, exportations, emplois meilleurs et allons-y, foutour !
(*) https://en.wikipedia.org/wiki/History_of_Finland
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