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192ᵉ anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés

Old Labourers’ Quarters : faire vivre la mémoire de l’engagisme

2 novembre 2026, 17:30

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Old Labourers’ Quarters : faire vivre la mémoire de l’engagisme

Photos: Vashish Sookrah.

Une cérémonie de dépôt de gerbes s’est tenue ce lundi 2 novembre au Old Labourers’ Quarters, à Trianon, dans le cadre des commémorations du 192ᵉ anniversaire de l’arrivée des travailleurs engagés à Maurice. Dans une atmosphère empreinte de recueillement, plusieurs personnalités politiques et diplomatiques ont rendu hommage à ces hommes et à ces femmes qui ont profondément marqué l’histoire et contribué au développement du pays.

Arianne Navarre-Marie, Première ministre par intérim, le ministre des Arts et de la culture, Mahendra Gondeea, les ministres Arvin Boolell et Ashok Subron, le haut-commissaire de l’Inde, Anurag Srivastava, ainsi que le Deputy Speaker, Veda Baloomoody, figuraient parmi les personnalités présentes pour cette cérémonie commémorative.

Le choix du Old Labourers’ Quarters de Trianon revêt une importance particulière. Ce site historique, composé de 15 chambres construites en pierre de basalte, témoigne des conditions de vie des travailleurs engagés durant la période coloniale. Après le dépôt de gerbes, les personnalités présentes ont visité les différentes cases où des expositions retracent le quotidien de ces travailleurs et leur contribution à la construction de la société mauricienne.

Mahendra Gondeea a souligné l’importance de préserver la mémoire de ceux qui ont contribué à bâtir le pays. Il a rendu hommage aux travailleurs engagés, mais également aux esclaves, dont le labeur a participé à façonner l’île Maurice d’aujourd’hui. Pour lui, ces commémorations doivent permettre de transmettre cet héritage aux générations futures et de faire davantage connaître cette partie de l’histoire nationale.

Le ministre a également insisté sur la volonté de rendre le site plus accessible au public tout au long de l’année. Il a salué la collaboration de l’association qui gère les lieux ainsi que le soutien du ministère de l’Environnement et des collectivités locales dans les travaux de valorisation. L’objectif est de faire du Old Labourers’ Quarters un espace de mémoire et de découverte, où les familles et les visiteurs pourront participer à des activités régulières.

De son côté, l’historien, écrivain et chercheur Satyendra Peerthum a rappelé que l’histoire de l’engagisme ne saurait se limiter à la seule question de la main-d’œuvre dans les plantations sucrières. Il a notamment mis en lumière le rôle des femmes et des enfants dans le processus d’installation des immigrants à Maurice. Selon les recherches évoquées, entre 45 000 et 46 000 enfants auraient accompagné ou rejoint les travailleurs engagés, tandis que le nombre de femmes se situerait entre 125 000 et 132 000.

Il a également souligné que ces femmes ont joué un rôle déterminant dans l’enracinement des familles et la transmission des traditions culturelles, culinaires et religieuses. Leur présence a contribué à l’émergence d’une société pluriculturelle et à la construction d’un patrimoine immatériel toujours vivant aujourd’hui.

Satyendra Peerthum a par ailleurs rappelé l’ampleur de la transformation démographique et économique provoquée par l’engagisme. Alors qu’en 1834, la population d’origine indienne représentait environ 6 % de la population mauricienne, cette proportion aurait atteint 60 à 70 % en 1860. Les travailleurs engagés ont ainsi constitué une force essentielle dans le développement de l’industrie sucrière et de l’économie coloniale.

Le chercheur a enfin insisté sur la nécessité de poursuivre les recherches historiques et de préserver les sites témoignant de cette période. Le Old Labourers’ Quarters, classé monument national en 1974, a notamment bénéficié d’importants travaux de conservation entre 2010 et 2018.

Au-delà de la cérémonie, cette commémoration rappelle que l’histoire de Maurice s’est construite au fil des sacrifices, du travail et de la résilience de plusieurs générations. Préserver cette mémoire demeure essentiel pour mieux comprendre les racines de la société mauricienne et transmettre cet héritage aux générations futures.

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