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Kronik KC Ranzé
Ombres et lumière
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Kronik KC Ranzé
Ombres et lumière
La décision du DPP de rayer, le 26 septembre dernier, les charges provisoires alignées contre Bruneau Laurette, Akil Bissessur, Vimen Sabapati, Doomilla Moheeputh et d’autres (huit dossiers en tout, impliquant aussi d’autres prévenus) est un acte à la fois logique et potentiellement salutaire.
Cette décision est assortie d’une invitation à la police d’entamer des enquêtes additionnelles qui «will include but will not necessarily be limited to the allegations made by the suspects» ajoutant que «These (allegations) must be adequately and fairly looked into before any decision is taken». Ces allégations tournent, comme on le sait déjà, autour d’accusations véhémentes de «planting» contre la Special Striking Team (SST) du SP Jagai et de l’ACP Gangadin, ce «planting» étant, selon les interpellés, trop évidemment dirigé contre ceux qui étaient perçus comme des «adversaires politiques» du régime Jugnauth.
Le communiqué du DPP note que ces accusations datent déjà de 2022 et 2023 et que les charges provisoires avaient mené les cours de justice à établir des conditions de liberté conditionnelle extrêmement sévères, y compris des interdictions de se rapprocher du bord de la mer et de voyager à l’étranger, ce qui, auraient été «unfair» de maintenir en l’état, si de nouvelles enquêtes, qui vont prendre un certain temps, sont diligentées. Ainsi la décision du DPP de rayer les charges provisoires ou les suspects ont allégué du «planting», après consultations auprès du commissaire de police, le DPP notant toutefois que cela ne doit pas être, en aucun cas, interprété comme une finalité.
Dans le communiqué, le DPP note aussi que les suspects ont enregistré des plaintes à la Independent Police Complaint Commission (IPCC), qui «étudie» toujours les dossiers et souligne que tous ces cas se ressemblent en ce que c’est la SST et les mêmes officiers qui sont concernés. Le communiqué à la décence et la retenue de ne PAS mentionner le fait que ces mêmes officiers sont aujourd’hui eux-même interpellés pour la saga du Reward Money. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir, éventuellement, si des Reward Money ont été demandés et distribués dans ces cas particuliers de «planting» allégués … De toute façon, l’une des clés de ces allégations de «planting» c’est probablement d’établir les mécanismes par lesquels les drogues auraient pu avoir été obtenues par la SST au départ…
Les enquêtes recommencent donc pour inclure les contre-accusations, ce qui aurait été quasiment impossible sous l’ancien régime, l’ancien commissaire de police et avec la SST encore en selle ! Et c’est là que se jouent les ombres et les lumières qui doivent concerner tous les citoyens de ce pays ainsi que les démocrates de ce gouvernement … et il y en a !
Car si on ne peut pas changer le passé, ni excuser ses dérapages, la police se doit d’être, en toutes circonstances, absolument neutre ! L’IPCC aussi ! (*) Pour ne pas renouveler le cycle, tous deux ne doivent être guidés que par les FAITS. Et cela relevait de l’impossible tant que l’IPCC se retrouvait sous le parapluie de la police et que la police, dont l’indépendance est pourtant garantie par la Constitution, choisissait de se la jouer comme le caniche du PMO ! Car, dans ce schéma, l’exécutif (et ici, à Maurice, le PM surtout) centralise alors encore plus les pouvoirs entre ses mains, affaiblissant du coup une des caractéristiques clés d’une démocratie, soit les «checks and balances». Une des clés évidentes (mais malheureusement peu amène …) demande que le PM ait suffisamment de courage pour nommer un commissaire vraiment indépendant et que ce dernier agisse comme tel ! Cela n’a pas toujours été le cas dans le passé. De nouvelles enquêtes approfondies sont des occasions pour l’IPCC et la police d’asseoir leur crédibilité, qu’ils trouvent (ou pas!) suffisamment de preuves de «planting» ou de culpabilité d’une autre nature.
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Dans l’express de mardi, un bien étrange article sur Menlo Park et Sithanen qui «tisse une toile» entre les actionnaires de Menlo Park et Rama Sithanen, ex-gouverneur de la Banque centrale et ancien ministre des finances. On indique des «liens étroits» qui «créent ainsi des interrogations». Tout en écrivant que «…ces relations ne constituent pas en soi une preuve d’une mauvaise gestion ou d’un conflit d’intérêt» l’article s’avance un peu en supputant que ces «relations suscitent des interrogations sur l’influence de ces connexions dans des décisions stratégiques, notamment en ce qui concerne l’octroi des prêts par la MIC».
Des interrogations ? Vraiment ?
