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[Manière de voir] Prospective

Nos citoyens propriétaires de l’île maurice : Ou seulement locataires ?

23 octobre 2026, 21:30

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Nos citoyens propriétaires de l’île maurice : Ou seulement locataires ?

Les troubles récents, pas si imprévisibles que ça, ne seraient-ils que la pointe de l’iceberg ? Les causes comme l’inflation frappée par l’obésité et la pénurie d’eau sont connues. Le Premier ministre va plus loin en impliquant les barons de la drogue comme trouble-fêtes, lesquels barons sont toujours introuvables. Mystère ?

Des vols et pillages ont été commis par des voyous. Un fait retient l’attention. Ils se sont attaqués à de nouveaux magasins (ex. Cascavelle Mall). C’est une première qui indique le degré de frustration devant un étalage pas abordable pour n’importe qui. La balle tirée par un sergent de police sur la jeune Élodie Thomas à Camp-Levieux soulève un autre lièvre. Cette atroce bévue a suscité des manifestations dans des quartiers de l’île (ouest, sud-ouest et certaines banlieues urbaines). Sur le plan sociologique, ces manifestants étaient en général des habitants de ces quartiers. Rien n’est dû au hasard.

Ces événements attestent du gouffre qui s’élargit entre les riches, la classe moyenne et ceux au bas de l’échelle sociale, incapables de joindre les deux bouts.

Miroir de notre société

Maurice est une petite île en superficie. Tout se sait et se voit. Sans parler de xénophobie, il faut bien admettre qu’un certain nombre de Mauriciens commencent mentalement et physiquement à se sentir à l’étroit. Prenons le cas de Tamarin, longtemps considéré comme un charmant village. Il est devenu aujourd’hui une ville des plus modernes, avec villas de luxe sur la colline, commerces flambant neufs, infrastructures et personnels médicaux dernier cri, complexe sportif, restaurants et bars bien achalandés. L’économie tourne, mais toutes les bourses n’y ont pas droit. Seuls des nantis locaux ont pu s’y installer, mais ce boom économique est surtout dû à l’arrivée massive de résidents sud-africains.

Tant mieux pour les investissements et l’emploi, mais certains villageois locaux se sentent mal à l’aise dans leur île. Il eût fallu prévoir ce progrès subit en relevant les salaires, donc le niveau de vie. On ne peut alors que constater une fois de plus le gouffre qui sépare les habitants traditionnels du lieu et les nouveaux arrivants. Tôt ou tard, les jeunes surtout pourraient se sentir exclus. On revient à l’idée de se sentir à l’étroit dans leur île natale.

Élargissons la focale. Un bon nombre de sociétés immobilières se tirent dans les pattes pour profiter de ces apports juteux quand on tient compte de la hausse de l’inflation ces dernières années sur le foncier qui rime avec financier. Tout jeune couple de la classe moyenne aux salaires non négligeables éprouve maintenant des difficultés financières pour débusquer un terrain, l’acheter, construire sans s’engager pour un endettement long et couplé à de gros taux d’intérêt. Si l’on constate que ceux au bas de l’échelle sont mal lotis, on constate aussi que même la classe dite moyenne voit son pouvoir d’achat baisser. Toujours en cause, l’inflation frappée par l’obésité.

Le pays se vend bien

Voilà qu’on apprend qu’un grand spécialiste étranger de la vente de superbes villas avec vues imprenables à des millionnaires arrive sur le marché mauricien. Cela va certainement précipiter le recours à des portions de terre et à la construction de luxueuses villas XXL. Au départ même, les citoyens locaux ne sont pas concernés bien que cela se déroule sur le petit périmètre qu’est notre île.

Actuellement, de belles résidences sont construites sur de grosses portions de terrain à bail, c’est-à-dire appartenant à l’État, pour de longues décennies. Nos citoyens locaux ne pourront pas rivaliser avec de riches étrangers amoureux de notre île. Cela ne changera rien à notre hospitalité ? Tout gouvernement sait qu’une telle opération sera bonne pour notre économie et que, par effet de «ruissellement», la population va aussi profiter de cette manne. Certains économistes n’ont que ce mot de ruissellement dans la bouche. Anne, ma sœur Anne, tu le vois venir ? Ce n’est pas ça qui nous consolera de la perte sèche des milliards qu’allait nous procurer l’accord sur la location de Diego Garcia. C’est foutu. Ne nous faisons plus d’illusions.

Le gouvernement (GM) est conscient de la crise du logement qui ne date pas d’aujourd’hui. L’ancien GM avait pris des dispositions en ce sens pour des centaines de nouvelles unités et voilà que l’audit sous le nouveau GM passe ces réalisations au peigne fin. Quelques échantillons édifiants. Rs 12 milliards prévues pour 12 000 logements, mais ce sera finalement Rs 30 milliards pour 8 000 logements. Autre cas : le plafond qui s’élevait à Rs 2,5 millions l’unité passe à Rs 3,74 millions et etc. et etc. De la bonne gouvernance.

Des centaines de familles se retrouvent… sans clés. Attendez, le meilleur arrive. La planification n’est pas seulement en retard, mais les infrastructures indispensables n’ont pas suivi, c’est-à-dire les raccordements pour l’eau et le drainage. Qui est responsable de tous ces retards pour la construction, les raccordements et les défaillances ? Samem ki apel Moris sa. Enn zour sa pou fini par Kaya… saz. Nos services publics sont-ils irrécupérables ou alors vivement les robots obéissant à l’IA ?

Des bribes ou des… «bribes» ?

Pensons à la génération montante. Une histoire à rire jaune. Pendant que les morcellements de terrain deviennent inabordables pour les locaux, mais reluqués par les riches étrangers, un certain nombre de Mauriciens ne pensent qu’à déguerpir du pays faute de pouvoir acquérir quelques miettes de terrain. À moins de se contenter des bribes de terrain sans qu’on ait à verser des… bribes. D’un côté, on convoite même des wetlands pour bétonner ; de l’autre, comment reloger les squatters à flanc de montagne. Maurice est un pays à deux vitesses, donc à deux visages.

Voilà que certains de nos citoyens s’étonnent du nombre sans cesse croissant de travailleurs étrangers alors qu’on estime que le nombre de chômeurs locaux s’élèverait à 35 000. Certains de ces travailleurs migrants disparaissent dans notre nature si étendue, probablement dans nos grandes jungles que nous envie l’Amazonie. L’explication est simple. Un travailleur étranger, ça coûte moins cher et il se montre moins intransigeant sur les horaires de travail.

Autre conséquence des derniers troubles. Logiquement, le GM a imposé le couvre-feu à des heures fixes. Pourquoi ne pas en profiter pour imposer le même type de couvre-feu aux adolescents de moins de 16 ans ; mais alors il s’imposerait aussi aux vendeurs de drogues nocturnes, aux souteneurs et aux… barons de la drogue. Cette politique de terre brûlée est mauvaise pour tous les commerces. Il ne nous reste déjà que des… îlots de terre. Une lueur d’espoir quand même. Le droit de passage sur certaines plages semble acquis après intervention ministérielle sur place pour enlever les pancartes illégales d’interdiction.

Donn li pie, li pran... zarb!

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