Sur l’octroi des prêts de la MIC a Menlo, alors que Harvesh Seegoolam est gouverneur de la BoM ? Que le ministre des Finances d’alors est Renganaden Padayachy ? Que le gouvernement qui a tous les leviers en main est celui de Pravind Jugnauth ? Que le financement de Menlo est décaissé le 29 Octobre 2024, soit à DOUZE jours avant les élections, à un moment où on devait quand même pertinemment savoir dans quel camp se trouvait alors Sithanen !
L’influence de Sithanen à la MIC, à ce moment-là est, selon toute probabilité, nulle sinon négative ! Chacun doit assumer ses responsabilités !
Plus généralement, j’ai toujours été très prudent sur les photos qui sont supposées démontrer une proximité avec un politicien. Comment est-ce qu’un politicien refuse une demande de «selfie», qui immortalise ainsi une «connexion» ? Cette photo pourrait-elle, à elle seule, accréditer une «proximité» quelconque. Il faut quand même beaucoup plus que ça comme «preuve», tout de même….
De par ses fonctions et son aura, il est clair que Sithanen a interfacé avec de nombreux citoyens, de nombreux membres du secteur privé, des banques, des firmes comptables et autres. Il a surement dû, au cours des ans, discuter avec un certain nombre des actionnaires listés de Menlo Park. So what ? Au cours de ma vie, j’ai personnellement eu des contacts, peut-être pas «étroits» – mais contacts quand même, avec 10 des 24 personnes listées comme actionnaires de Menlo. Sans compter Sithanen lui-même, Harvesh Seegoolam et Renganaden Padayachy ….
Dans ce petit pays, ou presque tout le monde se «connaît» et qui rêve souvent….étroit, suis-je aussi «suspect» ? Je m’empresse d’ajouter, avant que les théories de conspirationnistes ne fusent, que je ne connais absolument RIEN du financement de Menlo Park….
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Le New York Times ne fait pas dans la dentelle. Selon ce quotidien respecté, Netanyahu aurait obtenu quasiment tout ce qu’il réclamait en la circonstance et principalement que tous les otages soient relâchés immédiatement et que Hamas dépose les armes, faute de quoi Israël aurait carte blanche pour continuer son nettoyage de Gaza.
Netanyahu a bien été forcé de téléphoner à l’émir du Qatar pour s’excuser du bombardement effectué dans sa capitale de Doha dans l’espoir de tuer des représentants de Hamas s’y trouvant, mais c’est, d’apparence, le seul prix immédiat qu’il paie. La proposition américaine promet aussi que les troupes israéliennes restent à Gaza «pour le futur immédiat» dans une zone tampon et que l’Autorité palestinienne n’aura aucun rôle à jouer de sitôt. Quant au futur état palestinien, le rêve reste au mieux tiède…. Même si Netanyahu a été rabroué pour les actes illégaux de colonisation répétée en Cisjordanie.
Dans un contexte où l’opinion internationale abandonnait Israël de plus en plus, cette proposition américaine est, relativement parlant, un triomphe pour Netanyahu. Mieux encore, les gouvernements arabes et musulmans de la région, inclus l’Autorité palestinienne, sans doute fatigués, semblaient être prêts à s’aligner. Le Hamas avait 3 ou 4 jours pour se décider selon le calendrier «généreux» annoncé par Trump, alors même que ses états «sponsors» principaux, le Qatar et la Turquie, mettent apparemment tellement de pression, que l’accord de Hamas, aujourd’hui fortement décimé, n’est plus impossible à imaginer. Néanmoins, l’accord demande, ni plus, ni moins, au Hamas d’acquiescer à ce qu’il abandonne sa lutte et disparaisse…..Un baroud d’honneur reste donc possible ! D’autant que nombre des 20 points de la proposition restent flous, que certains sont en contradiction avec des «lignes rouges» du monde arabe et que l’extrême droite, auquel s’est allié Netanyahu lui-même, devra abandonner l’idée du «Grand Israël». Le Hamas a répondu ‘oui, mais’ ce samedi et veut négocier plusieurs détails, ces détails relevant du diable, comme on le sait !
On peut probablement prévoir d’autres longues négociations ? Pendant ce temps-là, les plus pénalisés et éprouvés de la situation, c’està-dire les Gazaouites innocents, ne sauront toujours plus à quel «saint» se vouer pour un peu de pain, de soins et de paix ! D’autant qu’aucun des pays de la région ne veut, non plus, les accueillir comme réfugiés….
(*) L’IPCC est aujourd’hui indépendant de la police et piloté par l’ancien juge Ms Devianee Bissoondoyal, qui a aussi présidé la Commission d’enquête sur les dialysés. Dans son dernier rapport l’IPCC mentionne 13 types de complaintes contre les policiers, mais ne mentionne pas jusqu’ici le «planting» de pièces à conviction…:https://ipcc.govmu.org/Documents/ statistics/Stats_09 Apr18_to_30June25.pdf
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